‹ Essais d'appréciations historiques;Chapitre 17 sur 57 · ET DES PROGBES DE L ASTRONOMIE NAUTIQUE AUX JQUINZTEMK · texte numérisé non relu

ET DES PROGBES DE L ASTRONOMIE NAUTIQUE AUX JQUINZTEMK

et seizieme siecles , Par Alexandre de HUMBOLDT.

U est beau de voir le studieux repos d'une vie dont Fénargique et in&tîgable activité s'est vouée à ce qu'il y a de plus rude et de plus glorieux dans l'apostolat de la science. Il est beau de voir l'intrépide voyageur, pour qui les hauteurs prodigieuses du Pérou n'ont pas eu de pics inaccessibles, et qui /trente ans plus tard, a porté la même ardeur d'investigation à l'extrémité des steppes de l'Asie boréale, s'entourer, dans ses nobles loisirs , (jle toutes les res-

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sourœs de l'érudition pour examiner les causes qui ont préparé et amené la découverte du nouveau monde. Cet hémisphère, auquel M. de Humboldt a consacré tant de vastes travaux, et qui lui a rendu tant de pure célébrité, semblait attendre de lui son histoire. Mais les entreprises générales dans lesquelles s'aventure l'inexpérience d'un talent présomptueux sont jugées di£^emment par une vie toute remplie de science et d'action. Embrassant l'étendue d'un immense sujet, elle reconnaît, d'un œil sûr, si le temps est venu d'en exposer l'ensemble ; et quand tout ce qui reste à explorer ne lui montre cette entreprise que dans un avenir lointain, die préfère en approfondir quelques points principaux, qui , traités ainsi, deviennent les bases les plus solides de l'histoire.

Pour» un esprit aussi âevé l'étude du passé augmente d'intérêt en proportion même de ses importants travaux. C'est à un tel homme que se révèlent dans toute leur grandeur ces génies entreprenants qui ont ouvert la route où il s'est illustré. A chaque succès qu'y recueillent sa science et son courage , il se Reporte avec une a^iration mieux sentie vers ses glorieux de-

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Yanciers. Nous bq pouvons nous rdîiser à cîte^ ce que le noble voyageur dit lui-même dé la prédilection avec laquelle il S' est livré, pendant trente ans, aux redxerehes historiques dont il publie aujourd'hui un extrait si substantiel.

f Ayant visité, dans le cours de mespreiaiers voyages, la partie méridionale de rfle de Cuba, les extrémités orientale et occidentale de la Terre-Ferme , et ces c6tes de Guayaquil et de la Punà, célèbres dans Thistoire deg pr^^re^ découvertes, j ai trouvé un charme particulier à la lecture des ouvrages qui renferment leç védts des conquhtadarenf Des investigations faites dans qudques, archives en Amérique et dans les bibliothèques de différentes parties de lIEurope, m'ont facilité l'étude d'une bfSMlK^ négligée de la littérature espagnole. Je me flattais de l'espoir qu'un long séjour dans les régions les nK)ins visitées du nouveau monde, la connaissance locale du clbnat, des sitesi et des mœurs, l'habitude de délwmmer la position astronomique des lieux, de tracer le cours des rivières et des chaînes de montagnes.; enfin le soin le plus minubeùx. de recueil^' les <Uffé* rentes dénominations que, dans b merveilleuse

Yariété de leurs idiomes, les indigènes donnent aux mêmes points» me feraient connaître dans les rédts des premiers voyageurs certaines combinaisons de laits qui devaient avoir échappé à la si^cité des géo^phes et des historiens modernes de TAmérique. Cet espoir a soutenu mon courage» Car, en remontant aux sources, il a Ëdlu étudier des livres dont les uns sont ctfactérisés par la candeui* du vieux langage et une admirable exactitude de description , les autres, par une prolixité emphatique et ce goût d'une fàn^se à:'udition propre aux écrivains monastiques. Je ne me bornais pas aux recherches sur la géographie de l'Amérique et sur rhistoire primitive des peuples, éclairée parFétude des peintures antiques ou des tra^ ditîons et des mythes du Pérou, des Andes de Quito et de Guiidinamarca ; j'étendais mon travail à la cosmographie du quinzième siècle. >

Que de grandes vues renferme ce sujet : la co^moj^aphie du quinzième siècle ! De combien d'érudition il est susceptible, pour y faire la part des génies créateurs et celle des traditions successives qui rattachent cette époque à l'antiquité par l'intermédiaire du moyen âge !

