‹ Essais Cliniques sur le Rapprochement Étiologique de Maladies d'Aspect DifférentChapitre 8 sur 13 · SIMILITUDE DE SYMPTOMES ET SUCCESSION MORBIDE · texte numérisé non relu

SIMILITUDE DE SYMPTOMES ET SUCCESSION MORBIDE

On est frappé par ce fait que souvent une des maladies dont nous parlons est consécutive à une autre maladie qui fait aussi l’objet de cette étude, et il nous semble que cette succession dans la morbidilé &@e ces affections est un argument important en faveur de leur rapprochement.

Obs. 1. — MM. Souques et Lacomme publient en 1920 l'observation d’une enfant de 6 ans 1/2 qui présente une chorée de Svndenham typique apyrétique et bénigne caractérisée par des mouvements involontaires et incoordonnés des membres, du tronc, de la tête, de la face, de la langue, prédominant du côté gauche du corps. Ces mouvements scnt modérés, l'enfant peut marcher mais ne peut manger seule. Ses réflexes cutanés et tendineux sont normaux. Elle n'offre aucun trouble de la sensibilité subjective ou objective, aucun trouble trophique ou vaso-moteur, ses pupilles sont égales et réagissent bien à la lumière et à l'accommodation. En dehors d’une certaine exagération de l’émoti-

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vité il n'existe aucun trouble psychique appréciable. Tous les viscères, le cœur en particulier sont normaux.

Ces mouvements choréiques ont débuté il y a six semaines, d’une façon insidieuse et lente. Les parents ont d’abord remarqué une certaine gêne de la marche, et une huitaine de jours après, une maladresse de la . main gauche et quelque difficulté à parler. Peu à peu les mouvements involontaires ont augmenté d’amplitude et se sont étendus à tout le corps.

Or, le 7 ou le 8 mai, un mois avant le début de cette chorée, l'enfant avait été prise brusquement d’une affection singulière caractérisée par une fiévre élevée oscillante entre 39 et 40 qui dura une quinzaine de jours. Pendant cette période fébrile, elle dormait continuellement. Dans la journée elle avait 4 ou 5 accès de sommeil qui duraient 1 ou 2 heures chacun.

Cet état de somnolence persista trois semaines. -On diagnostiqua une encéphalite léthargique. Il ne semble pas que l’enfant ait présenté à cette époque de la diplopie. Elle se serait simplement plainte un jour de voir trouble. Elle s’est levée au bout de trois semaines et est revenue a l’école. Mais une courte rechute est survenue accompagnée de fiévre légère et de brefs accès de somnolence. Et c’est 8 jours après cette rechute qu’on a remarqué pour la première fois de la gène de la marche et le début de la chorée.

En résumé, chorée de Sydenham bénigne et apyrétique à début insidieux et lent, à évolution progressive, survenue quelques jours après la terminaison d’une encéphalite léthargique et persistant depuis 6 semaines.

Il serait irrationnel d'admettre ici une pure coïncidence; à notre avis une relation de causalité s'impose. Une infection peut produire la chorée vulgaire pourvu qu’elle atteigne dans certaines conditions une région déterminée de l’encéphale.

En 1920 encore MM. Aviragnet, Armand-Delille et P. Marie publient un cas d’encéphalite épidémique à type choréïque avec paralysies oculaires et laryngées et ils concluent :

Obs, IL (Résumée). — «IL s’agit ici d’une encéphalite épidémique ayant débuté sous la forme léthargique par de la fiêvre, avec de la somnolence qui n’atteignit jamais la léthargie, mais qui fut suivie au bout d’un certain temps par une phase choréique prolongée, avec paralysies oculaires et laryngées. N'eut été la présence de ces paralysies et l’existence de l'épisode léthargique, le diagnostic qui s’imposait était celui de la choréc de Sydenham. Le début brusque des accidents choréiques, lymphocytose céphalo-rachidienne, l'hyperglycorachie qu'on a invoqué à l’appui du diagnostic d’encéphalite épidémique faisaient défaut dans notre cas. Il est vrai qu’on ne constatait pas non plus de manifestation articulaire ni cardiaque qui eussent plaidé en faveur d’une chorée véritable. On conçoit combien alors le diagnostic entre les deux maladies peut offrir de difficulté en l’absence d'un critérium biologique certain. »

MM. Ardin-Delteil et Raynaud, Lereboulletet Mouzon, Claude, Rose et Piédelièvre ont publié en 1920 plusieurs cas de chorée au cours ou à la suite d’encéphalite lé-

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