GÉOGRAPHIE
SUR
Le département des cartes et plans, à la Bibliothèque du Roi, n a été fondé qpu'en 1828 ; et l'attention publique ne nous paraît pas avoir été suffisamment appelée sur les^grands progrès déjà obtenus dans ce nouveau département. Ces progrès sont pourtant une des meilleures preuves du zèle éclairé de messieurs les conservateurs , auquel on s^accorde avec raison à rendre hommage. Aussi croyons-nous remplir utilement une lacune dans les renseignements littéraires en donnant ici des détails peu connus sur cette partie de leurs améliorations.
Ce qui a pu contribuer d'abord au peu de popularité du nouveau département géographî-
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que , c'est , d^une part , Tépoque de toiirmentef politique où il achevait de s'organiser ; de l'autre i le local provisoire qu on a été obligé de lui assigne!*, en attendant que les nouvelles constructions de la Bibliothèque, sur la i*ue Vivienne , permissent de loger convenablement ce vaste magasin de toutes les sciences. Avant la réunion des bâtimens de l'ancien Trésor avec ceux de. la Bibliothèque « on û'aurait pas même pu trouver à loger cette addition d'un nouveau dépôt distinct ; et , avant la fin des nouvelles constructions , on ne peut même le loger que provisoirement^
Messieurs les conservateurs sont trop expé-* rimentés pour ne pas savoir l'effrayante portée qu'a chez nous ce mot provisoirement Aussi ont-ik cherché à améliorer le provisoire en transportant le dépôt des cartes à la suite de celui des estampes #
Cet arrangement) la meilleure disposition provisoire que l'on pût adopter, a peut-être rinconvénient de placer d'une manière trop accessoire un dépôt d'un grand intérêt. C'est la condition du dernier venu. Il est fâcheux que ces exigences du local , en ne permettant pas
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de mettre cette collection plus en évidence , re^ tardent ainsi les progrès que les soins de messieurs les conservateurs désirent imprimer à la géographie, beaucoup trop négligée parmi nous.
C'est là une autre cause du peu de popularité de ce dépôt * et elle est assez grave pour y donner quelque attention*
€ La géographie , disait Voltaire » est une de ces sciebces qu'il faudra toujours perfectionner... Personne n'a encore pu faire une carte exacte de la Haute-Egypte , ni des régions baignées par la mer Rouge , ni de la vaste Arabie. Nous ne connaissons de l 'Afrique que ses côtes ; tout l'intérieur est aussi i^oré qu'il l'était du temps d'Atlas et d'Hercule. Pas une seule carte bien détaillée de tout ce que le Turc possède en Asie. Tout y est placé au hasard , excepté quelques grandes villes dont les masures subsistent encore. Dans les états du Grand-Mogol, la position relative d'Agra et de Delhi est un peu connue ; mais, de là jusqu'au royaume de Golconde, tout est placé au hasard. On sait à peu près que le Japon s étend en latitude septentrionale depuis environ le trentième degré
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jusqu'au quarantième; et, si Ton se trompe, <îe n'est que de deux degrés , qui font ^iTiron idnquante lieues ; de sorte que , sur la foi de nos meilleuri^s cartes , un pilote risquerait de s'égarer ou de périr. »
On voit, d'après ce passage du Dietimmaire philosophique , les progrès réels que la géographie a faits depuis soixante ans. Nous désirerions en dire autant de la connaissaiïce de cette seience importante parmi nous. Mais le goût a été loin de s'en répandre dans une proportion qui répondit à ces mêmes progrès. Un savant, dont on ne peut trop, louer les nobles efforts pour populariser cette étude importante , écrivait tout récemment encore : « Qui peut voir , sans la déplorer , l'ignorance de la plus grande partie de la population française en matière de géographie? l'Angleterre, k Prusse, l'Autriche , la Russie même , et presque toute l'Allemagne font rougir la France de son incurie à cet égard. > Cette incurie va même au point de faire entièrement méconnaître le degré d'importance des études géographiques. Aussi croyonsnous ne pas être inutiles en appelant l'attention de nos lecteurs sur l'intérêt de l'établissement
central où doivent aboutir et d^où doivent rayonner tous les moyens d'instriiction en ce genre.
