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production de la chorée, il faut citer en premier lieu le rhumatisme, qu’il soit apyrétique ou combiné avec le mouvement fébrile ».
D’autres travaux vinrent appuyer la théorie de Germain Sée, en particulier les thèses de Bourdier (1852), Pelay (1854), Moynier (1856). Un peu plus tard, Cadet de Gassicourt, discutant des cas de chorée de Sydenham avec rhumatisme et endocardite, dit lui aussi : «Tout devient facile à comprendre si nous n’admettons qu’une seule et même maladie, le rhumatisme domine ces diverses manifestations morbides.
Mais ce sont les mémoires de Roger (1866) qui constituent à l’heure actuelle le plus important travail sur la question. « La clinique m'a appris, dit-il, qu'il faut non seulement admettre dans Ja chorée une forme rhumatismale, mais encore, que cette forme prime toutes les autres par son évidence et par sa fréquence,comme par son importance pratique. À tel point que je me suis demandé si la chorée n’était point, dans la presque universalité des cas, une manifestalion du rhumatisme ».
Plus récemment en 1930, MM. Minet et Patoir montrent comment les manifestalions cardiaques de la chorée ressemblent à celles du rhumatlisme articulaire et comment elles sont sujettes aux mêmes rechutes.
« IL existe, disent-ils, un type évolutif cardiaque de Ja chorée superposable au type évolulif cardiaque du rhumatlisme. |
L’atteinte initiale de la chorée cardiaque évolutive présente généralement les symplômes d’une chorée
cardiaque banale. On trouve d’abord un souffle qui en impose pour un souffle anorganique,quiprend peu à peu tous les caractères d’un souffle d'insuffisance mitrale, MM. Hutinel et Babonneix relèvent 42 0/0 d’endocardites chez les choréiques soignés par eux.
Mais l'atteinte initiale ne constitue pas l'aspect le plus intéressant de la chorée cardiaque évolutive ; on trouve celui-ci dans les récidives insidieuses de l'infection primitive qui se produirait sans phénomènes généraux, parfois sans mouvements involontaires, sans Ssymptômes fonctionnels et qui néanmoins amènent une aggravation profoude de la cardiopathie ancienne. C'est dans ce cas qu’il sera indispensable de suivre longtemps les choréiques guéris, de pratiquer des auscultations fréquentes, de faire établir une courbe de température.
Comme signes locäux on notera souvent une légère tachycardie. Un autre symptôme fréquent consiste dans l’assourdissement des bruits cardiaques. Un signe de grosse valeur est constitué par le changement d’intensité du souffle préexistant qui s’assourdit et peut même disparaître. Enfin les signes cardiaques sont instables et variables tant que persiste l’évolution inflammatoire ».
On le voit, les signes cardiaques de la chorée sont superposables en tous points aux signes cardiaques du rhumatisme articulaire aigu.
L’acrodynie survenant chez des enfants de quelques mois à 5 ans ne semble pas avoir permis d'examiner
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des cas de cardiopathie semblables à ceux que l’on voit dans le rhumatisme articulaire aigu ou dans la chorée. Cependant, dans cette maladie encore les manifestations circulatoires sont (très importantes et our Feer elles sont pathognomoniques. |
L’accélération du pouls est d'autant plus intéressante qu'elle coexiste avec l’apyrexie, le repos au lit, et persiste pendant le sommeil. À l’arrivée de la maladie, la fréquence du pouls chez les enfants de deux à 3 ans est de 120 à 160, et peut aller jusqu’à 200.
La tachycardie a pour caractère d'être constante régulière, elle augmente légèrement sous l'influence d’un effort et au moment des crises douloureuses, diminue un peu pendant le sommeil.
L’hypertension est pour Feer « le signe le plus constant de la maladie » elle ne manquerait jamais. La maxima est à 110 mm. ou 120 mm. quelquefois à 150 au début de la maladie.
L'examen du cœur aurait montré à quelques ais ciens une augmentation de volume.
Les signes cardio-vasculaires persistent pendant la convalescence, après la disparition des troubles cuta: nés et nerveux et l’on ne peut affirmer la guérison qu'après leur disparition. ;
Parfois même, l’acrodynie dans ses formes frustes ne se révèle que par ses accidents cardio-vasculaires.
