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gigue. C'est^ en première ligne, un extrait du plumitif des audiences de la première chambre du Parlement de Grenoble , que je dois aux obligeantes recherches de M. Pilota contenant la mention de la prestation^ par Froment^ du serment professionnel d'avocat.
Du jeudy 17 Febvrier 16H
Me Athoyne Froment a esté présenté
par Me Fine pour estre reçeu advocat.
Ouï Me Boffm. reçeu.
Cest ensuite un rôle que f ai en original sous les yetkv, portant la date du 15 décembre 1648, contenant les noms des habitants de Briançon quy ont voix à la nomination des consuls, rôle qui dans ténumération des électeurs habitant le quartier du Ghasteau, nomme notre auteur en ces termes : M* Anthoine Froment, advocat. — Ce document ni a été communiqué par M. Brian, secrétaire de la mairie de Briançon. Cest un rôle des tailles de 1667, dans lequel se trouve la mention suivante : Anthoine Froment, advocat, doit audit rôle 182 livres 13 sols, l'intérêt dès le 1er septembre 1658.
C'est encore un autre rôle dressé pour le m'me objet, en 1672, dans lequel figure Anthoine Froment.
Ce rôle et le précédent ont été compulsés à Briançon par mon honorable compatriote, M. Chabrand, nu^decin qui a bien voulu en extraire, à mon intention, les passages ci-dessus.
Ce sont, enfin, les lignes suivantes de la Bibliothèque du Dauphiné , de Guy Allard, ouvrage imprimé en 1680 :
€ Pitrre Froment de Briançon (c*est bien notre auteur malgré « l'erreur sur le prénom) a fait Vhistoire du loup , et une descrip- € tion des incendies, des avalanches, des débordements des rivières c et des singularité! des Alpes. Je crois qu'il est encore vivant. >
Ces documents me semblent établir, avec certitude, que Froment est né vers Van 1590, et qu héritier des auteurs de ses jours du
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privilège d'une remarquable longévité, il parvint y pour dire le moins ^ à l'âge de quatre-vingt-deux ans.
En donnant toute autorité à ces documents, on ne se heurte à aucune invraisemblance , à aucune contradiction; on possède un cadre dans lequel semplacent naturellement ^ sans anomalie ^ sans recours à des circonstances de fait exceptionnelles y les diverses phases de Vexistence de Fhistorien du Briançonnais.
Ainsi , suivant ces données , Froment parvenu à la fin de ses études de jurisprudence à vingt ou vingt-un ans, ainsi que cela a lieu le plus ordinairement, prête, en 16H y le serment professionnel de V avocat; si nous le retrouvons ensuite y en 1667 et i672, participant à la vie communale de la cité y soumis aux charges publiques y c'est sans doute à la fin de sa longue carrière.
Il se peut que T assertion de Guy A llard que Froment vivait encore en 1680 y soit erronée y mais elle établit y ce semble y une très grave présomption que son décès ne pouvait remonter à une époque éloignée de cette date.
La lecture du livre de Froment vient donner une pleine confirmation à ces inductions y car on y sent une circulation de sève surabondante, une ardeur de sentiment y un Je ne sais quoi é^ alerte et de jeune qui excluent Vidée d'un écrivain touchant y au moment de la composition de cette œuvre , aux confins de la vieillesse.
Nous croyons donc pouvoir fixer avec quelque vérité y et en n'émettant bien entendu que des données approximatives, à 1590 Fépoque de la naissance de Froment , à 1675, celle de sa mort.
Froment passa à Brian çon la plus grande partie de sa vie, et exerça y près du bailliage de cette ville y la profession d'avocat. Cependant, ainsi qu'il nous rapprend lui-même y il fit à Grenoble, avant de se fixer définitivement dans sa cité natale , un séjour assez prolongé, c Mon petit estudedes montaigneSy dit-il (p. 43 J^ lequel
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« ne s ouvrait qu'à la closture du Parlement de Grenoble^ ou que « comme un autre Temple de Paix y dum clauderentur majores belli ^ forensis portée, estait j à tellement abordé des feux, etc 3>
On peut conclure de là , que le jeune avocat accomplit son stage près le Parlement et qu^à sa cessation, il continua à suivre la carrière du barreau y à Grenoble, Jusqu'à V époque de l'incendie (IG24J, passant les fériés à Briançon ; ce qui porterait à douze ou treize ans au moins la durée de sa résidence au chef-lieu de la province.
Il est à présumer que ^esprit de retour s était singulièrement effacé dans le^ sentiments du jeune montagnard pendant ce long séjour dans une cité oxl la nostalgie est, pour les étrangers, une affection du cœur inconnue ; qui exerce un si grand empire de séduction par l'incomparable beauté de la contrée qui l'entoure, par la proverbiale urbanité de ses habitants, et pour ceux qui aiment et cultivent les choses de l'esprit, par l'atticisme du goût littéraire, par le charme des reJations sociales dans un tel milieu.
Peut-être faut-il placei^, pour Froment , à côté de ces causes d'attrait, celle des débats judiciaires devant le Parlement, débats plus solennels qv£ ceux de son bailliage, plus relevés par l'éloquence des avocats , par le savoir de la magistrature. Ces éléments de vie intellectuelle et morale sont pour certaines âmes les plus fortes attaches, et il est vraisemblable qu'ils exercèrent sur cette période de l'existence (le notre auteur une grande influence.
Quelles circonstances rompirent le charme et rappelèrent le jeune transfuge dans son austère pays natal ? C'est ce qu'il est impossible d'indiquer et même de présumer. Nous admettrions volontiers, étant donnés ses tendres attachements de famille révélés par la lecture de son livre, que la terrible catastrophe de l'incendie, l' affliction des siens, l'importance des services que sa présence lui permettrait de
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