PRÉFACE. IX
son luth favori , toutes les cfioses qui lui tiennent tant au cœur et qui sont y on le sent bien, les vrais Dieux Lares qu il regrettera.
Ces pages sont d'une poésie noble et pure, de bon aloi; elles ouvrent, au fond de Vâme, toutes les sources de l émotion ; par l intensité de son regret douloureux j l'auteur s'y élève jusqu'à l'éloquence.
Combien d'autres passages palpitants d'intérêt , de style énergique et pittoresque dans la relation de l incendie j dans la peinture, à ce moment néfaste, des emportements de l'intérêt personnel, des abus de la force vis-à-^is des faibles , des femmes, des enfants, des vieillards, des revirements d'espérance, de terreurs et de morne accablement de cette multitude affolée par les rapides envahissements du terrible fléau!! Quels sombres et saisissants tableaux que les chapitres de la Peste, des ravages des Loups !
Ce livre, quoi qu! en puissent dire les lecteurs peu décidés à ne pas se rebuter de V érudition par asite qui le dépare , est marqué an coin d'une vive originalité.
« Quand une lecture, a dit Labruyère, vous élève F esprit, et « qu'elle vous inspire des sentiments nobles et courageux, ne cher- « chez pas une autre règle pour juger de T ouvrage , il est bon et fait « de main d'ouvrier. i>
.4 l'épreuve de cette piètre de touche, les Essais de Froment demeurent un livre estimable.
Pour moi, et j'exprime ici un sentiment tout personnel, j'aime ces pages qui disent le passé de mon pays natal. J'aime Froment parce que, à côté de cette érudition qui s'affiche dans son livre avec une candide ostentation , s'affirment les sentiments les plus purs de civisme et de famille ; parce que sa narration a l'exquise saveur de la vérité; que le monde de son livre, vit, respire, agit, se passionna suivant la réalité ; parce qu'on trouve là la description des lieux connus et aimés, la vieille légende, la pensée des dieux ; qu'on y sent