‹ Essais CliniquesChapitre 26 sur 30 · CR ALES · texte numérisé non relu

CR ALES

à une poire à main, est adapté à la face antérieure. La forme de la pelote en fuseau est celle qui convient le mieux, car elle donne un champ d'action plus étendu au centre que sur les côtés, et s'adapte parfaitement à la forme du bas-ventre. Elle remplit complètement l’espace dépressible limité par le squelette du bassin, et se met naturellement en place sous le corset. Sa largeur, plus grande au centre, permet d’agir sur une plus grande hauteur, au niveau de la ligne médiane, point où la pression est plus forte que sur les côtés. Enfin, cette pelote est pneumatique, et peut s'adapter à tous les ventres. Le réglage s'obtient par la quantité d'air qu'on y introduit, au moyen de la poire. Elle s’adapte à n’importe quelle ceinture, pourvu que l’on ménage préalablement une ouverture médiane, pour le passage du tube de gonflement.

Néanmoins, pour avoir un effet véritablement efficace, il faut que l’appareil de soutien remplisse plu

sieurs conditions. Il doit :

4° Se composer d’une ceinture ou sangle plane e] BE

non concave, s’adaptant exactement sur le bas-ventre ;

2° La partie antérieure, devant non seulement soutenir, mais, en même temps, comprimer le bas-ventre, sera faite d’un tissu très résistant, peu élastique et baleiné;

3° Pour éviter que le bord supérieur, qui remonte assez haut, n'empêche les mouvements de flexion en avant, et ne blesse le pli cutané ainsi formé, les ba-

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leines s’arrêteront à quelques centimètres au-dessous de lui ;

& Dans le même but, la fermeture de la sangle ne sera plus faite d’un buse médian, rigide; mais sera reportée sur les côtés et à crochets;

5° Le reste de la ceinture doit être d’un tissu plus élastique, pour pouvoir s'adapter sur le squelette sans blesser les parties molles ;

6° Il sera muni de sous-cuisses qui empêcheront l’appareil de remonter.

Voici la description de l'appareil que propose le D: Enriquez, permettant de remplir ces diverses conditions,

Il se compose de deux parties indépendantes sur le devant, mais reliées entre elles à l’arrière. C’est un corset ceinture. La ceinture et le corset sont combinés de telle façon, que les organes remontés par la ceinture sont comprimés par elle seule, et non par le corset, sans que la taille soit en rien déformée.

La femme veut que son corset soit un objet de toilette et non un bandage. Le médecin doit veiller surtout à ce que l'hygiène soit sauvegardée, dans le corset le plus luxueux, comme dans le plus modeste (loc. cit).

La GeINTURE, faite en tissu élastique, se compose de trois parties de résistances différentes. La portion médiane, celle qui répond à la pelote hypsogastrique et sur laquelle repose toute la compression, a une rigidité bien supérieure à celle des parties latérales.

Elle est doublée intérieurement, jusqu'aux trois quarts

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de sa hauteur, par un tissu résistant qui la rend non extensible, et renforcée par deux baleines en éventail, qui en accroissent la rigidité. Le quart supérieur n'est pas doublé, pour permettre la flexion en avant et la liberté des organes remontés. A la partie médiane, au tiers inférieur de sa hauteur, est ménagée une ouverture pour le passage du tube de la pelote. Celle-ci est elle-même maintenue en place à l’aide de petits rubans passés dans des œillets.

Les parties latérales sont faites du même tissu élastique que la portion médiane, mais non doublées, pour ne pas blesser les parties molles sous-jacentes. Le tissu élastique permet le serrage de la ceinture. Ces parties latérales sont, en arrière, cousues au corset avec lequel elles se continuent.