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Car c à toutes les époques de la vie des peu-* pies, dit M. de Humboldt, ce qui tient au progrès de la raison , au perfecbonnaoïent de rint^geuce, a ses racines dans les sièdes antérieurs ; et cette divisicHi des âges, consacrée par les historiens modernes, tend à séparer ce qui est lié par un enchaînement mutuel. Souvent, au milieu d'une inertie àppareiite, de grandes idées ont germé dans quelques esprits supérieurs ; et dans le cours d'un développement intellectuel non interrompu, mais liniîté, pour ainsi dire, dans un petit espace, de mémorables découvertes ont été dues à des imput sîons IcMutaines et presque inaperçues. >

Pour constater ces impulsions, toutes les ressources de la critique sont mises en oeuvre avec un raflSnement d'érudition, s'il est permis de s'exprimer ainsi, qu'on ne peut s'empêcher d'admirer dans un génie aussi vif et aussi entreprenant. Les plus curieuses rechwches sur les textes des anciens géographes , les aperçus ingénieux que la philologie sait Êiire tourner au prdSit de l'histoire, M. Alexandre de Humboldt s'en empare et les discute en {^ilologue consommé, tel qu'était son savant frère. Ce

livré , qui , par là , rappelle l'Allemagne , est écrit en firançais comme ses aînés , et nous prouve ainsi que l'auteur n'oublie pas ses anciens hôtes» et qu'il chCTche à nous consoler de son absence, en nous faisant profiter encore directement de cette nouvelle et si remarquable production.

.Cet examen critiqué est divisé, ainsi que la pré&ce l'annonce, en quatre sections, dont ces'deux volumes nous oflrent seulement la pre^ mière. Ici domine l'imposante figure de Christophe Colomb, qui sans doute ne pouvait être rendue avec plus de détails et de vérité. Les notions neuves et curieuses qui viennent l'é* clairer de tous les cotés sont tirées d'une suite de publications espagnoles qui ont paru depuis 1825, et sur lesquelles l'auteur a jeté un coupd'oeil si fécond, qu'après en avoir tiré les trésors historiques de cet examen critique, il dit encore: c Comparés entre eux et aux premiers récits des conquistadores, étudiés par dès personnes qui possèdent une connaissance locale des sites du nouveau monde et qui se sont imbues de l'esprit du siècle de Christophe Colomb et de Léon X, ces matériaux historiques pourront progressivement, et pendant long-

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temps encore, conduire à des l'ésultats précieux sur la suite des découvertes et l'ancieh état de TAmérique. > Paroles à citw dans un temps où, trop souvent, dès qu'on a touché un sujet, on prétend Tavoîr épuisé. ^

Ces documents espagnols ont été une source plus féconde encore que les textes de Tantiquijé. Car, dans le double examen des causes qui ont PRÉPARÉ et AMENÉ la découverte du nouveau monde, ces documents s'appliquent au second point de la question , beaucoup plus précis et plus susceptible de s'appuyer sur la preuve des faits ; or nous sommes ici dans le respect des &its, leur indication est formellement déclarée indispensable pour iaire juger le lecteur du degré de confiance que méritent les résultats obtenus. Mais cette exactitude ne suffît pas, si l'on n'y jmnt le soin de recudllir tous les faits, pour ne pas donner prise à la critique par une énumération incomplète.

L'illustre auteur a prouvé son respect pour la science par l'attention scrupuleuse qu'il a apportée dans ces deux conditions de la tâdhe qu'il s'est imposée. Non seulement sa manière de citer peut passer pour un modèle de prédh

sion; mais l'immenae quantité de matériaux qu'il a mis ^n couvre, jointe à sa connaissance approfondie des deux littératures classiques, de la littérature espagnole et de la bibliograpliie géographique, proclament un ouvrage aussi complet que le permet sans doute le degré de perfection qu'il est donné à rhonune d'at* teindre.

