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nullement modifiés, surtout dans les cas accentués.
Cette constatation, plusieurs fois renouvelée, donna au D’ Enriquez l’idée d’une modification à apporter aux moyens ordinaires de contention.
Quel doit être, en effet, le mode d'action de la sangle ? Elle doit reproduire la manœuvre appelée par Glénard « épreuve de la sangle », qui consiste, le médecin étant placé derrière le malade, à soulever son bas-ventre, en le comprimant en même temps avec les mains placées sur les flancs (1), manœuvre dont les malades reçoivent un si grand soulagement. Or, en analysant cette manœuvre on voit qu'elle contient deux temps successifs :
1 Relèvement par les deux mains qui entourent la ceinture, de la masse intestinale procidente ;
2 Application et maintien du coussin ainsi obtenu à la partie inférieure du ventre, à la façon d’un coin.
Pour être efficace, l’action de la sangle doit donc se décomposer en deux forces. La première agira de bas en haut, en produisant le soulèvement de la masse intestinale, et résultera de la mise en place de la ceinture. La deuxième, bien plus importante, agira d’avant en arrière, enfonçant profondément, et maintenant en place le coin obtenu par toute la masse intestinale antérieurement prolabée, et qui a été ramassée dans ie premier temps.
!. Gzénarn. De la sangle pelvienne contre l’entéroptose Paris, 1905, Loc. cit.
Remarquons, que pour avoir une action efficace, le deuxième temps doit être absolument subordonné au premier. Si le premier manque, on aura un simple refoulement en arrière de la masse intestinale ‘dans le ventre, et un résultat comparable à celui qu’on demande aux bandes de flanelle, pour empêcher les éventrations.
- Quels résultats obtient-on, avec une sangle ordinaire dans les différents cas de ptose ? à
Chez les personnes grasses,à gros ventre pendant, atteintes d'entéroptose, la ceinture classique a un effet très satisfaisant. C’est que, justement, dans ce cas, la masse intestinale procidente, et surtout le bourrelet graisseux dont est pourvue la partie abdominale inférieure, servent de point d'appui efficace à la sangle. La mise en place de la ceinture remonte toute la masse, et la manœuvre dite « épreuve de la sangle >» est reproduite fidèlement et d’une manière persistante.
Au contraire chez les personnes amaigries, qui sont la majorité, bien que chez elles le bas-ventre puisse aussi tomber en avant, la paroi abdominale est flasque et dépourvue de son matelas graisseux. Si, chez ces malades, on applique une simple sangle, l’intestin sera bien refoulé à l’intérieur de la cavité abdominale ; mais, le bourrelet graisseux n’existant plus, la masse intestinale ne sera nullement remontée, et, par conséquent, l'estomac n’en n’aura aucun bénéfice.
Chez les personnes très amaigries, et à ptose con-
sidérable, le résultat sera déplorable. Dans ce cas,
22/50 en effet, le point proéminent est le pubis. La sangle, qui est rigide, aura une action dirigée bien plus de haut en bas, que d’avant en arrière, et la masse intestinale sera, de ce fait, refoulée en bas, en augmentant la ptose.
Bien plus, le bord supérieur de la ceinture est assez rigide, même s’il est de tissu moins résistant que le bord inférieur pour exercer une pression assez forte. Il en résulte que la partie de l'estomac qui se trouve à son contact est appliquée assez fortement contre la colonne vertébrale et, pour ainsi dire coupée contre elle. Sa biloculation est augmentée, et le cul-de-sac inférieur descend plus bas qu'avant tout essai de contention.
L’adjonction de sous-cuisses à la sangle ne peut modifier la direction de sa pression : elle peut seulement en empêcher l'ascension.
Tels sonts les faits que la radioscopie nous a permis de constater. C’est pour remédier à cet état de chose que le D° Enriquez, après de longues recherches, a fait construire sa pelote hypsogastrique.
La PELOTE HYPSOGASTRIQUE (de üpow je soulève vastes l'estomac) a la forme d’une navette. C’est une pelote pneumatique, pouvant se distendre plus ou moins, selon les besoins, par insufflation. Elle est formée de deux lames de tissu caoutchouté, résistant et imperméable, réunies entre elles par un tissu plus souple permettant le rapprochement ou l'éloignement des faces. Un tube de caoutchouc, terminé à sa partie libre par un embout avec robinet servant à le relier