Un tel étal)lissenient n'existait pas en France il y a moins de huit ans , car l'ordonnance qui crée le dépaitement des cartes et plans à la BiUiothèque du Roi est dii 50 mars 1828* Jusque là , les richesses géographiques possédées par la BiMiothèque étant réparties entre lé département des livrés imprimés , celui des manuscrits et celui des estampes , n^étaient qu'un accessoire pour les savants chaînés de la conservation dé ces différents dépots , et qui n'avaient pas la géographie pour spécialité. Le ndn^hi^e d'employés dont ils disposaient était d'ailleurs nécessaire tout entier au senîce de leur département. « C'est pourquoi , dit M. Jomard , ces pièces n'avaient pu être , jusqu'à présent , ni classées , ni cataloguées , ni estampillées, ni même comptées et inscrites sur des listes ou des bulletins : partant^ pas de moyens de contrôle. Comment eût-on pu découvrir et fournir aux travailleiffs , à moins de recherches d'une longueur extrême , telle carte donnée, sans négKgOT le service plus impérieux des livres
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imprimés ? Comment s'assm*er aussi de l'existence de telle pièce rare et précieuse dans les portefeuilles ? Le public laborieux ne pouvait donc être satisfait pour les demandes de cartes géographiques : comment aurait^il afflué à la BiUiothèque pour les consulter? »
L^insouciance du public français à cet égard semblait donc en quelque sorte justifiée par celle de l'administration , se mettant elle-même à la remorque d'un prqugé général , au lieu de chercher à donner une puissante impulsion pour le détruire. Une réunion particulière , là Société française de Géographie , était le seul point central pour cette science ; mais elle avait pour but ses progrès et non sa popularité. Le gouvernement devait envisager la chose sous un autre point de vue qu'une assemblée de savants : ce qu'il devait au public , c'était un foyer d'instruction pour tout le monde.
Nous voyons dans les considérations que le conservateur du nouvel établissement se crut obligé de publier , et que nous avons déjà citées, que l'on prétextait le peu d'empressement du public d'autrefois à consulter les cartes de nos bibliothèques pour refuser d'enrichir, en ce
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g^ire , les collections nationales , et Ton expli* quaît ce peu d'empressement par la pénurie des ressources , pénurie qu'exagérait le manque de notions précises sur tant de trésors en-fouis.
Le seul moyen d'échapper à ce cercle vicieux était d'inventorier ces richesses , de les réunir , de les classer. Pour cela , il Mlait à la fois un savoir spécial et une mission spéciale. On ne saurait trop se féliciter d'avoir ces conditions réunies dans un homme qui avait déjà attaché son nom à deux nobles entreprises qu'il avait menées à bonne fin. L'une est la publication du grand ouvrage sur l'expédition d'Egypte , et l'autre les progrès de la civiHsation de ce même pays par l'instruction des indigènes en France. n y avait , dans un tel choix , d'heureuses garanties pour la fortune du nouvel établissement. Nous montrerons tout-à-l'heure quelques-uns des résultats importants auxquels le zèle éclairé et persévérant de M. Jomard est déjà parvenu. Mais auparavant nous ne devons pas oublier que l'éducation géographique du public , si l'on peut s'exprimer ainsi , commence à peine , et que la plupart de nos lecteurs doivent se trou-
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ver sous Tempire des préjugés qui prouvent justement l'utilité de l'institution obtenue.
