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Chapitre LXIV. 441 h

Venife, des bords du lac de Côme, étendait fes do- I maines en terre-ferme jufqu'au milieu de la Dalmatie. Les Ottomans lui avaient arraché prefque tout ce qu'elle avait autrefois envahi en Grèce fur les empereurs chré- ^ tiens ; mais il lui reliait la grande ifle de Crète , & elle s'était approprié celle de Chypre en 1 5 ij , par la donation' de la dernière reine , fille de Marco Lornaro , Vénitien. Mais la ville de Venife, par fon induftrie, valait feule & Crète, & Chypre, & tous les domaines en terre-ferme. L'or des nations coulait .chez elle par tous les canaux du commerce ; tous les princes Italiens craignaient Venife , & elle craignait l'irruption àcs Français.

De tous les gouvernemens de l'Europe, celui de \k Venife était le feul réglé , ilable & uniforme. Il n'a- j|> €E vait qu'un vice radical, qui n'en était pas un aux yeux 4 du fénat ; c'eir qu'il manquait un contrepoids à la puiffance patricienne, & un encouragement aux plébéyens. Le mérite ne put jamais dans Venife élever un fimple citoyen , comme dans l'ancienne Rome. La beauté du gouvernement d'Angleterre , depuis que la chambre des communes a part à la législation, coftfifte dans ce contrepoids, & dans ce chemin toujours ouvert aux honneurs pour quiconque en eil digne.

De N a p l e s.

•Pour les Napolitains, toujours faibles & remuans, incapables de fe gouverner eux-mêmes, de fe donner un roi, & de foufFrir celui qu'ils avaient, ils étaient au premier qui arrivait. chez eux avec ure armée.

Le vieux roi Fernando régnait à Naples. Il était j| bâtard de la maifon d'Arragon. La bâtardife n'excluait ji point al ors du trône. C'était une race bâtarde qui ré- JÇ

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Essai sur les mœurs.

gnait en Caftille : c'était encor la race bârarde de Von Pedro le févère qui était fur le trône de Portugal, fernando régnant à ce titre dans Naples , avait reçu l'inveftiture du pape au préjudice des héritiers de la maifon d'Anjou qui réclamaient leurs droits. Mais il n'était aimé ni du pape fon fuzeraïn, ni de fes fujets. Il mourut en 1494, laiffant une famille infortunée, à qui Charles VIII. ravit le trône fans pouvoir le garder , & qu'il perfécuta pour fon propre malheur.

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