Les deux volumes de cette première section, écrits tout d'une haleine, ne sont point séparés par des divisions qui indiquent à l'œil le plan de l'ouvrage. L'analyse e^ est peulrêtre plus laborieuse. Gomme nous l'avons dit, nous avons dû distiogn^ar, d'après le titre, les causes qqiont préparé de celles qui ont amené la découverte de rAmériquQ. Aux premières ge rapporte tQUtç la discussion relative à l'antiquité ; aux secondes» tout ce qui concerne les célèhrei^ navigateurs du quinzième siède. Ce qui a empédié d'inlroduire dans l'ouvrage une division aussi tranchée, c'est qm Tignorance et la mauvaise jbî avaient porté une singulière confusion dans ces deux ordres de matériaux ; et il fallait, pow hiOA établir les lait/?, discuter et éclaircir tout ce qui y jetait cette confusion. Ce n'était

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pas la partie la moins diffidle de la tâché de M. de Humboldt, qui dit des grandes conceptions par lesquelles l'esprit humain tente de se frayer une route nouvelle : c On nie d'abord la découverte même ou la justesse de la conception; plus tard on nie leur importance , enfin leur nouveauté. Ce sont trois degrés d'un doute qui adoucit y du moins pour quelque temps , les chagrins causés par l'envie : c'est une habitude dont le motif est le plus souvent moins philosophique que la discussion qu'elle fait naître, une habitude qui date de plus loin que la fondation de cette académie d'Italie , qui doutait de tout, excepté de ses propres arrêts. >

Or les doutes à Ëdre cesser ici sont au nom* bre des idées qui réussissent le mieux près de la médiocrité présomptueuse. Un paradoxe revêtu de ce caractère de dénigrement a toujours plus de chances de se voir accudllir que la vé* rite. Force est donc à celle-ci de se présenter invulnérable, pour obtenir un tri(Hnphe complet , même chez ceux qui ne se soumettent à elle que terrassés par l'évid^Qce.

Les diverses manières dont les prévisions plus ou moins vagues de l'antiquité avaient été

alléguées au sujet de la déœuverte de Colomb, pour le rabaisser ou pour Fexalter, sont nécessairement examinées en même temps que ces prévisions elles-mêmes. Puis l'auteur, après avoir apprécié ce qu'il y a de légitime dans ces préKntiL diverl, 4«nd m. à un chacan de ces anciens textes , pour constater ce qu'il contient réellement en fait de prédiction. Là se trouvent passés en revue, par une critique à laquelle ne sont étrangers aucun des travaux de la philologie moderne , trois passages d'Aristote dans ses traités du Monde ^ du Ciel^ et dans ses Météorologiques, un autre de la compilation attribuée au même philosophe, sous le titre de Récits merveilleux; deux ^idroits de la Géographie de Strabon ; un aperçu de Senèquë le philosophe, et la célèbre strophe du chœur de la Médée de Senèque le tragique , les passages de Macrobe , du prophète Esdras et de Plutarque, dans son traité De la face qui paraît à forbe de la lune.

Le quinzième siècle, habitué à voir dans l'antiquité la source de toutes les connaissances, voulait trouver dans ces divers passages l'indication formelle du nouvel hémisphère. Leur

examen ei^ précédé ici d'une vue d'ensemble , où sont groupées à l'entour de hautes vues philosophiques toutes les moindres traces que l'antiquité a pu nous laisser sur la croyaiice à l'existence d'un autre continent. L'auteur pense pouvoir placer cette croyance parmi les plus antiques opinions hdléniques# Quant à un témoignage direct, le premier est ce que dit Platon sur l'Atlantide de Solon^

c Le mythe de l'Atlantide ou d'un grand continent occidental , lors même qu'on ne le croirait pas importé d'Egypte et qu'on le croirait ptffement dû au génie poétique de So- Ion, date pour le moins du sixième siècle avant notre ère« Lorsque l'hypothèse dc^ ht sphéricité de la terre, sortie de l'école des pythagoriciens, parvint à se répandre et à pénétrer dand le» esprits, les discussions sur les zones habitables et la probabilité de l'existence d'autres terres dont le climat était égal au nôtre sous des pa* rallèles hétéronymes et dans des saisons oppo* sées , devinrent la matière d'un chapitre qui ne pouvait manquer dans aucun trmté de cosmographie.»

De tous les passages où cette idée se trouve

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formulée d'une manière plus précise, aucun ne présente plus le caractère de prédiction que celui de Strabon. Il ne paraît pas que Colomb en ait eu connaissance. On sait que son principal motif était le prolongement démesuré de la latitude des Indes, auquel il croyait d après Ptolémée ; en sorte qu'il s'attendait à trouver l'extrémité orientale de l'Inde, en arrivant par l'Occident, à peu près à la place où il trouva l'Amérique. C'est ce qui a Êdt dire avec esprit à d'Anville, comme le remarque M, de Hum* boldt, que c la plus grande des erreurs, dans la géographie de Ptolémée , a conduit les hommes à la plus grande découverte de terres nouvelles. >