. En avant, elles sont reliées à la partie médiane, par un système de lacets, permettant le serrage à volonté de la ceinture. Du côté droit, le lacet est à œillets; du côté gauche, il est à crochets, pour la fermeture. Des jarretelles, s’attachant sur le devant, maintiennentile touten place. Ce mode de contention n'empêche aueun des mouvements du malade; il permet, par le renforcement de sa partie médiane, de faire une compression énergique, enfonçant la pelote dans le bas-ventre, comme un coin. Ainsi, la pelote prend la place de l'intestin précédemment prolabé, et qui, se trouvant maintenu au-dessus d’elle, n’est plus comprimé, bien qu’il soit soutenu par l’élasticité du quart supérieur de la ceinture. La

fermeture latérale évite le buse médian gênant les

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{l k NI dt C 3 Fi. I. — Corset ceinture en place. | (Le corset ouvert laisse voir la ceinture fermée). “ Fi. II. — L'envers de Ia ceinture, (Montrant la pelote hypsogastrique en place)

A, MicuaALon, Édileur, Paris.

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mouvements de flexion en avant. Comme le dit Glénard, «une ceinture ne doit pas subir, mais commander la forme du ventre ». C’est bien ce que l’on obtient avec ce moyen de contention, qui, commandant fermement la partie antérieure, qui doitsupporter tout l'effort, passe sur les parties latérales, plus vulnérables, sans les léser aucunement.

Le corser qui complète la ceinture a pour but, en conservant à la taille toute son élégance : 1° de maintenir la ceinture en bonne position; 2 de donner. aux organes remontés par la pelote hypsogastrique, toute l’aisance possible, sans les comprimer ni les déformer.

C’est un corset droit, de forme ordinaire, mais dont la carcasse est formée de plusieurs pièces réunies par des lacets.

Il est en effet muni, en plus des lacets postérieurs, qui servent au serrage, de lacets latéraux, pouvant se serrer ou se relâcher suivant les besoins. Ces lacets ont une importance capitale: d’abord, ils donnent entière liberié aux organes abdominaux, en rendant la partie antérieure du corset indépendante du reste. De plus, grâce à eux, le corset peut conserver sa forme droite, quelle que soit la position que prend la personne qui le porte, parce que ses parties constituantes sont indépendantes. Quand la personne est assise, le corset peut se cambrer sur les côtés, selon les mouvements, sans que le devant en subisse aucun changement. Par le système de laçage sur le côté, le jeu du tronc est donc libre dans tous les sens,

= 38 Le devant, maintenu rigide par un buse et des baleines, forme cuirasse, et tous les efforts qui portent sur les parties latérales viennent mourir sur la partie lacée, qui ne les transmet pas à la portion antérieure. Ainsi, l'estomac remis à sa place normale par la pelote hypsogastrique, et maintenu par le haut de la ceinture doublée du corset, conserve cette position quels que soient les mouvements du malade.

La fermeture et le baleinage du corset n’ont reçu aucune modification. Quant au lacet postérieur, il a été dédoublé. L’inférieur correspond à la ceinture, le supérieur au corset. |

On peut ainsi, avec toute facilité, serrer fortement la ceinture, indépendamment du corset qui reste lâche. Deux nouvelles jarretelles latérales empècheront l’appareil de remonter.

Voici maintenant quelques détails sur la mise en place. Le tube de la pelote hypsogastrique étant passé dans l'ouverture médiane de la ceinture, et la pelote étant elle-même fixée en bonne position par les cordons passés dans les œillets, le corset-ceinture est appliqué sur la personne. ù

Cousus entre eux à la partie postérieure, le corset et la ceinture sont comme nous l'avons vu, indépendants sur le devant. Il faut donc d’abord placer la ceinture. Pour ce faire, après s'être assuré que la pelote hypsogastrique répond bien à la région du bas-ventre, on boutonne la ceinture au moyen de la fermeture à lacets et crochets siluée sur le côté gau-

che. Par le laçage à œillets, qui est placé sur le côté

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droit, on rétablit l'équilibre de la portion médiane compressive. Le serrage se fait au moyen du lacet inférieur de derrière.

