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Chapitre XXVII. an

fchifme d'Occident, hâtèrent la mort malheureufe delà reine.

Déjà éclataient les fuites fangîantes de ce fchifme dont nous parlerons bientôt. Brigano qui prit le nom d'£rta//z VI. & îe comte de Genève qui s'appella Clément VIL fe difputèrent la tiare avec fureur. Ils partageaient l'Europe. Jeanne prit le parti de Clément qui rélidait dans Avignon. Durazjo ne voulant pas. attendre la mort naturelle de fa mère adoptive pour régner , s'engagea avec Brigano-Urbain,

Ce pape couronne Durai^o dans Rome, à condition que fon neveu Brigano aura la principauté de Capoue. Il excommunie , il dépofe la reine Jeanne • & pour jî mieux affurer la 'principauté de Capoue à fa famille , il I donne tous les biens de l'églife aux principales maifons i Napolitaines. \

Le pape marche avec Dura^o vers Naples. L'or & g l'argent des églifes fut employé à lever une armée. La ;|| reine ne peut être fecourue , ni par le p3pe Clément qu'elle a reconnu , ni par le mari qu'elle a choifi ; à peine a-t-elle des troupes : elle appelle contre l'ingrat Duraçço , un frère de Charles V. roi de France, suffi du nom d'Anjou ; elle l'adopte à la place de Durarzo.

Ce nouvel héritier de featitiz, Louis d'Anjou , arrive trop tard pour défendre fa bienfaitrice, ôc pour difputer le royaume qu'on lui donne.

Le choix que la reine a fait de lui, alièns encor fes fujets. On craint de nouveaux étrangers. Le pape & Charles Dura ^70 avancent. Othon de Brunfvick raffemble à la hâte quelques troupes , il efr défait & prifonnier.

JDuraTjo entre dans Naples : fix galères que la reine avait fait venir de fon comté de Provence, & qui mouillaient fous le château de l'œuf, lui furent un fecours inutile. Tout fe faifait trop tard. La fuite n'écait plus praticable. Elle tombe dans les mains de l'ufurpateur. Ce prince, pour colorer fa barbarie , fe déclara le vengeur

O lia Essai sur les mœurs.

de la mort à! André. Il confulta Louis de Hongrie , qui , toujours inflexible , lui manda qu'il fallait faire périr la reine de la même mort qu'elle avait donnée à fon premier mari. Dura{\o la fit étouffer entre deux matelas. On voit par-tout des crimes punis par d'autres crimes. Quelles horreurs dans la famille de St. Louis /

La poftérké toujours jufte quand elle efî éclairée , a plaint cette reine, parce que le meurtre de fon premier mari fut plutôt l'effet de fa faiblefTe que de fa méchanceté, vu qu'elle n'avait que dix-huit ans quand elle confentit à cet attentat , & que depuis ce tems on ne lui reprocha ni débauche , ni cruauté , ni injuftice. Mais ce font les peuples qu'il faut plaindre y ils furent les vi&imes de ces troubles. Louis , duc d'Anjou , enleva les tréfors du roi Charles V. fon frère , & appauvrit la France pour aller tenter inutilement de venger la mort de Jeanne , & pour 4, recueillir fon héritage. Il mourut bientôt dans la Fouille Ijl fans fuccès & fans gloire, fans parti & fans argent.

Le royaume de Naples , qui avait commencé à fortir de la barbarie fous le roi Robert , y fut replongé par tous ces malheurs, que le grand fchifme aggravait encor. Avant de confidérer ce grand fchifme d'Occident , que l'empereur Sigifmond éteignit, repréfentons-nous quelle forme prit l'empire.

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