‹ Essais Cliniques sur le Rapprochement Étiologique de Maladies d'Aspect DifférentChapitre 11 sur 13 · LOGE · texte numérisé non relu

LOGE

Ces signes cutanés avaient complètement échappé aux deux médecins qui avaient vu l’entant et l’avaient fait hospitaliser.

Malgré l’éloignement de l'installation des paralysies, le traitement classique : radiothérapie profonde et diathermie est commencé.

Le 10 octobre 1930, il quilte l'hôpital dans un état sensiblement analogue, au point de vue paralysie et lésions cutanées des mains : l'infirmière, qui l’accompagne chaque jour au service de radiothérapie, croit devoir signaler que l'enfant a toujours les mains trempées de sueurs.

Le 19 novembre 1930, l’enfant qui revient à l'hôpital deux fois par semaine pour des séances d'électricité, présente toujours les mêmes séquelles de paralysie. Les mains toujours moites, la coloration est très atténuée. Les pieds sont normaux. Par contre, la mère signale que depuis son retour à la maison, elle est très surprise du changement survenu dans son caractère : grognon et coléreux, il est tout à fait méconnaissable.

Obs. VII. — Joséphine F..., est née le 10 décembre 1927 (3 ans). Ses parents et son frère sont en excellente santé. |

Elle-même ne présente rien de pathologique dans son passé. Elle est née à terme par accouchement normal. A été nourrie au sein, puis convenablement alimentée.

L’affection actuelle aurait débuté le 24 octobre 1930. Les parents se seraient rendu compte tout à coup que l'enfant ne pouvait se servir de sa main gauche. Le sur-

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lendemain, 26 octobre, l'enfant s'affaissait, ne pouvait se tenir debout. Elle n'aurait eu aucune élévation de température. Aucun phénomène digestif autre qu’une anorexie marquée.

Hospitalisée le 27 octobre 1930, son examen général ne révèle de trouble qu’au niveau du système nerveux.

Elle présente une parésie des 2 membres inférieurs. Elle ne peut se tenir debout ni marcher. Les mouvements Spontanés des 2 membres inférieurs sont assez limités sans toutefois être complètement abolis.

Les réflexes rotuliens et achilléens droits sont très diminués, le réflexe achilléen gauche est aboli.

Les réflexes cutanés plantaires se font en flexion.

Le membre supérieur gauche participe à la paralysie, l’épaule et le bras sont inertes, il y a une parésie très légère du groupe antérieur de l’avant bras.

Une réaction méningée légère accompagne ces paralysies qui se traduit par de la raideur de la nuque et du rachis, et une réaction de 12 éléments à la cellule de Nageotte (formule mixte lymphocytes et polynucléaires).

L'examen électrique pratiqué par le Pr Lamarque a montré :

Hypoexcitabilité avec tendance à la lenteur de la secousse, au niveau des muscles de la loge postérieure de la jambe gauche.

Au niveau des autres régions, on trouve des réactions électriques normales qualitativement; quantitativement, on trouve de l’hypoexcitabilité légère au niveau des extenseurs des pieds.

“Aux membres supérieurs, on trouve seulement de l'hypoexcitabilité au niveau des deltoïdes.

Par ailleurs, le jour de son entrée à l’hôpital le 27 octobre 1930, l'enfant présentait une éruption miliaire généralisée à tout le corps et pour laquelle l'enfant fut strictement isolée. Le lendemain on constatait la persistance de cette éruption qu'accompagnait une moiteur de la peau de tout le corps, et qui ne pouvait être assimilée à aucune maladie éruptive.

Très rapidement, on vit, du 29 au 31 octobre, disparaître cette éruption qui ne persista qu’en 2 endroits : La paume des mains et la plante des pieds.

Le 8 novembre 1930, les troubles cutanés persistent, le caractère de l'enfant est, depuis son arrivée, extrêmement difficile : elle ne cesse de crier et de se plaindre, et l’approche de toute personne auprès de son lit provoque une crise de colère épouvantable.

Le 20 novembre 1930, le traitement par radiothérapie profonde et diathermie appliquée se poursuit:1il y a une légère amélioration au niveau des membres inférieurs, dont les réflexes tendineux sont à peu près normaux. Seul le réflexe archilléen gauche reste aboli. La marche est cependant impossible. Au niveau du bras, les mouvements sont revenus, sauîles mouvements d’élévation de l'épaule.

La sudation et les modifications dé couleur persistent au niveau des paumes des mains, ainsi que sur le 1/3 inférieur des deux avant-bras. Au contraire, ces signes ont disparu sur les pieds.

LR

Rocaz se trouvant en présence d'acrodynies avec paralysie avait considéré l’acrodynie comme une encéphalo-myélite épidemique très voisine de l’encéphalite épidémique, sinon identique. Les auteurs de ces trois observations se sont demandé s'ils n'avaient pas fait une erreur de diagnostic en parlant de poliomyélite. aussi ils concluent :

« En réalité, l'étude de nos trois observations permet de repousser facilement cette interprétation ; nous nous trouvons bien en présence de cas de poliomyélite antérieure aiguë : ces malades proviennent des régions voisines où règne depuis plusieurs mois une épidémie de paralysie infantile. Leur maladie a débuté soit par la paralysie, soit par une période fébrile au cours de laquelle s’est constituée la paralysie, celle-ci après une régression précoce légère s’est fixée sous la forme de séquelles persistantes.

Notons enfin que les médecins qui avaient vu ces enfants avant nous, avaient fait, sans hésitation le diagnostic de poliomyélite et avaient méconnu l’acrodynie.

C’est donc à une poliomyélite antérieure aiguë indiscutable que vient s’adjoindre dans nos observations le syndrome acrodynie.

