‹ Essais d'appréciations historiques;Chapitre 23 sur 57 · PRETENDUES ANTIQUES DE NÉRAC · texte numérisé non relu

PRETENDUES ANTIQUES DE NÉRAC

On pôurrart faciJement feire^ du igritt^^f^luiMi m-4<''de rhistoire dfsiifêdri{$tioii&'prtéM!iidttéi^ antiques de Némc, en y jmgniatit leiifiKÎadpalâs pièces à l'appui dit panretdu doutre daoïs cetti^ étiiange polémiquei La qtiieétion eià:aiï|ôyrd'h# décidée au tribunal de la justice comme à celui de FéruditÎQn ; ei; Mw vOhrédn ^ :qmf^ là ville de Néraciccusa dB4&'étreappropraé<lé§mbnuiDe^^ d'antiquité provenant de fouilles^ publiques ^ |i été reconnu pour» être Tauteur de cei^ nionti*^ nieiïts. Les copies des ii»:a*iptiotip dont ildtâii accompagné ses sculptures ayant èlé ddreg^é^s àTÂcad^ie royale deslnscttiptions ee B^ted^ Leltt^/pat* M)M[i dû Mège, louannet et Chafii-^ drue de Grazannes, y furent reconnues feuftses;; et M, le baron Silvestre de Sacy, secrétaire perpétuel, écrivit dans ce sens à M. le baron Chaudruc de Grazannes.

iNàtlMPTfONS ifk KÉR AC . 3 1

De grancfes rédamatioiis s'élevèr^t alors contre rinsùtut, <fe la part de beatiéôup de persokinês qui avaient admif^ léi^ bâsHrèliëfs dé M. Ghrétoiet les avaient crus àhfiques; On prétendait' que k vue de ces montittieÀtd , noii moins qi^le texte des inscriptions, étant hécessaire avant de prononcer sur tek dernières ; rAcadémiets^^taic trop avàtièéer. ! Ce r^isënnet ment (flie paraissait peu juste ; car il y a cërtàiti genre d'anachronisme dans une inscription supposée, qui donne à la critique le plus sûr moyen penf^t^e de nier Tau thentîcité d'un toonwnient. 'Les faits sont^veaus prouver qi/ellë av^ea 1^ droit â'affînnek* et le mérite de prédire;' Maîs' la vue du princij^l bais^rfeKef déf M. Ghi^tin^ eKvoyé â Paris fen juiltet i Î856^, ta^a feit eompr^drfe jusqu'à lin certain pioint, je dois le dîrey llnsistanee des p^tisans de son anthaiticité. Il éi^l impossible, en effet, de mieux iunter la sculpture antique que ne Yk fait l'habîlé <|irtîstedè Nérac; et si ses cionàtàissahbes dans^ila^ langue «t dans l'histoire des Romaini^ atesi^ht -été^ e^les à èm talent en i^culptut'e, iF éÀt à? peu ptè^ sûr que- soii ingénîeuéè pfaijîati- «eric aiirtîii complètement réirsàî . '

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Qum qu'il en smt, il y eut presque du courage, au mois de mars 1835, à nier Tantiqijité des monuments d& Nérac, comme je le fis , le premia*, d'une manière détaillée, dans l'article suivant. L'espèce de retentissenaent qu'a é uce morceau, surtout dans le Midi, m'engage à fe reproduire te:$tuellement* Joint aux lignes qui précèdent, il pourra mettre suifisâmment leléc* teur au courant de cette pol^ique bizarre.

Il se passe, depuis quelqite teotops^ dans le midi de la France, un yéritablê mystère d'iniquité archéologique. Le but ii'm est pas &idle à comprendre. Si c'est le projet d'une mystifia cation, elle pourrait bien finir par retomber sur ses auteurs. Quelqu'un, à qui l'étude de l'his-' toire et de ses divers monunienls a dcmné ceè connaissances. qu'une saine critiqué fait serxîr à la recherche et au triomphe dç 1» vérité, pa* raît s'être persuadé qu'il en était venu an point de pouvoir jouer Içs plus halN]^ ; et, par je . né sais quelle idée méphistophélique /A a voulu» de gaîté de cœur, introduire upe loi^ue .&bl^ <^ son invention dans cette pauvre histoire^ si

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souvent altérée par des erreurs de bonne foi ou par ces grands mensonges que de puissants intérêts dictait aux contemporains eux^^mêmes.

