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fort que l'empereur en combattant. Il fallut que Frédéric Barberoujj'e pliât. Venife eût l'honneur de la réconciliation. L'empereur , le pape , une feule de princes & de cardinaux fe rendirent dans cette ville , déjà mûtreffe de la mer , & une des merveilles du monde. L'empereur y finit la querelle en reconnoirTant le pape , en baifant fes pieds , & en tenant fon étrier fur le rivage de la mer. Tout fut à l'aventage de l'églife. Frédéric BarberouJJè promit de restituer ce qui appartenait au St. Siège ; cependant les terres de la comtefTe Mathilde ne furent pas fpécifiées. L'empereur fit une trêve de fix ans avec les villes d'Italie. Milan qu'on rebâtifTait, Pavie , Brefcia & tant d'autres remercièrent le pape de leur avoir rendu cette liberté précieufe pour laquelle elles combattaient ; &le St. Père, pénétré d'une joie pure, s'écriait: » Dieu a voulu qu'un vieillard & qu'un prêtre triom- » phât , fans combattre, d'un empereur puifTant & » terrible. »

Il eft très-remarquable que dans ces longues diffentions le pape Alexandre III. qui avait fait fouvent cette cérémonie d'excommunier l'empereur , n'alla jamais- jufqu'à le depofer. Cette conduite ne prouve-t-elle pas non-feulement beaucoup de fageffe dans ce pontife , mais une condamnation générale des excès de Grégoire VII 2

Après la pacification de l'Italie, Frédéric Barberouffe partit pour les guerres des croifades, & mourut, pour s'être baigné dans le Cidnus , de la maladie dont Alexandre h Grand avait échappé autrefois fi difficilement, pour s'être jeté tout en fueur dans ce fleuve. Cette maladie était probablement une pleuréfie.

Frédéric fut de tous les empereurs celui qui porta le plus loin fes prétentions. Il avait fait décider à Bologne en 1158 par les docteurs en droit, que l'empire du monde entier lui appartenait , & que l'opinion contraire était une héréfie. Ce qui était plus réel, c'efr qu'à fon

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couronnement à Rome le fénat & le peuple lui prêtèrent ferment de fidélité. Serment devenu inutile quand le pape Alexandre III. triompha de lui dans le congrès de Venife. L'empereur de Conftantinopole Ifaac VAnge ne lui donnait que le titre d'avocat de l'églife romaine : & Rome fit tout le mal qu'elle put à fon avocat.

Pour le pape Alexandre , il vécut encor quatre ans dans un repos glorieux , chéri dans Rome & dans l'Italie. Il établit dans un nombreux concile, que déformais , pour être élu pap-e canoniqucment, il fufErait d'avoir les deux tiers des voix des feuls cardinaux. Mais cette règle ne put prévenir les fchifmes qui furent depuis caufés par ce qu'on appelle en italien la rabbia papale. L'éleclion d'un pape fut prefque toujours accompagnée d'une guerre civile pendant plus de deux fiècles.

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