‹ Essais d'appréciations historiques;Chapitre 16 sur 57 · DE RÉGENCE D'ALGER · texte numérisé non relu

DE RÉGENCE D'ALGER

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SUE l'addéinistration et la colonisation de ce pay^ A l'époque de la domination romaine ;

FAE UNI COMMISSION fi£ .t'ACASliMlI HOTALX PU l9SGl|n:iûil$ ,

ET BSLLS8-LETTRB8 .

Il y a d'heureux rapprochements dans Vhiik: toire et dans les dénominations qu'eUg inifgDse à la. géographie. Gptte réflexion sera, v^ue et tous ceux quî^ pour suivre 1^ 4ét^. 4^ .iloti*e

* Publiées par Ardre da ministre de la guerre. — Tome I.

glorieuse expédition de Mascara , auront consulté la belle carte comparée des régences d Alger et de Tunis, dressée, jw M* 1® colonel Lapie , et où les noms anciens ont été revus par M. Hase, comme les noms arabes par M. Âmé* déq Jaubertp Sur qett^ carte , exéputœ m. 18S9> on est agréablement surpris de lire au-dessous du nom de Mascara le nom romain de Victoria^ Notre armée a donc fait là de Térudition à sa manière , c'est-à-dire avec de la gloire ; et , s'il était resté encore quelque doute sûr la âxation de cette position, nos soldats y ont coupé court en réimposant à Mascara son nom victorieux. . .

Du reste, cette partie de l'Afrique septentrionale est une de celles qui ôffirènt le moins de traces de l'antiquité , et le travail que nous annonçons n'a pu y Jfedre d'études rétrospectives, comme à plusieurs autres points du même littoral. Gela tient au peu de profondeur du pays Cultivable danj^ cette partîe. ^

'>Q»iahd on s'est àvïincé du 'porî de Mostaga- Aetojasqii^ Mascara; on' à fait plus <5e la moitîé du ol^emin pout ^àï^riehîr ati désert qui V^ ^nd dans le v^s^ ^^P^f^ :^9?^pris entr,ê.le&

Arai<}(7E ROMAINE. ^^9

dwx diahies parallèles de l'Atlas ; et au-delà dé la chaîne méridionale est le grand désert de Sakara. Mnsi le pays cnltitable ne présente gèère qu'une vingtaine de lieues de profondeur.. On.nYrrtPOUve qu'une voie romaine dans le

sens du littoral ; tandis que, du côté de la pi^omuce de €ons tantf ne , et surtout de la régence dé Tunis ^ lest voies romaines s'échelonnerit dans ce même sens jusqu'au nombre de bmt. Ces dejrnières contrées sont d'ailleurs plus voisÎBesdelllaUe, et r^i^mént le territoire <fe. Gai^tfaage^ dont la conquête ouvrit* TÂfriqùe aux Romains. Par une suite de persévérantes ccmqii^ies 9 ils avaient fmi par établir leinr^do- Huoatian en, Afrique, sur toute la ligne iÀi- BKfiéecpiîiidxxitit d'un côté* à l'AbyssiimeV et, de l'autre vaux colonnes d'Hercule. . Le: trai^. demandé par le ministi*e de la gWTEerà l'Acadeime des InBcriptions et Belleià- Leitres R'jeixibrdsae.ni TËgypite, ni même toutes les c6tef • septentrionales ' de l 'Afrique , mais seulement la partie.de ceJiittOFal connue sous le^ Bomidè régenped'Algerv^Gette pos^ssion française G^Mmd à une "portiob de TanêienAie Maf^ ritanie. A l'est; d^Aiger commence la Nlirtiid?e.

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leur point sur ce théâtre si restraat de notre récente conquête; et, pour guider des pas en-* core mal assur éi^ , on demanck avec gravité de^s lumières à rhistoîre.

Tel fut l'objet de la lettre que M. le maréchal duc de Dahnatie adressa , lé 18 novembre 1SS3, à M. le baron Sjlvestre de Sacy, secrétaire pèr^ pétuel|4e l'Académie des Inseriptions.

