A ROUEN
Dan$ ime d^s p£irMe9 le^ plus élevées de la ville die Rouen, u^ ancieû couvent, du nom de Sainte-Marie, plus heureux dans son changement de fortune que tant d'autres édifices du inéme genre, est devenu le domaine que se son( parljagé de nobles arts. Là, sous la direc^ tipu de M. Langlois du Pont^e-l'Arche, la jeunesse normande fait revivre cette ancienii^ acat demie de peinture de Rouen, qui, d'après les renseignements fournis par M. Langlois luimême, était fréquentée, au milieu du siècle dernier, par plus de trois cents élèves, et dont la réputation s'était répandue dans toute la France. Là aussi un cabinet d'histoire natu* relie s'enrichit chaque jour de dons nouveaux.
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Une troisième partie de cet édifice , qui du culte de la religion a passé à celui de la science , est consacrée aux antiquités normandes. Ce musée a été fondé en 1852, et il faut avoir vu, comme nous, quels ont été alors ses Êiibles et informes commencements pour apprécier le mérite de M. Deville, conservateur, ou plutôt créateur de ce dépôt remarquable. Son activité, jointe aux ressources d'un esprit ingénieux et inventif, n'a pas tardé à rendre effective une mesure qui, sans lui-, n'aurait peut-être existé que sur le papier. Grâce à lui, au contraire, elle n'a pas tardé à devenir un Ëdt très-consistànt. Il n'avait pourtant, avec soi^ titre de conservateur, qu'une allocation peu considérable et là jouissance de deux côtés d'un cloître de l'ancien couvent que nous avons nommé. Il eut d'abord à disposer ce cloître, de manière à en Êiire une galerie fermée , en même temps que bien éclairée, et décorée d'une manière analogue à sa destination. Les arceaux, en ogive, de Tancienne construction monacale, se prêtaient fort bien à ce double but.
Sous la direction du conservateur, ces arceaux furent répétés par des ouvriers inteHi^
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gents, de manière à remplacer un mur intérieur et à former une double galerie, ayant jour d'un côté sur la rue, de l'autre, sur la cour du cloître. Des armoires en chêne, du même style que ces salles, si bien appropriées à leur destination, occupèrent les espaces pleins ; et cependant arrivaient les objets qui devaient les garnir.
L'appel fait au patriotisme des Normands iut entendu de tous côtés : ce fut la source la plus féconde ; elle augmenta encore le caractère de nationalité provinciale de cette collection, doat toutes les pièces ont quelque rapport à la Normandie, soit par leurs donateurs, soit par les lieux où ils ont été trouvés, soit par les souvenirs qu'ils réveillent, les monuments, les hommes illustres auxquels ils se rapportent. Dès son premier arrangement, cette collection se trouve ainsi assez nombreuse pour être classée en trois parties, où viendront se placer tous les monuments qui enrichiront successivement ce musée , suivant qu'ils appartiendront à l'époque romaine , au moyen4ge ou à la renais^ sance.
Parmi les monuments de la première de ces
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trois époques, on remarque d'abord plusieurs tombeaux en pien^e, découveits à Rouen même. L'un était celui d'ËverinUs, fils d'Ëverus, ainsi que rindique Tépitaphe eyeiuiu EVBïa Fiti. Un autre n'a point d'inscription, mais il est orné de]sculptures qui représentent deux têtes au milieu de boucliers et d'ens^gnes enlacés ; sur les deux bouts sont figurées des draperies* On a trouvé dans ce sarcophage quelques médailles et un fi*agment d'étofïe brochée en or ; d'autres sépultures avoisinaient celle-d. C'est w même lieu qu'a été trouvé un beau gobelet en verre, parfaitement conservé, et sur la panse duquel on remarque des gouttes de verre colo^ ré. rangées symétriqueweat.
L'armoire où est ce vase en renferma beaur ooup d'autres de la même matière, et fournis principalement par les petites villes de Cany auprès de Fécamp , et de Lunerai auprès de Di^pe. Dans le nombre sont quelques petites fioles contenant encore le liquide qui y fut yetsé. L'ouverture par laquelle il fut introduit est fermée avec du verre, ce qui explique cette étonnante conservation , après plus de quinze siècles de s^'our dans la terre. A Yéble-
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roB» dans le pays de Gaux, a été trouvée une belle urne en verre, haute d'environ un pied, dans laquelle étaient des os et une médaille de JHIaro-Aurèle. La forêt de Maulevrier a iburni un pied de bronze, qui a attiré lattention de TAcadénaie des Inscriptions et Belles-Lettres çt de celle des Sciences^ auxqueUes M. Deville Ta comnouniqué; il a été l'objet d'un savant mémoire de M. Jomard à la première de ces compagnies. A côté de ce monument précieux sont un poids en bronze, donnant la livre ro* maine ; une petite clef de même matière et d'une él^ante exécution ; un dez à coudre, également bien conservé; et une quantité d'épingles de tète, trouvées dans les fouilles du théâtre de LiUèboone, oiï leur présence signale Taffluence des spectatrices qui, dans la Neustrie connue à Rome, se portaient à ces jeux publics.