Au lieu de nous faii*e illusion , il vaut mieux reconnaître l'infériorité pu nous met , à coté de la plupart des autres peuples , l'ignorance près* que générale, ou du inoins la connaissance trèsinsufiisante de la géographie , qui règne parmi nous. Gela est d'autant plus saillant, que la France 9 fourni à cette science des illustrations du premier ordre , et qui ne le cèdent en rien aux plus célèbres géographes étrangers. < Et qu'on ne dise pas , remarque si bien M. Jo* m£^*d , que les N» Sanson , les de Lisle , les d'Anville , les Gassini et d'autres encore , ou bien quelques illustres voyageurs et naviga^ teurs français , les Fleurieu , les Bougainville , les La Pérouse et un grand nombre d'hommes habiles qui leur ont succédé , et qui honorent le temps présent , que ces hommes ont obtenu dans un peu de renommée le prix de leurs travaux. Leur dévouement à la cause des sdences et des découvertes devait avoir pour véritable fruit l'avancement de la géographie en France, les progrès de l'enseignement géographique et Textension des connaissances , et c'est ce qui
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n'est pas arrivé : leur njérite n'en est que plus grand ; mais il n'appartient qu'à eux , et il n'a pas eu sa digne récompense. >
Dans cet état de choses, on regarde comme très-su£Ssants quelques atlas composés d un petit nombre de cartes générales , pour offrir une idée dé l'ensemble , ensuite des cartes partiales , jmntes aux livres de voyages , d'expéditions qu'elles éclaircissent ; puis quelques cartes de circonstances , bâclées à la hâte, pour pouvoir suivre, tant bien que mal, l'événement du jour. Un dépôt géographique spécial semblerait donc, d'après cela, un luxe inutile.
M. Jomard, apercevant, dans les antugéographes qui raisonnent ainsi , l'absence des premiers principes d'une science par eux si mal jugée , n'a pas dédaigné de leur en expliquer, avec la simplicité d'un enseignement élémentaire , les plus humbles notions primordiales ; mais il l'a lait avec la supériorité d'un des maîtres de la scielice. t Qu'est-ce qu'une bonne carte géographique ou topographique, se demande-t-il, sinon la représentation complète d'un cert£^n ordre, et souvent d'une multitude coBsidéi^le de faits scientifiques , rassem-
blés dans un seul cadre, de résultats, d'observations positives, rapprochés sous la forme la plus commode et la plus claire? D'un seul coupd'œil , en effet , vous y embrassez plusieurs systèmes entiers : l'aspect phyi^ique , les distances des lieux , les rapports d'état à état , de province à province, les divisions politiques; la forme , l'origine et l'issue des bassins , soit de premier, de second ou de troisième ordre ; les moyens ouverts où les obstacles opposés aux communications intérieures et extérieures , drconstances qui règlent tous les rapports du commerce et de l'industrie , qui président aux questions de paix ou de guerre; en un mot, presque tous les éléments des rapports sociaux. » — € On lit un livre , on perçoit , pour ainsi dire , une carte. Un livre se lit mot par mot , et page à page ; une carte permet d'embrasser tout un sujet à la fois ; une carte est aussi une description comme un livre de géographie , mais une description graphique. Chacune de ses productions s'adi^esse à une faculté différente de l'intelligence. »
Avec la même netteté simple et philosophique est démontrée ensuite la différence qui
existe entre une carte géographique , produit d'opérations mathématiques , dont le premier mérite est dans une rigoureuse exactitude , et une estampe , produit de l'art et du goût.