Peut-être s'est-il demandé si les bases de l'histoire, auxquelles il avait consacré Ken des veilles, offraient réellement une authenticité que la critique eût les moyens de constater. Il aurait alors cherché à en faire l'épreuve, en concentrant toutes les données que lui fournis* «aient ses études, et les ressources d'un esprit adroit et inventif, pour forger , de concert avec un sculpteur, dont il aurait dirigé les travaux clandestins , des inscriptions et des bas-reliefs ressemblant à l'antique, autant qu'ils étaient capables d'atteindre cette ressemblance.

Quant à l'explication quileiœ ferait supposer

l'intention d'arriver par là à des honneurs litté^

raires, il nous l'épugne d'admettre un pareil

motif, à plus fwte raison l'intérêt tout-à-fait

grossier de vendre comme authentiques ces

antiquités de leur fabrication. Les ouvriers de

Rome ont un talent connu pour imiter les pe^

tites mosaïques et autres bijoux vendus comme

antiquités à des amateurs étrangers. Ils dirigent

toute leur adresse sur l'imitation d un genre de II. 3

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monuments restreint et de petite dimension. Que de choses, au contraire, ne iaudrait^il pas savoir et embrasser pour forger une suite d'in* scriptîons et de bas-reliefs, et les laac^ dans le mondé savant, comme d'importants originaux qui vont changer de face Thistaire d'une époque! Ce n'est plus à quelques gens du monde, prétea» dant au tiire plus ou moins légitime de connais** seurs, qu'il hnt soumettre cette fausse monnaie archéologique , si on veut lui donner cours par une approbation compétente; c'est à des pri* cbéologues dignes de ce nom, c^est à l'Àcadé* mie des Inscriptions et Belle^Lettres , où iâ science historique réunit toutes les nuances: numismatique, archéologie, géographie, cri^ tique, philologie, technologie, artq>igràphique» philosophie de l'histoire et caractères distinctifs de ses différentes époques.

Aussi la Êiusseté de monuments si complir qués ne pouvait-elle manquer d'être aussitôt reconnue par cette savante compagnie, qui en a jugé la démonstration indigne de l'occuper. Mais, comme en Italie et en Allemagne, plus d'une docte plume s'est attachée avec complaisance à oette réfutation, nous ne voulons pas

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que d\k silence; absolu de Farphéplogie fratiçaise on p piçse arguer contre ga dairvoyance lat cljercher encore un njoyen de défeqdre cet^ ri^îcule imposture* Nous ayons mêipp ]jeu de croj}^^ qu'en la démasquant id uQus up §^pns pqs désapprouvé à Tlnstitut.

Nous nq voulons pas nier que les aul;isqrs da cette fraude littéraire n'aient choisi avçc arl les circonstances de temps et de lieu, Tvop de dartés étaient répandues ^ur uu siède icoQune celui d^Âuguste; la langue y était trop hi^n fixée pour que le moindre indice de frau<ie ne fût à lïnstant dévoilé. Passé CoiïSfântin, 1* civilisation bysantine offre une c.omplicai;ion d^ caractères très-difficiles à imiter ; et, dans legi?;r pie de cet empereur, où luttèreut ce§ deuiL civilisations, il jaillit jà^ cette lutte uo foule de documents, aussi précipux pqur h^ yéritahle Jiisr toire qu^ conljrariajutç pour l^ bi99rr0 entreprise des fabricauts d'antiquités*

C'était donjc dans les temp§ qui précéiièrenf le bas-empire et le triqmphe 4u christianiçfxie, à cette jépoque où la fionfusion toujpuf ^ croissante portait partout la désorganisalipn dani^ oet^ spciété encore soutenue par l,es forl^$ in-

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stitutions de Rome, la puissante métropole, c'était là qu'il fallait mettre la scène des contes que l'on voulait donner pour des faits , et il fallait choisir pour leur théâtre, non pas quelque grande et importante municipe, non pas même quelque colonie du second ordre, mais une ville tout*À-iait inconnue dans l'antiquité, où, trèsprobablement , elle n'existait même sous aucune forme. C'était tailler en pleine étoffe. Nous allons voir jusqu'à quel point ce premier choix a été heureux.