Quelle importance convient-il d'accorder à ce syndrome au cours de la poliomyélite. Est-ce une véritable acrodynie concomitante, ou nous trouvons-nous en présence de symptômes rappelant les manifestations culanées de l’acrodynie et dus à une lésion qui aurait en quelque sorte débordé les cornes antérieures et alteint

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les éléments sympathiques de la moelle ou les ramicommunicantes.

Cette hypothèse ne paraît pas à retenir puisque dans nos trois observations nous avons constaté que l’acrodynie était caractérisée par des troubles psychiques constants et des lésions cutanées au niveau des quatre membres, alors que les lésions des cornes antérieures étaient parfois très localisées.

Nous pensons donc que le syndrome acrodynie a eu, au cours de ces poliomyélites, son individualité propre et qu’it relève de son habituelle pathogénie.

Il nous semble dès lors qu’on pourrait envisager l'acrodynie comme un syndrome qui pourrait relever de l’atléinte d’un virus neurotrope jusqu'ici inconnu, tout aussi bien que de l’atteinte d’autres virus neurotropes au premier rang desquels figureraient le virus de la poliomyélite antérieure aiguë et celui de l’encéphalite épidémique.

ÉPIDÉMICITÉ

Nous n’avons pas trouvé, à proprement parler, de cas vraiment démonstratif d’'épidémie intriquée. L’épidémie relatée par Lepine dans le bassin de Blanzy et qui aurait atteint une cinquaine de personnes ne semble pas devoir être rattachée à l’acrodynie. Elle est d’ailleurs décrite par l’auteur sous le nom « d’encéphalite périphérique ». | ÿ

Cependant les trois dernières observations dont nous venons de parler sont prises au cours d'une épidémie de poliomyélite qui sévit en 1930 dans les basses Cévennes, et il semble bien que ces malades aient présenté de façon épidémique un syndrome acrodynique au cours de poliomyélites.

Plusieurs auteurs ont déjà essayé de rapprocher l’acrodynie d'infections telles que l’encéphalite. Ces cliniciens basent leurs impressions sur des arguments divers :

1° L'apparition simultanée des épidémies d’acrodynie et d’encéphalite après la guerre ;

20 Les circonstances d’apparition semblables de ces deux maladies, l’acrodynie procédant par îlots, se

répandant de manière déconcertante en cas sporadiques, ou comme une maladie faiblement infectieuse avec des périodes d'augmentation, puis de diminulion.

Selter fait remarquer que le début et l’évolution de ces maladies sont voisines.

Enfin Pébu cite, dans la région de Châlon, région infectée périodiquement par l'encéphalite et la poliomyélite, l'épidémie de 1925 dont :

2 cas à Chalon

1 à St-Jean-des-Vignes ( 1 km. de Chalon 1 à Virey CTICRE —

1 à St-Laurent-les-Mâcon ( 1 km. —

1 à Bouzeras (16 km. —

Kniper.cite un petit village de Hollande où apparurent dans la même famille encéphalite et acrodynie, nous savons combien la poliomyélite et l’encéphalite épidémique sont regardées comme contagieuses.

En 1928, Lausten-Thomsen considère comme chose certaine que la poliomyélite peut se transmettre outre de l'individu à l'individu, non seulement d’un individu à un autre, mais encore indirectement par des choses inertes. Les malades guéris peuvent être agents de contamination pendant une période allant jusqu’à 27 ans. Les béquilles sont regardées par cet auteur comme étant très souvent le véhicule porteur de germe d’un individu à un autre.

Longhin et Auriand font une enquête épidémiologique sur la poliomyélite dans un département contaminé en Roumanie, et ils montrent qu’il est presque toujours

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possible de retrouver l’origine d’un cas et de rétablir la filiation des cas divers apparus dans une localité.

Le rôle considérable des porteurs sains de germes résulte incontestablement des observations des auteurs. La contagion directe, d’un malade à l’autre, en milieu . épidémique est bien plus fréquente qu’on ne l’admet généralement.

Quant aux épidémies familiales, elles ont sévi, dans la statistique des auteurs dans 12 % des familles contaminées. Une des raisons pour lesquelles ces épidémies familiales ont échappé à l'attention de beaucoup d’observations a été la méconnaissance des formes abortives qui de plus en plus sont apparues d’une fréquence extrême, Elles se présentent avec une symptomatologie plus ou moins complète. Il n’est pas douteux que les formes légères sont très nombreuses et passent inaperçues.

Netter et Levaditi ont montré que le sérum d’'individus suspects de poliomyélite sporadique et d’une poliomyélite à symptomatologie fruste et abortive avait acquis des propriétés neutralisantes pour le virus poliomyélitique.

Cette expérience prouve à quel point les formes indécelables de la maladie réalisent l’état d’'immunité chez le porteur de germes, ce qui concorde d’ailleurs avec les données de l’épidémiologie générale. C’est probablement en effet pour s'être immunisés dans leur première enfance par le contact de germes antivirulents que les adultes, dans l’immense majorité des cas, sont devenus moins sensibles à la maladie,

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C'est au cours des diverses épidémies d’encéphalite léthargique que furent constatés les cas de chorée aiguë fébrile. En 1920, nombreux sont les auteurs qui publièrent sur ce sujet. Ardin Delteil et Raynaud (d’Alger) mirent presque les premiers en évidence les formes choréiques dans l’épidémie d’encéphalite léthargique qui sévit à Alger en mars 1920. Ces auteurs notent des phénomènes d’agitation choréique dans 50 0/0 des cas d’encéphalite en 1920 ; encore Lereboullet et Mouzon publient deux cas de syndrome .choréique vrai dans l'encéphalite épidémique. f |

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