Voilà donc les caractères distinctifs d'une carte bien définis. Le savant académicien , en ayant démontré l'intérêt spécial, obtint pour cette branche des connaissances humaines un établissement particulier, comme ceux qui hd sont consacrés depuis long*temps dans les principaux états de l'Europe. Aux collections à peu près enfouies jusqu'alors à la Bibliothèque il a joint la récolte de ses visites dans les combles du Louvre et dans les greniers de l'Institut. A ces investigations ont été dues plusieurs des curiosités géo^aphiques les plus remarquables, telles qu'une immense carte de la Chine , sur taffetas , que signalent à la fois la candeur de ;Ses dimensions , le' fini de ses détails et la déli* catesse du caractère d'écriture ; une carte d'Amérique, de 9 pieds et demi sur 8 pieds, peinte en 1601, a Florence, arrivée, on ne sait comment, à la Bibliothèque , et que M. Jomard a fait restaurer de manière à lui rendre tout son éclat. Parmi les plus anciennes, on doit citer celle de
la France , peinte pour Charles IX , par Hamon filésien, en 1568 » véritable miniatnre et chei^ d'œuvre de travail et de finesse* ËUe est exposée dans une des salles du local provisoire. Là le conservateur, pour stimuler un peu Tinsousiance du public au sujet de la géographie , a cherché à piquar sa curiosité en exposant à ses r^rds un choix varié de ce que la collection présente de plus saillant*
A côté de cette oe^uvre délicate du seizième siècle, se voit avec intérêt une planche en cuivre , gravée par les Arabes et trouvée à Bélida , régence d'Alger* On y a tracé le plan du tombeau de Mahomet à la Mecque et la description détaillée de sa personne. Les caractè* res sont disposés d'une manière bizarre et symbolique; la gravure provenant de cette planche se trouve en regard , et un plan détaillé du tombeau de Mahomet édaircit la partie du texte arabe qui s'y rapporte. Une admiraMe carte du sud-est de la France , par d'Anville , montre que cet homme illustre jo^nait à sa profonde érudition une précision de dessin, une netteté dans l'écriture et dans les moindres dé^ tails, qui faisaient de lui un géographe accomph*.
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Cette salle et celle cpii la préeède affirent encore beaucoup d'aaires objets curieux , tek qu une grande mappemonde chinoise, Êôse pal* les ordres et pour l'usage de Tèuipereur Kazigfai ( 1671 ); la carte de la mer Gaspiennë :, au^ lograj^e donné par Pierre-le*Gr£ffid à k Bibliothèque royale > pendant son voyage à Paris en 1725, et ouvrage du czar ; une carte composée^ à la Bastille, par La Bourdonnais, pendant quH était au secret , dessinée avec une pièce de six liards taillée en plume, sur une mousseline, et lavée avec du marc de café ; l'ancienne carte de France de La Guillotière (1627), et de superbes cartes italiennes , espagnoles et portugaises, de 1476 à 1589, sur peau de vain et coloriées richement; une grande carte bdiandaise, de 1610, représentant le globe entier, couverte de peintures remarquaWes , avec les coutumes des peuples des pays outre-mer, les aiûmaiixiH; les productions. Non loin de ce grand mori ceau est la carte de la Chine , dont nous avons parlé tout-à-l'heure , et qui a été restaurée par les soins de M. Jomard, au point qu'on ne peut plus se figura* Tétat de dégradation où il lavait trouvée.
n a Êdt aussi réunir et suspendre aux murs d une s^Ue basse les vastes cartes exécutées par fragments pour le grand ouvrage sur l'Egypte. Voltaire , qui désirait une carte de la Haute- Egypte , n'en espérait jamais sans doute uitô aussi belle. Et pourtant M. le colonel Lapie en a donné , sur nm moindre écbeUe, une plus parÊdte encwe, e|* qui est un des chefsKl'œuvre de l'art en c^ genre. Tout ce qui concerne l'expédition d'Elgypte , souvenir si cher à l'honorable conservateur, est réuni dans cette galerie, ainsi que plusieurs rdiefs exécutés en Angleterre et en Allemagne , et tels , que la Prusse en emploie déjà avec succès dans l'enseignement. Le plus remarquable est celui de l'ile Glare , dont l'exécution est due aux soins* du grand jury du comté de Mayo , en Irlande. Il est à l'échelle de 1/10080. € Tout est déterminé rigoureusement ^ la hauteur de chaque point important ayant été mesurée. Comme aucun détail quelconque , étranger à la forme du sol , ne distrait l'attention de l'observateur; il y suit de l'œil, avec une facilité extrême , les mouvements variés et infinis du terrain, et presque tous les accidents du sol. Les lignes de
partage y sont figurées de la manière la plus claire. »
« Sur des cartes de cette espèce , continue M. Jdmard, le géologue, l'ingénieur, le militaire, l'administrateur, pourraient lire des resultatsimportants.il n*est pas jusqu'au naturaliste et à l'homme qui s'occupe de Tagriculture en grand, qui ne pussent y trouver des renseignements utiles. Enfin l'homme politique, qui veut se former une idée parfaitement sûre de ce qu'on appelle limites naturelles , doit consulter des cartes en relief de cette espèce , et il évitera de graves erreurs , ou de singuliers quiproquos , auxquels il est exposé en fixant ces limites sur les cartes gravées ordinaires.