Le hasard, qui a ainsi constaté le passage de beaucoup de femmes sans doute fort obscures, s'est joué, au même endroit, du soin orgueilleux qu'une, dame puissante avait mis à transmettre son image de marbre à la postérité. La statue de femme en marbre blanc, trouvée en 1838 dans lé balnéaire adossé au théâtre de Lillebonne,
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la langue grecque. L'autre monument, consacré à un personnage plus considérable , est intéressant à la fois pour Tart , la symbolique et lepigraphie. C'est une belle urne cinéraire, de la petite forme tumulaire quarrée. Elle a été donnée au musée par le conseil municipal de Rouen. Elle est décorée de génies funèbres soutenant des guirlandes de fruits et d'épis ; sur le fronton de son couvercle , un lion terrassant un taureau offre un des sujets de prédilection du culte mfthriaque , si profondément étudié par M. Félix Lajard. Cette cirôonstance s'accorde parfoitement avec la belle forme des caractères de l'inscription et avec le style du monument, pour le placer vers la fin du second siècle de notre ère, et pour expliquer les lettres CD., seules abréviations , parles mots Clarissimo Decurioni^ titre en usage à cette époque. L'inscription , conçue en fort bons termes , exprime un souvem'r affectueux , où pourtant la place des mots amicitiœ fœdere pourrait indiquer qudque trace d'ostentation; car il semble en résulter cpie < ce monument est un dernier office d'affection, rendu par Lucius Cincinnus à la mémoire de Marcus Postilius
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Àrator, décurion très-illœtre, qui dut, à Tappui de son amitié, les honnears et la fortune dont il fut comblé. > Au reste , nous soumettons aux connaisseurs le texte môme , qui a justement attiré l'attention du savant conservateur :
M POSTILIO ARATOR [ij
AMIGITIAE FOEDERE HONORIB [us"]
DOMSQ COMVLÀTO L CINCINN [us]
G D E Tins DISGESS [o]
POSTREMTM HOC MO
NVMENTO MV
NYS GOMPLE
vrr*
* Une autre inscription romaine , en ^îaractères du meil^ leur temps , mais que la forme de deux noms peut faire rejeter jusqu'au troisième siècle , vient d*ôtre trouvée en 1836 dans les fouilles de Lillebonne^ et enrichit le musée de Rouen, en même temps que Tépigraphie , d'un nouveau monument, où le sentiment de la. douleur maternelle est exprimé avec une toncbante simplicité. Trois lettres effacées à la seconde ligne peuvent se restituer , il nous semble , d'une manière assez probable.
D [M] TELES[a]HORAyi] LLAVIFILPUDO BIFILIOSVOVI VAPOSVIT
C'est-à-dire : Auœ Dieux Mânet : — Téléêa fille d^Hora-
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Dç Turne cinéraire d'un patricien romain, à la chassie d un saint évèqùe , c'est la transition naturelle de l'époque romaine au moy^a-âge , et c'est aussi la transition entre les deux monuments les plus remarquables du musée de Rouen , relatifs à ces deux périodes. Saint Sever, évêque d'Avranches, qui a donné son nom au laubourg le plus considérable de la cité rouennaise , a été placé par quelques hagiographes sur h siège épiscopal de cette viDe. Quoique l'inscription de la châsse qui nous occupe porte que le corps de ce prélat y était déposé avec les bras de deux autres saints , la dimension de ce monument prouve que cela était impossible. Cette châsse n'en était pas mmns un des objets les plus précieux du trésor de la cathédrale de Rouen , si pauvre aujourd'hui. M. Deville en a fait la découverte dans le grenier d'un habitant de Rouen, qui , sur sa demande, s'est empressé d'en faire don au musée. Maïs ce re*
tillavus a mis [cette inscriptioa] pour son fils Pudor, à qui elle survit.
L'impossibilité de bien rendre les simples mots filio suo viva posuit est une des nombreuses circonstances où paraît la supériorité du latin dans le style lapidaire.