Une observation de Feer nous en donne un bon exemple.
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Obs. IV. — En septembre 1927 entre dans le service une fillette de 4 ans : depuis deux mois elle est fatiguée et pleurnicharde, présente des nausées, des douleurs abdominales, de la céphalée, de l’amaigrissement. La marche est impossible. L'examen ne révèle aucun trouble viscéral. Il existe une hypotonie musculaire peu prononcée et de la photophobie. Le liquide céphalo-rachidien est normal. L'examen du sang donne :
, Globules rouges. . =:5 Hémog{obine 5 use" Leucocytes d’abord 13.000, après une légère stomatite.
puis 11.300
Aucune transpiration, mais les pieds et les mains sont cependant un peu humides, le pouls bat à 140- 160, puis il diminue progressivement de 100-110. La température reste normale ; la pression artérielle au début est de 120 mm. à ia fin d'octobre, de 110, puis fin novembre, de 95 avec amélioration progressive de l’état général. Si l’on n'avait pas pris la pression artérielle dans ces cas et tenu compte de la tachycardie, il est probable que la maladie n'aurait pas été reconnue. Le diagnostic fut confirmé aussi par la glycémie élevée, c’est le seul cas observé par Feer où il n’y eut point de sueur.
Donc, sinous ne voyons pas de rhumatisme articulaire ou de chorée précédés ou suivis par une acrodynie, il est cependant un point de rapprochement qui est l'atteinte, non pas du cœur lui-même, quoique rien ne
soit jusqu'à maintenantcontraire à cette idée, du moins du système circulatoire périphérique.
Mais si l’acrodynie n’a de commun avec le rhumatisme articulaire que ces manifestations circulatoires, ilen.est tout autrement lorsqu'on essaie de la rapprocher de la poliomyélite, et assez nombreux sont les cas d’acrodynie constatés au cours de la poliomyélite antérieure aiguë.
Au cours de l’épidémie de poliomyélite qui sévit en 1930 dans le Languedoc et les Basses-Cévennes, MM. Leenhard, Chaptal et Dufoix ont publié trois observations d’enfants atteints de cette affection, et qui présentaienten même temps les symptômes cutanés typiques de l’acrodynie.
Obs. V (LEERNARD, CHAPTAL et Duroix).
Jeannine A... née en décembre 1927, 3 ans. Ses parents sont en bonne santé. Sa mère a eu trois autres enfants dont lun est décédé 8 jours après sa naissance.
Elle-même est née à terme, l’accouchement a été normal.
Elle a été nourrie au sein 3 mois, puis au lait condensé. Cette alimentation semble avoir été bien conduite, de même que son allaitalion.
Elle n’a pas eu d'autre maladie, qu’une rougeole en mars 1930.
L’'affection actuelle a débuté vers le 15 mai 1930, par une température d'emblée très élevée, “el qui a oscillé. entre 39 et 40 pendant les 10 à 12 jours suivants.
Cependant, le 148 mai 1930 au matin, on a constaté l'apparition d’une paralysie du bras gauche. Il n’y a pas eu de vomissement, ni de symptôme méningé ni de douleur.
Enfin le 29 mai 1930, l'enfant, n'ayant plus de fièvre depuis 2 jours est hospitalisé pour traitement radio et électrothérapique.
L'enfant, à cette date pèse 13 kg. 300 (2 ans 1/2) elle est de complexion rormale.
Son examen est normal au niveau des divers viscères et appareils, autres que le système nerveux.
Elle présente en effet une paralysie totale absolue du membre supérieur gauche, y compris l'épaule.
La flaccidité est absolue, les mouvements sont inexistants.
Les réflexes tendineux et osseux sont abolis.
La sensibilité est conservée.
L'examen électrique décèle une dégénérescence partielle de tout le membre supérieur gauche, mais, étant donné la date récente de la paralysie cet état ne doit pas être considéré comme définitif.
Le diagnostic de poliomyélite antérieure aiguë étant posé, un traitement est aussitôt commencé.
Séances bi-hebdomadaires de radiothérapie profonde sur la moelle cervicale et séances quotidiennes de diathermie. Le 14 juin 1930, la mère déclare que le 8 juin est apparue une sudation très intense au niveau des mains, accompagnée du changement de couleur de la paume des mains.