Ce procédé si utile , qui constitue proprement ITiypsographie , amènera de grands perfectionnements dans l'hypsométrie , ou indication des hauteurs du terrain sur les cartes gravéeiï. M. Jomard , après avoir tracé tous les avantages que peut offrir une bonne carte , ajoute r « Que sera-ce quand chaque point sera marqué d'un nombre exprimant la hauteur absolue audessus du niveau de la mer? Or cette troisième coordonnée deviendra indispensable comme
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les deux auti?^ auxquelles on se borne actuel ment (la longitude et la latitude) ; addition qui ne peut manquer un jour, bientôt "peut-être,. d'être faite aux bonnes cartes géographiques y et qui leur donnera une bien. plus grande utilité que n'en ont ies^ cartes actuelles les meilleures» une importance nouvelle i^us tous lés rapports sociaux* * ' ' v.
L'hypsographie devieQt dans jb scâaice lobjet d'une l^ajiche que M, Jomard tippelle la géog^ir(ipAie:pure, l'état d^i^ co(ntiben|;g soi^tîs du sein ide$ .eaux , sansautûnëi^a^ç da végétation Du^ieideaninfâlei Vienneat ensuite, l'une après» l'autre ^ da|is Bnensej[gnem$i};; philosophique delà géographie, les différejrtçs ccfmbinmsons qui^ en comp}élant sticcessîyaliettt le tableau sy^ptique de la natures tçl que iiOua 1 offre la Idéalité, portent dans cettç scî^ûce k^ méthode larplus claireet la plus rationnelle* , La base première , le point de dép&rt do <5ette inéthode est l'hypsographie. Ces ingénieux reliofs, qfii l'ont en quelque sorte, créée, sont donc une chose trop intéressante pour que la première, invention n'en soit pas revendiquée comme un, titre nationid. Aussi le con^rvïUeur
fait voir leur première idée en France, en rapprochant des reliefs allemands et anglais les re» liefs sous-marins exécutés, il y a quarante ans, par M. Lartigue, d après les données de la sonde, ainsi que les reliefs terrestres, qu'il a çgalen^ent construits le premier. Ces cartes en relief ne doivent pas ètee^ confondues avec les plans en relief; c est un art à part.
Lesreliefehypsographiques, exécutésd'après les opérations les plus sûres ^ auront encore l'avantage de servir à vérifier le plus pu moins d'exactitude des cartes gravées , et à montrer avec la dernière évidence le danger de celles qui se fabriquent presque clandestinement pour être vendues dans les ports^ et qui , par leura grossières négligences, ont causé la perte de bien des navires marchands*
Nous ne devons pas terminer cet aperçu des principales richesses de notre collection sans citer le plan de lédo, capitale du Japon, gravé et colorié sur les lieux. €e plan, fait pour l'u* sage portatif et journalier, et qui avait servi de la sorte à un missionnaire , est beaucoup mieux exécuté que les plans de Paris qui searvent au même usage; car nous ne le comparons pas au
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grand plan de Paris, en cent soixante feuitlei^/ une des belles acquisitions du dépôt géogra-^ phique.
Tel est donc l'état déjà florissant de cettç collection publique , et telle est la précision des renseignements fournis par le conservateur, qu'il n est plus permis d'invoquer là pénurie des ressources géogt'aphiques comme eitcuse à Findiflerence. La collection est formée d'un ancien fofnds et d'un nouveau. Le premier j consistant dans les cartes déjà à la Bibliothèque , et qui ont été transportées des autres départe- , ments dans celui-là, lors de sa création, se compose d'environ cinquante ou soixante miUe pièces. Le fonds nouveau s'accroît chaque jour de trois manières : par le dépôt légal de deux exemplaires de chaque publication ^^ par les acquisitions ou échanges, et par les dons gratuits. Le zélé coûservateur a déjà ainsi ajouté aux: richesseià qui lui ont été confiées , à son entrée en fonctions, plus de six mille pièces nouvelles, malgré l'exiguité de ses ressources pécuniaires, et malgré le peu d'exactitude que beaucoup d'éditeurs mettent à se conformer à l'obligation du dépôt légal. C'est une chose à laquelle il
serait même urgent que les autorités tinssent la main.