Mais Christophe Colomb lui-même, son fils, leurs amis et leurs ennemis jetèrent beaucoup de confusion sur les éléments prophétiques , si l'on peut ainsi parler, dont l'amîra/ avait suU l'influence. Ce grand homme se montre enfin tel qu'A est, dans ce Uvre , oii les notions les plus authentiques à son égard sont élaborées par une plume digne de l'apprécier. Une par- &ite indépendance de jugement jointe à une prédilection marquée pour l'illustre amiral, le

présente sous toutes ses faoes et lui restitue son originalité grandiose.

c Tout ce qui ne par^dt tenir qu'au cercle étroit des intérêts matériels de la vie s'élève dans l'ame ardente de cet homme extraordinaire à une sphère plus noble, à un spiritualisme mystérieux. Selon lui, la conquête de l'Inde , nouvellement découverte, ne doit avoir de l'importance qu'autant qu'elle accomplit d'anciennes prophéties et qu'elle conduit , par les trésors qu'elle donne, à la conquête du tombeau du Christ. > Il Ëiudrait pouvoir citer tout entier l'admirable portrait de cet homme c reflétant pour ainsi dire en lui tout ce que le moyen âge a produit de sublime et de bizarre à la fois. »

Des rapprochements divers établis ici au sujet du célèbre Génois, il résulte que l'erreur de Ptolémée est loin d'être la seule cause à laquelle il &ille attribuer sa grande entreprise, due à un ensemble d'inspirations reçues pendant de longues années, et tenant à sa position , à ses goûts, aux circonstances de sa vie. Ici l'épisode si animé du vieux Paolo Toscanelli , aux opiniâtres instigations duquel est due sans doute

la persévérance de Colomb. Ici se présente aussi naturellement la question de la part que peut revendiquer le hasard , et qui semble s'augtnenter par la coïncidence remarquable de la découverte fortuite du Brésil. C'est ce qui a fait dire à Robertson qu'il était dans les destinées du genre humain que le nouveau continent fût découvert à la fin du quinzième siècle* Si , au sujet de ces courants qui entraînèrent Cabrai des côtes de l'Afrique à celles du Brésil, dont il fit ainsi la découverte, on substitue le hasard au destin de Robertson (mots dont la présence dans les langues suffit à témoigner de l'impuissance de l'esprit humain), l'on se demandera s'il ne tint pas à des circonstances du même genre que ni Cabrai ni Colomb n'abordassent au Nouveau-Monde. Que de circonistances, en effet, pouvaient empêcher l'entreprise de Colomb d'arriver à bonne fin! Une note de M. de Humboldt fait mention d'une circonstance de ce genre bien remarquable.

€ M. Navarette pense, dit-il, que du 19 au 22 septembre 1492, époque à laquelle l'amiral crut apercevoir tant de signes de terre, il approchait des brisans que des navigateurs espa-

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gnols assurent avoir décoiiver^ si^r le graijid banc de fucus (goémon flottant)^ Fan i8pSt.,s Dans la nuit du 21 septembre, Colomb n'aurait été qu a quatre milles marins au nordr-est cl^ ce danger, qui aurait pu retarder la déco^ver|e du Nouveau-Monde jusqu'au 22 avril 1500, jour o^ Pedro Alvarez Cabrai, dans son vQyage de r(nde, fut jeté par le§ courants sur les côtes du ^ésil. >

Mais^ en cJtiangeant, un instant, ces 4eiix cir* constances fortuites, c'est-à-dire eu supposant que Colomb ait été victime des brisans et qi;^ iÇabral n'ait pas été jeté sur les côtes du Brésili d'autres circonstances auraient-elles ren^u è peu près nécessaire 1^ décoiaverte du. Noirve^ur Monde? M. de Humboldt le démontre d'abord aussi bien que \ peut se démoijitrer une bypor thèse d'intervertissement dans l'irréyocabte passé. Puis, des conjectures de cette dénv^ustra^ tion, il passe na^turellement à ex^min/er les traces qui subsistant encore des relations ânté* rieurçs à Christophe Colomb entre les deux continent^. Un vaste édiifiçe historique s'élèye déjà de p)usiem*s côtés sur ces antiquités am^ ricaines, uniefi^ à ceU^ss^ d^ VAsiç ori^eopit^le et d(^

la Scandinavie. La dernière' partie de VExamen critique nous feit assister à Télaboràtion de cette grande page de l'histoire dû gehite humain, en' nous signalant depuis les premiers aperçus qui entrevirent ces faits jusqu'aux ouvragés où ils sont déjà eiposés en partfe d'une manière précise, jusqu'à ceux même où se prépare là suite dé ces recherches. Car leurs auteurs s'honorent trop des relations qui ïes: rapprochent du. grand voyageur pour ne pas lui donner avec empressement comniunication de leur plan et[ (fe leurs travaux.