‘Quand la ceinture est convenablement serrée, ce dont on se rend compte en passant la main entre elle et la paroi abdominale, on ferme le corset au moyen du buse médian, et on règle sa tension par le lacet supérieur du dos. Il ne reste plus qu’à modifier la tension de la pelote hypsogastrique.

Quels sont les résultats obtenus ? On peut les contrôler par la radioscopie, et c’est même une règle de faire l'essayage devant l’écran. Si le résultat n’est pas satisfaisant, l’image radioscopique nous en préviendra aussitôt.

Si on place devant l'écran un\malade muni de son corset-ceinture avec pelote convenablement disposés, on est de suite frappé de ce fait, que la limite inférieure de l’estomac, précédemment repérée, est souvent remontée de 2 ou 3 centimètres, même avant tout envoi d’air dans la pelote, du moins chez les personnes un peu grasses. Ceci est dû, à ce que chez ces malades la ceinture, bien rigide sur le devant, a ramassé tout le bas-ventre, et commence à le refouler en haut, en se servant du coussin graisseux ainsi obtenu. La pelote n'étant pas encore gonflée n’a pas d'effet. Chez les personnes amaigries, sans ventre tombant, la limite inférieure n’a pas bougé. Mais, si on fait avec la poire, quelques insufflations, on constate bientôt l’ascen-

sion très nette du cul-de-sac stomacal. Ce fait est par-

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faitement visible, si on a fait ingérer au malade un peu delait bismuthé avantl’examen. Souvent, sur tout chez les personnes très amaigries, ce n’est qu'après trois ou quatre coups de poire, que la limite inférieure commence à monter. C’est que ces insufflations ont été nécessaires pour donner à la pelote la forme d'un coin et une:rigidité assez grande pour rentrer dans le bas-ventre et supporter la masse intestinale, Quand la pelote est suffisamment gonflée pour obtenir ce résultat, on peut voir, à chaque coup de poire, remonter peu à peu lecul-de-sac stomacal. En général, une dizaine d’insufflations sont nécessaires pour faire disparaître le cul-de-sac.

Doit-on pousser la dilatation de la pelote jusqu'à ce point ? Tout dépend de la tolérance du malade, et on ne doit distendre.la pelote que jusqu’au moment où elle devient désagréable au malade. Ce n'est

qu’à la longue, quand il sera accoutumé au port de

la ceinture, que l’on pourra pousser plus loin l’as-

cension de l’estomac.

Une fois la pelote suffisamment gonflée, on ferme le robinet d'accès, et on a une compression permanente. La pelote pneumatique donne donc le moyen de graduer la pression suivant la tolérance de chacun.

Si, le malade étant toujours devant l’écran, on fait la contre-épreuve, en ouvrant le robinet, et en laissant la pelote revenir sur elle-mème, on voit l’estomac redescendre et reprendre la place anormale

qu'il occupait précédemment, tandis que le malade

accuse une sensation tout à faitanalogue à celle d’une descente en ascenseur, due à la décompression.

Grâce au port d'un appareil bien fait, convenablement placé, et contrôlé par la radioscopie, les malades atteints de ptose obtiennent un grand soulagement. Ils ont, d’une facon très nette et durable, la sensation d’allègement que-leur donne l'épreuve de la sangle. Les symptômes généraux de la ptose disparaissent peu à peu complètement, par le fait de l suppression du cul-de-sac stomacal, puisque la limite inférieure remonte maintenant au même niveau que le pylore, ou à peu de chose près. L'évacuation se fera convenablement et sans retard. II n'y aura plus stagnation de liquide. Les symptômes dyspeptiques disparaîtront un à un, du fait de la guérison de la ptose. L’esitomac et l'intestin bien maintenus, la sensation d’anéantissement et de pesanteur cesseront également. Enfin, peu à peu, grâce à un régime approprié, l'estomac retrouvera sa tonicité, et au bout d’un temps plus ou moins long, suivant le degré de la maladie, la personne pourra quitter sa ceinture, ne gardant que le corset qui ne nuira aucunement à

son élégance.

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