On constate en effet que les deux paumes des deux
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mains de l’enfant sont de couleur rouge vif, et qu’elles présentent une sudation intense que la mère essuie constamment de son mouchoir pendant l'examen.
Enfin la paume de la main gauche présente une desquamalion marquée. La palpation des deux mains révèle un état de mollesse humide,visqueuse des paumes, tout à fait caractéristique.
D'autre part, on constate une éruption semblable sur les faces dorsales et plantaires des pieds, mais avec des modifications de coloration moindres qu’au niveau des mains. La sensation de mollesse humide existe à la palpation.
Le 19 juin 1930, les symptômes sont les mêmes aux mains etaux pieds. Il ÿ a-une sudation très intense, sur tout le corps, qui a déterminé sur la face antérieure du thorax une éruption de sudamina. Enfin au niveau des joues, des alternatives de pâleur et de rougeur traduisent des troubles vaso-moteurs.
La mère se plaint d’un changement considérable du caractère de l'enfant, survenu depuis lapparition des sudations. Elle fait des colères constantes, est devenue extrêmement irritable. La nuit, son sommeil est agité, et entrecoupé de crises de colères nombreuses.
Il n’y a pas eu, à aucun moment d’élévation de température.
La paralvsie du membre supérieur gauche est à peu près stationnaire, on constate seulement fa réapparition des mouvements de flexion très légers du médius.
Le 21 juin 1930, mêmes symptômes.
Le 1% juillet 1930, les signes d’acrodynie persistent,
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modification de couleur des extrémités des membres, sudation. Les troubles du caractère sont en diminution nette.
Mêmes symptômes de paralysie.
Obs. IV. — Fernand V..…, est né le 18 juin 1926 (4 ans). Ses parents sont en bonne santé et ont eu deux enfants qui se portent bien.
Lui-même est né à terme par accouchement normal. Il a été nourri au sein, puis bien alimenté. Il n’a pas eu de maladie depuis sa naissance.
Le début de l'affection qui amena l'enfant à l'hôpital remonte aü 14 juillet 1930; une chute permit de déceler une paralysie du membre inférieur gauche. La température prise alors atteignait 39°, et se maintenait élevée pendant environ 15 jours. Pendant ce temps, se produisit une amélioration dans la motilité du membre gauche, et, au bout de 15 jours, l’enfant put se lever et marcher avec quelque difficulté.
Il est hospitalisé le 9 septembre 1930, soit près de deux mois après son attaque de paralysie.
C’est un enfant de complexion normale, mais maigre, 14 kg. 200, dont les divers appareils, sauf le système nerveux, sont normaux.
L'enfant peut se tenir debout sur les deux membres inférieurs dont le gauche apparaît assez nettement atrophié. La marche traduit, comme principal trouble un pied ballant, mais le mouvement de la cuisse sur le bassin, et de la jambe sur la cuisse se font presque normalement,
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Dans la position couchée, le pied gauche tombe en position d’hyperextlension et se dévie en rotation interne. La mobilisation active montre la diminution de la force des différents groupes musculaires du membre inférieur gauche, avec une perte à peu près complète de la force du groupe de la loge antéro-externe de la jambe.
Les réflexes tendineux, rotulien et achilléen sont diminués à gauche.
Il y a une hypersensibilité tactile: L'enfant se plaignant vivement, lorsque l’on manipule son membre inférieur gauche.
Enfin, l’atrophie musculaire se traduit par une différence de 2 cm. de moins dans la circonférence de la cuisse et du mollet gauche.
L'examen électrique dû à M. le Pr Lamarque montre: hypo-excitabilité électrique dans le territoire du crural et au niveau des muscles de la loge postérieure de la cuisse.
Hypoexcitabilité faradique et galvanique avec légère lenteur à la secousse dans le territoire du nerf sciatique poplité externe et interne.
Par ailleurs, cet enfant présentait une sudation intense des paumes des mains, un peu moindre au niveau des plantes des pieds. Des marbrures d’un beau rose vif se voyaient très nettement sur la face palmaire des mains qui donnaient au toucher la sensation de mollesse visqueuse, que nous avons toujours retrouvée dans l’acrodynie. Les modifications de couleur étaient-elles aussi beaucoup moins marquées aux pieds.
Il n’y avait pas de fièvre, ni aucun trouble appréciable.