VIII PREFACE
faits el de pnisers étramjers au récit , en altère l homogénéité ^ l entrave J' alourdit , fatigue et dévie t attention. Ce défaut, on doit le dire en atténuation du tort de l'auteur, était celui de beaucoup d'écrivains de son temps ; c était le mauvais gmt régnant; et, pour ne pas sortir du Dauphiné , nous pouvons citer en ce genre les médiocres Plaidoyez d'Expilly ^ tout hérissés de citations, mosaïque littéraire bizarre, sans intérêt , presque san^ valeur. On peut amnistier, ce semble, l* humble chroniqueur briançonnais de n'avoir pas su se soustraire , dans sa composition , au joug de ce qui était regardé généralement comme une règle obligatoire.
Chi est en droit, en second lieu, de reprocher à Froment le défaut d^ ordre el de méthode. Les faits se présentent dans un singulier priemêle, et ce nest que par un certain travail de l'esprit que le lecteur peut introduire lui-même quelque enchaînement dans le récit.
Mais ces défauts sont rachetés par ^intérêt réel que Froment a su donn£r à sa narration, intérêt qui ressort principalement des faits eux^némes, mais qui naît aussi, on ne saurait en disconvenir sans injustice, de tout ce que Fauteur a su mettre dans leur relation, de son patriotisme, de son inspiration, de son âme.
Quoi de plus touchant, par exemple, de plus suave, que cette peinture attendrie de l'abandon de la maison paternelle en proie aux flammes ! !
I^ père octogénaire quittant pour jamais le seuil de sa demeure , emmenant en laisse un petit troupeau d! agneaux qui suit docilement
ses pas ; la vieille mr^re et la servante emportant quelques vivres ; les deux vieux époux se retournant pour contempler une dernière fois cet asile, si longtemps l'abri de lenr dont hy menée ; Antoine Froment, le fils, plein de désespoir, égaré d'esprit , s' emparant au hasard, pour les sauver, des meubles les moins précieux, abandonnant au formidable ennemi sa petite bibliothèque , ses tableaux.