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Chapitre L. 350. *l

parce que les vainqueurs de l'Alie s'attiraient plus de refpectque les puiiTances de l'Europe ? Serait-ce qu'on eût cru dans ces tems d'ignorance les armes des mufulmans plus favorifées de Dieu que les armes chrétiennes , & que de là on eût inféré que la caufe triomphante était la meilleure?

Pierre cTAiibujJbn fît alors triompher la fîenne. Il força au bout de trois mois le grand vifir Meffuh Paléologut à lever le fiége. Calcondile dans fon hifroire des Turcs , vous dit que les afïiégeans , en montant fur la brèche , virent dans Pair une croix d'or entourée de lumière , & une très-belle femme vêtue de blanc ; que ce miracle les alarma, & qu'ils prirent la fuite faifis d'épouvante. Il y a pourtant quelqu'apparence que la vue d'une fcellefemme aurait plutôt encouragé qu'intimidé les Turcs, & que la valeur de Pierre d'AubuJfon & des chevaliers fut le feul prodige auquel ils cédèrent. Mais c'eir ainfi que les Grecs modernes écrivaient, f Cette petite ifle manquée ne rendait pas Mahomet

Bouyouk moins terrible au refte de l'Occident. Il avait depuis long-tems, conquis l'empire après la mort de Scanderbeg. Les Vénitiens avaient eu le courage de dérier fes armes. C'était le tems de la puiflance Vénitienne; elle était très-étendue en terre-ferme, Se fes flottes bravaient celles de Mahomet:, elles s'emparèrent même d'Athènes : mais enfin cette république n'étant point fecourue, fut obligée de céder , de rendre Athènes, & d'acheter par un tribut annuel , la liberté de commercer fur la mer Noire , fongeant toujours à réparer fes pertes par fon commerce qui avait fait les fondemens de fa grandeur. Nous verrons que bientôt après le pape Jules II. & prefque tous les princes chrétiens firent plus de mal à cette république qu'elle n'en avait effrayé des Ottomans. .Cependant Àlaho met IL allait porter fes armes viclorieufes contre les fultans mammelucs d'Egypte, tandis que fes lieutenans étaient dans le royaume deNapîes ; enfuite

il fe flattait de venir prendre Rome comme Ccmftanti- f nople , & en entendant parler de la cérémonie dans laquelle ie dcge de Venife époufe la mer Adriatique , il difait qu'il Renverrait bientôt au fond de cette mer confommerfon mariage. Une colique arrêta le3 progrès 3t les defTeins de ce conquérant. Il mourut à Nicomédie à l'âge de cinquante-trois ans , lorfqu'il fe préparait à faire encor le fiége de Rhodes, & à conduire en Italie une armée formidable.

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