« L occupation de la régence d'Alger parles troiypiçs fraQçai$€i$ , y ^st-il dh, qui a rendu b^ sécurité au commerce de la Méditerranée cjt ouvert.des. voies moiuvelles à-lacivili^ticin èuron; péei^ne , ne doit, p^s rester sans résultais pdm^ la science» et, de son côté^la^sdencè elle^-m^éanè pieut concourir à cette œuvre de civilisatiûa qui commence en Afrique sous la protection de nos armes. Quelques personnes qui s'occupent avec une attention édairée. des affairés -d'Alger m'ont signalé et j'ai se^ti moi-même les avan^ tages que , sous ce douM0 rapport, pourraient oflrir une bonne géographie de la Mauritanie , sous la civilisation. antiqiiK, et ;une histoîrç /de 1^ colonisation d/^s^ Romains dans cette coiârée^ des in^titutions>7qu'jl^ y avaient if^ndée^^. dos rappû$r);s .qui s'étaient établis eïitrev «usi «bt^iles

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indigènes.. • Ces recherches ne me paraissent pouy<»r être fructueusement faites que par TAcadémie dœ Inscriptions et Belles-Lettres. Leur étendue et leur portée les rendent dignes de toute son attention. »

Pour répondre à ce noble appd , T Académie nomma aussitôt une commission provisoire, cfui ne tarda pas à lui présenter, par Torgane de M. Walckehaer, le programme delouvrage demandé. Ce rapport fut envoyé au ministre , et une commission définitive , composée de JCMrf.Walekena^, Hase et Bureau de la Malle, fut nommée en février 1854. M. Dureau de la Malle > que sa belle monographie historique sur la Topographie de Carthage indiquait naturellemient pour rédiger la partie géographique du travail , est l'auteur du volume consacré à cette partie, et qui ouvre la série des rechercheiS etitr^rises par l'Académie. Ces recherches ont même pris une extension nouvelle, d'après l'invitation du successeur de M. le maréchal Soult, le feu duc deTrévise , qui , sur les observations de M. Dureau de la Malle ^ écrivit à M. le baron Silvestre de Sacy : « En demandant à l'Académie de vouloir Jbien s'occuper

des recherchas historiques propres à faire conimitre l'état de l'Afrique sous la domination des Romains, mon prédécesseur n'avait nullement ^itendu limiter à cette période seule' les inves* tigations auxquelles elle jugerait œnvenaUe de se livrer, et n'avait pas perdu de vue de quelle importance il était, à la fois pour la science et l'administration , de bien connaître égal^nent tout ce qui se rapporte à l'établissement des Arabes en Afrique et des Turcs sur lés côtés d'Alger.

i> J'apprécie, comme M. le duc de Daknàtie, tous les avantages que , dans ce double intérêt, le gouvernement ne mancpierait pas de retirer de semblables recherches , et je verrais avec une véritable reconnaissance que l'Académie ne se refusât pas à étendre jusque là le cercle de ses explorations, j»

Par suite de cette lettre , l'Académie adjoignit à la commission MM. Etienne Quatr^mère et Amédée Jaubert , qui ont été chargés des travaux relatifs à l'établissement des Arabes et de3 Turcs dans la partie septentrionale de l'Afrique.

L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,

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dont les importantes études , chaque jour mieux appréciées , reçoivent , dans cette circonstance , l'utilité d'une application immédiate , ne néglige rien pour répondre, d'une manière digne d'elle j aux demandes des deux illustres maréchaux. Elle a ouvert , à ce sujet , une cwrespondance avec toute l'Europe savante ; et plu* sieors portions de son vaste et consciencieux travail sont déjà fort avancées. Ce premier volume aurait pu paraître plus tôt , si , pour l'intelligence de la discussion géographique à la-

quelle s'est livré Fauteur » il n'eût fallu le secours d'une carte spéciale et détaillée, c M. le colonel Lapie était chargé par le gouvernement de la rédiger sur une grande édielle , en y ajoutant tous les documents nouveaux que le dépôt de la guerre a reçus pendant ces dernières années. La base la plus importante était le relèvemetit des côtes , depuis les frontières de M»* roc jusqu'à celles de Tunis, exécuté par le lieutenant Bérard. Ce beau travail n'a pu être terminé et remis au colonel Lapie qu'en 1855. » Le8 circonscriptions des états modernes ne pouvaient servir de divisions à un travail relatif à l'antiquité : aussi l'Académie , tout en d<m-

nant pour objet principal à ses recherches la contrée qui répond aux régâices de Tunis et d'Alger, a étendu ses observations géographi-* qu^ sur toutes les possessions des Romains dans le nord de l'Afrique , de même qu'dfte a embrassé, dans ses recherches historiques, tout l'espace de t^nps compris entre la chute de Garthage , près de deux siècles avant notre.ère, jusqu'à la prise de la mènote ville par Hassftn , en 697 : car la période de la domination romaine en Afrique s'étend depuis la destruction de la Garthage punique par les Romains jusqu'à celle de la Garthage romaine par les Arabes , et comprend ainsi près de huit s^lés , dont les deux premiers et la moitié du troisième sont employés à la propagation lente et successive de cette domination .