Les fabricateurs des monuments dont nous parlons, habitant le sud-ouest de la France, n'étaient pas embarrassés pour y choisir une ville déjà célèbre du temps de l'empire romain. Bordeaux, Rhodez , Gahors, Toulouse, Agen, Bazas, Giutat, Auch, Saint-Bertrand de Gomminges et plusieurs autres s'offraient à leur choix. Ils l'ont arrêté sur Nérac, probablement parce que leurs relations dans cette ville leur rendaient plus facile son exploitation archéologique, et en même temps sans doute parce qu'il n'y avait aucune trace de son existence dans l'antiquité. Ils y trouvaient donc tout l'intérêt qui s'attache à une création, puisque tout

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devait leur appartenir dans l'existence antique de cette ville, à commencer par son nom.

Cduî qu'ils lui ont imposé est déjà pour eux l'occasion d'un premier faux pas. De Nerœ aquŒy d'après les règles d'étymologie observées pour les noms des autres villes , n^aurait pu venir Nérac, mais un mot comme Néraix ou Néraigms. Si le nom actuel venait d'un ancien mot latin, ce ne pourrait être étymologiquement que Neracum. Car de mots ainsi terminés sont venus , dans la partie de la France où se parlait la langue d'oc, les noms en ac, et dans la langue d'oui les noms en gny. Ainsi de Jl/artiniacum, Martigny et Martignac; d'Appolinia-^ cum, Polignae et Poligny, etc.

Les prétendues antiquités de cette prétendue Nerœ-Aquœ ne forment pas moins de neuf inscriptions, la plupart fort longues, et deux basreliefs, dont l'un, assez compliqué, est encore accompagné d'une demi-douzaine d'inscriptions placées dans les moindres coins, pour tirer parti de tous les endroits qui ne sont pas occupés par la sculpture. Celle-ci offre plusieurs anachronismes de costume et d'agencement, et les inscriptions fourmillent de fautes de latin et

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d'extjresdions insolites^ que là nature de cet ar* ticle ne nous permet pas de détaillek^» mais qiii sauteront aux yeux de tbute personne ayant quelque habitude dé la langue latine.

Je citerai seulement ces mots de lapi^mière: Senaim Populo Romanùqae -, qui supposent au^ tant d'îgnoranoe du latin que des monuihents ^ puisque les rè^s de la langue dentandaièiit impérieusem^t Senutui Populoque Romano, formille connue de toutes les personnes qui ont eu occasion d'exaininer quelques monuments de ràncienne Kome , où elles oiit remarqué si souTesit Tabréviation s p q r^ qui était ^ comihe on sait, la devise des edSeignes romaines j et non pas s p r q. Des &utés aussi grossières feraient suppoiser que l'un des &bricateurs, moins savant ^ travaillant quelquefois seul, aurait laissé écjiàpper de ces énormes bé^ vues qui dispenseraient la critique de toute autre réfulation.

Pbur parer à cet inoànvénient, qu'ils paraissent avoir prévu, ils se sonipr^ré uneéchapjpatoire en ne composatittoutes ces inscriptions que d'abréviations ; ^en sorte qu'excepté quel»dpies nofns propres, tou^ les mots y sont telles

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ment raccotflrcis, le plus souvent réduits à nm seule lettre, qu'on pourrait y voir à peu près tout ce qu'on voudrait. Tant qu'ils restent dans certains titres officiels toujours les ménœs, et dont les abréviations étaient d'un usage con« stant, comme p m t p cos imp p p, c'est-àdire souverain pontife, revêtu de la puissance tribunitienne, consul, ehipereur, père de la patrie, ils n'ont qu'à copier la formule des inscriptions et des médailles; mais étendre le même sysk tème d'alM*éviatiotts à tout le corps d'une in* scription, il est évident que c'est dàiaturer l'objet même de l'art épigraphique, et substî^ tuer des énigmes à des documents réels. Ensuite on emploi des plus étranges de ces sign^ abrégés est pour les' chiffres ». que les anciens rejMTésentaient, comme l'on sait, avec les lettre^^^ de leur alphabet^ ayant alors une valeur nusné* rique ccmvenue. Il semble dans ce$ inscription^ qae tû Système n'existait pas; c'est presque toujours la première lettre du nom de nombre qui remplace la lettre chiffire •

Quel est le savant qui» dans les lettres suivantes : SDBMBRissNF» lira sancti detubri septem sacerdôtBs n^bilimbus fanUliis? Et que dira-

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