Indiquant à grands traits tes résultats principaux de ce que l'auteur des Monuments des peuples indigènes de l'Amérique peut regarder

comme son école, il établît l'absence de traceshistoriques d'une communication entre les deux rives du déti'oîi de Beheririg, distantes seule-^ ment de dix-sept liettes marines et demie, point le plus rapprodié des deux coSitinents, ou bien parla longue diaîne arquée de^ île^Âléoutiennes , qui joilit presque la peninsiile oiàentale asiatique du Kamtchatcka à la pointe occidentale de k péninsule américaine d'Alaska. Pour ce qu'U y a de probable dans cette double commu-

Ilication , il Êiut se borner, en l'absence de preuves, à cette r^exion générale émise un peu plus loin : « Peut-être les diverses Êimilles du genre humain ont-elles seulement renoué des liens qui avaient déjà subsisté dans des temps antérieurs à toute réminiscence historique. »

Quant à d'anciennes relations qui aient im* porté dans une partie de l'Amérique méridionale l'influence de la civilisation asiatique, elles paraissent indubitables par la comparaison des monuments , des divisions du temps * des cos» mogonies et de plusieurs mythes du Mexique, du Guatimala, et du Pérou* c Ces analogies frappantes , avec les idées de l'Asie orientale, annoncent d'anciennes communications, et ne sont pas le simple résultat d'une identité de position dans laquelle se trouvent les peuples à l'aurore de la civilisation. > . Par quelles voies? L'auteur avoue l'obscurité qui entoure encore cette question. Il pense que si la solution peut eiï être un jour espérée par l'histoire , elle sera trouvée dans l'Amérique espagnole. ; commç c'est en Danemarck et en No^rwége, par l'étude des anciennes sagas.

qu*ont été vérifiées d'une manière c^'taine les communications des anciens Scandinaves avec le Groenland.

Ici nous sortons entièrement du champ des conjectures, de la recherche des analogies, de Texamen des probabilités, et nous entrons dans la voie directe de l'histoire avec son cortège de noms, de dates, d'événements principaux. Dans la seconde moitié du dixième siècle, Éric Rauda passe de l'Islande au Groenland. Son fils, Leif Ëricson étend ses découvertes au commencement du siècle suivant , en 1001 ou 1005. H passe même sur le véritable continent américain, et la côte où il aborde reçoit le nom de Vinland, de l'explication œnologique donnée à ces Normands, à la vue du raisin, par l'Allemand Turker qui les accompagnait. Cette vague dé^ nomination de Vinland paraît s'être appliquée à la côte qui s'étend de New-York à Terre- Neuve, pays où croissent en effet cinq espèces de viiis^ La principale station qu'y firent ces. navigateurs intrépides parait avoir été alors à [''embouchure de Saint-Laurent.

« Le dernier voyage, dont une tradition certaine is'est conservée, est celui de. l'évêque

groenlandais Eric, qui se rendit daqs le Vinland pour y prêdier l'Ëyai^e. Les établissements du Groenland occidental, trèsrflorissants jusque dans la moitié du quatorzième siècle, furent ruinés progressivement par des monopoles destructeurs du commerce, par Tinvasion des Esquimaux eu 1349 ou 1579> par la peste noire qui ravagea le nord, dp 1547 à 1551, et parl'attaque d une flotte Qnnçmie donton ignore le point de départ. j>

Il est bien remarquable que cette coloni^tion du Groenland^ par les Normands, ait laissé des traces historiques jusqu'au con^mencement de ce quinzième siècle que Colomb devait terminer par Téclatante 4écouverte du Noweau Monde. La série des évoques groenlandais va jusqu'à l'année 1406 ; et le pape Eugène IV en avait désigné encore un en 1435. Âu$^ un voyage que Colomb fit en Islande et aux îles Feroe , une vingtaine d'années avant son premier voyage^aux Antilles, avîôî &it supposer à Malte-Brun, qu'il avait qu connaissance des anciennes communications de l'Islande avec le Groe^nland. On a même induit^ d'un passage d'une de ses lettres que lui-même avait topçfa^

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