Quant aux dons gratuits , aussitôt que la formation d'un établissement géographique œntral à Paris a été connue à l'étranger un grand nombre de dons y sont arrivés de Belgique, de Sardaigne , d'Amérique , mais surtout d'An* gleterre ; et en regrettant de ne pouvoir citer ici les principaux donateurs ^ il nous est du moins impossible de passer sous silence le magnifique présent de l'amirauté de Londres , qui a offert l'inappréciable collection des cartes marines anglaises , en jgept à huit grands volumes atlantiques et d'auti*es formats ; celui du maréchal Beresford , grand-maître de l'artillerie anglaise , à qui on doit la grande carte d'An^ gleterre , dite de Vartillerie ou d'ordonnance , en quatre-vingt-six feuilles du plus gi*and format, chef-d'œuvre d'exécution; et celui de M. Williams Bald , ingénieur anglais ^ auteur de la grande carte du comté de Mayo, en Irlande , en vingtrcinq feuilles , dont il a fait don à notre dépôt géographique.
Voilà de ndE>les et libérales relations entre
peuples qui ue connaissent plus qu'une rivalité de générosité , quand il s'agit des progrès de la civilisation. U n'est pas en effet de sdence plus propre que la géographie à rectifier et agrandir ces vues étroites qui^^en exagérant les avantages de la vie casanière , rendent ^inemi de toute excursion lointaine j de toute relation au-delà des mers. Vcms êtes bien chez vous , et vous vous y tenez , soit ; mais vous n'en devez pas moins désirer» d'après une vue générale de philanthropie, les succès et la propagation de cette science. Car , portée à un certain point , elle doit finir par ouvrir de nombreux et utiles débouchés à tant d'hommes qui n'ont pas lieu d'être, comme vous , ccmients de leur lot dans cette vie. Que de contrées fertiles, bien boisées y bien arrosées j fertilisées par le plus doux climat , offiriraient la riante perspective d'une colonie prospère à tant de malheureux émigrants , et fourniraient une réponse toute providentielle à ce problème d'une population sans cesse croissante ; problèn^e qui seipble si inquiétant pour l'avenir, et pour leqjiel on s'habitue trop aisément à ne vsoiaf que œs solu-
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titiHS homicides db la guerre et des grands fléaux éptdémlques.
RappeloBS-oous seulement ces lieux délideux et ^itièrement déserts , décrits dasis quelques lettres de notre savant voyageur^ M. G. Texier, et cela, non pas à l'extrémité de l'autre hémilèphère , mais dans ce doux pays de T Asie-Mineure , non moins riche en souvenirs qu'en beautés natm*elles , sur les bords du lac de Nicée , dans la Bithynie , dans la Mysie , dans la Phrygie. Nous n'ignorons pas que le gouvernement du Grand-Turc est peu engageant, et que les avanies d'un aga ou d'un cadi peuvent diminuer singulièrement les agréments qu'offre en perspective le séjour de ces beaux lieux. Nous ne prétendons pas non plus détrôner le sultan pour peupler du surcroît de nos populations les contrées privilégiées de son riche empire ; il y a peut-être long-temps que cette idée germe dans les têtes de ses trop puissants voisins ; mais , nous le répétons , une science propre à faciliter les communications de tout genre entre les peuples les plus éloignés doit amener, par la suite des temps , une ré-
partition plus égale des populations surla terre, et devenir ainsi , pour Tespèce humaine , une nouvelle source de prospérité. Pourquoi douter de pareils progrès , quand nous avons Texpérîence de nos progrès sur le passé ?