c On s'étonne, dit M. Dureaude la Halle ^ qu en quatre années on n'ait pas soumis , organisé , assaini , cultivé toute la régence d'Alger, et l'on oublie que Rome a employé deux centquarante ans pour la réduire tout entière à l'état de province sujette et tributaire ; on oublie que cette manière lente de conquérir fiit la plus solide base de la durée de sa puissance.

Cette impétuosité française , si terrible dans les batailles , si propre à envahir des royaumes , deviendrait-elle un péril et un obstacle quand il s'agit de garder la œnquéte et d achever lentement l'ceuvre pénible de la civilisation ? »

L'introduction de ce volume expose à grands traits les principaux événements qui amenèrent successivement toute l'Afrique septentrionale au pouvoir des Romains , et ceux qui la leur enlevèrent. L'exposé géographique qui vient après est l'objet spécial du volume. L'auteur y dépouille de tous leurs renseignements géographiques les récits des expéditions dont le nord de l'Afrique a été le théâtre pendant la vaste période que nous avons indiquée. Laissant de côté l'ordre chronologique , il parcourt ces contrées de l'ouest à l'est. Ainsi la pre« mière section, consacrée aux Mauritanies, traite des guerres contre Tacfarinas et de l'expédition de Théodose contre Firmus , dans la seconde moitié du quatrième siècle ; M. Dureau de la Malle dit en terminant cette section : c Le siège principal des guerres de Théodose contre Firmus y de Camille et de Dolabella contre Tacfarinas est dans le Jurjura et à l'entour d'Auzia ,

le fort Hamza f nommé par les Arabes Sour Gazblan. Or ces cantons ne sont pas éloignés d'Alger de pins de vingt lieues. Si la paix sub-* siste entre nous et les tribus de ces contrées, ce seront les premiers points ûù nos officiers d'état* major devront diriger leurs explm^ations. »

La seconde section a rapport à la Numidie. Le premier chapitre traite des guerres de Sittius contre Juba , un demi-siècle avant notre ère ; le second , de la guerre de Scipion contre Ânnibal , deux siècles environ avant la même époque ; le troisième , des gua^res de Métellus et de Marins contre Jugurtha en Gétulie, guerres qui, dans Tordre chronologique, se placent entre les deux précédentes. Celle de Bélisaire contre les Vandales, en 655, qui a pour théâtre la Byzacène , forme le quatrième chapitre ; le cinquième est consacré aux expéditions que dirigea dans le même pays Sak>* mon , successeur de Bélisaire.

C'est ainsi que, l'histoire à la maiii , et dans une main savamment exercée à ces di£Sciles recherches, M. Dureau de la Malle passe en revue toutes les possessions romaines du nord de l'Afrique , depuis Tanger jusqu'à Cyrène.

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Ces doctes développements ne sont pas de nature à être analysés , mais ils ofiirent une mine féconde , dont l'auteur dit avec modestie : c Le but véritablement utile d'un travail tel que le nôtre sera obtenu bien moins encore par ce que nous ferons que par ce ((ùe taôUs engage-* rons les autres à Ésdre. >

L'Académie fera succéder dans les volumes suivants le tableau complet des colonies, la de^ cription du système administratif et judiciaire , la transformation des habitudes nomades en habitudes agricoles. Tel sera l'ensemble de la partie de ce grand travail qui traite de la colonisation romaine. Viendra ensuite la partie , non moins complète , de l'occupation arabe.

c Que l'expérience des siècles passés nous guide et &OUS instruise , dit M« Dureau de la Malle; que la France» que la grande nation , dan» la conquête d'Alger^ ne se laisse pas décourager si vite ; que cette devise : per^everandù vindt y qui résume totrt le prodige de la puissance dé Rome et de l'Angleterre , soit in^rite sur nos drapeaux , sur nos édifiées publics , dan» la colonie africaine «

' Cette épigraphe serait à la fois un souvenir, un exemple et une leçon. »

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