Chapitre XIX
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tieux. Il nt courir le bruit que Conradin était mort , & fe fit prêter ferment comme à un régent , fi Conradin |] était en vie, & comme à un roi , fi ce fils de i'empcreur n'était plus. Innocent avait toujours pour lui dans le royaume la faâion des Guelfes, ce parti ennemi de la maifon impériale , & il avait encor pour lui fes excommunications. Il fe déclara lui-même roi des deux Siqies , & donna des inveïtitufes. Voilà donc enfin les papes, rois de ce pays conquis par des gentilshommes de Normandie. Mais cette royauté ne fut que paifagère , le pape | eut une armée , mais il ne favait pas la commander ; il !| mit un légat à la tête ; Manfreddo avec fes mahornétans & quelques barons peu fcrupuleux , défît entièrement le j] légit & l'armée pontificale. il
Ce fut dans ces circonstances que le pape Innocent ne ]| pouvant prendre pour lui le royaume de Naples , fe ]> tourna enfin vers le comte d'Anjou, frère de St. Louis , j& & lui offrit une couronne dont il n'avait nui droit de dif- 2? pofer , oi à laquelle le comte d'Anjou n'avait nul droit de f. prétendre. Mais le pape mourut dès le commencement I de cette négociation. C'eft à quoi aboutiffent tous les projets de l'ambition qui tourmentent fi horriblement la vie.
Rinaïdo de Signi , Alexandre IV. fuccéda à la place d'Innocent IV. & à tous fes defieins. Il ne put réufllr avec le frère du roi de France St. Louis; ce rci malheureufement venait d'épuifer la France par fa croi'fade & par fa rançon en Egypte, & il dépenfait le peu qui lui refhit à rebâtir en Paleftine les murailles de quelques villes fur la côte , villes bientôt perdues pour les chrétiens.
Le pape Alexandre IV. commence par citer pardevant lui Manfreddo • il en était en droit par les loix des fiefs , puifque ce prince était fon variai. Mais ce droit ne peu- 1 vant être que celui du plus fort , il n'y avait pas d'^appa- i rence qu'un vanal armé comparût devant fon feigneur. m
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O 154 Essai sur les mœurs.
Alexandre était à Naples , dont fes intrigues lui avaient ouvert.les portes. Il négocia avec fon vaiTal qui était dans la Fouille ; il pria le St. Père de lui envoyer un cardinal peur traiter avec lui: La ccur du pape décida : id non convenin '■ janciœ fedis honori , ut cardinales ifio modo mittanîur , qu'il ne convenait pas à l'honneur du St. Siège d'envoyer ainfi des cardinaux.
La guerre civile continua donc ; le pape publia une çroifade contre Mainfroi , comme en en avait pubiié contre les mufulmans, les empereurs & les Albigeois. Il y a bien loin de Naples en Angleterre; cependant cette çroifade y fut prêchée ; un nonce y alla lever des décimes ; ce nonce releva de fon vœu le roi Henri III. qui avait fait ferment d'aller faire îa guerre en Palefrine, & lui fit faire un autre vœu de fournir de l'argent & des troupes au pape dans fa guerre contre Manfreddo.
Matthieu Paris rapporte que le nonce leva cinquante mille livres ïreriing en Angleterre. A voir les Anglais d'aujourd'hui , on ne croirait pas que leurs ancêtres aient pu être fi imbécii'es. La courpapaîe, pour extorquer cet argent , flattait le roi de la couronne de Naples pour le prince Edmond fon fils ; mais dans le même tems elle négociait avec Charles d'Anjou , toujours prête à donner les deux Siciles à qui les voudrait payer le, plus chèrement. Toutes ces négociations échouèrent pour lors ; le pape difijpa l'argent qu'il avait levé en Angleterre pour fa çroifade, & ne la fit point ; Manfreddo régna, & Alexandre 1 V. mourut , fans avoir réufîi à rien qu'à extorquer de l'argent de l'Angleterre.
Un favetier devenu pape fous îe nom SUrbain IV. continua ce que fes prédéceifeurs avaient commencé. Ce favetier était deTrcyes en Champagne ; fon prédécefTeur avait fait prêcher une çroifade en Angleterre contre les deux Siciles ; celui-ci en fit prêcher une en France ; il prodigua ces indulgences pîénières , mais il ne put avoir que peu d'argent & quelques foldats , qu'un comte de & «
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