SUR LE PASSAGE DU ROY LOUIS XIII
PAR LE BRIANÇONNOIS.
L'Hyver se trouva à la venue dujloy, de laquelle ceste Ville fut bienheurée le jour qui representoit le malheur d'icelle , le mercredy des Gendres 1 629. Sa Majesté ne voulut point qu'on se mit en despense pour le recevoir ; de sorte qu'on ne fit qu'arborer de pins et du lierre (ce sont nos Lauriers, tousjours verds) la porte de son entrée, avec ceste inscription :
Sire y bien que les feux nous ayent tous désolez , N'ayans plus que les pleurs , les soupirs à la bouche : En vous voyant y pourtant, nous sommes consolez , Et mettons en oubly le malheur qui nous touche.
L'avant-veille de son arrivée le Loup à l'entrée de la nuict vint faire son cameval aux fores-villes avec la femme et la fille , ou les proches parentes de l'Empereur : d'un , dis-je , de ceste Bourgade-là ; lequel par nom de guerre jà longtemps, se nommoit l'Empereur: ceste beste farouche les gastast , et emportast toutes deux.
Le logis du Roy fut en l'Isle des Fontaines, la maison rebastie du sieur Fantin contiguë de celle où estoit inscrit sur le sursueil do la