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liquaire , jadis si riche et ûi brillant , était dans un tel état de délabrement et de dégradation » qu'il n'offiait, à Tabord, que l'aspect d'une vieille caisse en bois de chêne. L'inscription, qu'y découvrit aussitôt l'œil eitercé de Thabik archéologue, lui montra l'intérêt de ce meuble saint , donné à la cathédrale de Rouen par un de ses chanoines, Drogon de Trubleville. Or l'étuide approfondie que M. Deville a faite <fe l'histoire de cett^ cathédrale, le mit bientôt sur la voie de deux chartes originales , octroyées par lé chanoine Drogon, sous les dates de 1205 et 1204. Ce seigneur ecclésiastique avait accompagné Richard Gœur-de*Lî(Hi dans sa croisade , ce qui explique la présence du nom de ce héros aventureux sur le reliquaire* Enfin une description du même monument, dans certain procès^verbal d'une céréoionie, et les traces de la plupart des matières précieuses qui le recouvraient et qui en avaient été arrachées violemment à une époque désastreuse, ont permis à M. Deville d'opérer une des plus complètes et des plus heureuses restaurations que l'on puisse citer en ce genre. La châsse,
ainsi restaurée, est revêtue de lames de cuivre, II. 7
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dorées et argentées , à dessins estampés ; ses bordures sont ornées de cristaux de couleur; elle affecte la forme d'une église en croix ; une figure de saint Sever , en bois doré^ occupe la place du clocher ; quatre figures d'évéques, en bois argenté (les figures primitives étaient en argent) , occupent les quatre portails.
Le nom de Richard Gœur-de-Lion , joint aux dates des chartes de Drogon , peut assigner pour date à ce monument la fin du douzième siècle » puisque Richard mourut en 1199.
La richesse du musée des antiquités normandes en objets du moyen âge , nous force à passer sous silence une grande variété de curiosités, dont plusieurs fort riches, toutes remarquables par quelque point intéressant , et de parler seulement du délicieux monument qui attire les yeux , en regard de la châsse de saint Sever, dont il lait le digne pendant. G est le modèle, en pâte de papier, de la jolie église de SaintrMaclou. Chef-d'œuvre de patience, d'exactitude et d'adresse , ce modMe a été ejcécutépeude temps après l'achèvement de l'église, puisqu'on y voit les portes primitives de l'édifice, qui furent remplacées, vers 1540, par
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ces magnifiques portes en bois sculpté,.dues au ciseau de Jean Goujon. Les plus petits détails, tant extérieurs qu'intérieurs* se retrouvent dans ce modèle ; il n'est pas jusqu'aux vitres peintes de l'église qui n'y soient reproduites. La tradition veut qu'il ait été lait par un ecclésiastique de Rouen, qui aurait mis, dit-on, dix années à le terminer; son nom est resté inconnu. Feu M. Alavoine, cet habile architecte , auteur de la flèche en fonte de fer de la cathédrale de Rouen , ne pouvait se lasser d'admirer ce petit 'monument.
Pour ceux de l'époque de la renaissance , il laut placer en première ligne les vitraux peints du seizième siècle, qui occupent une partie des fenêtres du musée. La ville de Rouen est trop riche en vitraux, pour apprécier peu^étre l'importance de ceux que réunit son musée d'antiquités ; les étrangers en sont plus frappés ; tous reconnaissent que, depuis la destruction du musée des Petits-Augustins , il n'existe pas en France , même dans la capitale , un établissement public qui puisse , sous ce rapport , rivaliser avec celui dont nous parlons. Neuf fenêtres en sont entièrement garnies ; elles présentent
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un développement de plus de quatre œnts pieds carrés. Pour qui connaît la rareté des vitraux peints et leur prix excessif dans le commerce de curiosités , cette réunion , opérée en deux années de temps , ne paraîtra point un effort ordinaire , et c'est là surtout que brillent le zèle et le goût de Thabile conservateur. Sous le rapport de la perfectioh du dessin et de Télégance du style , les vitraux qui représentent les armoiries de la corporation des orfévres de Rouen , sous la date de 1543 » et une assomption de la Vierge, sous la date de 1572, sont en première ligne. Sous le rapport de loriginalifé, ils cèdent encore le pas aux six panneaux où le peintre verrier a retracé Vhistoire du juif et de l'hostie, autrement dite le MiVac/e des Billettes, que je vais rappeler en peu de mots.
Du temps du roi Philippe^le-Bel , un riche juif, demeurant à Paris , rue des Billettes , était parvenu à s'emparer d'une hostie consacrée , en gagnant une bourgeoise à laquelle il avait fait un prêt sur gage. Maître de cette hostie , il la perça de sa dague, et en fit, dit-on, sortir du sang. Surpris et dénoncé par une femme du quartier, il fut conduit devant le prévôt, et
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condamné au feu. Telle est 1 anecdote, fort ce* lèbre jusque dans le siècle dernier , qui est le sujet de ces peintures sur verre. Elle est expliquée, au bas de chaque panneau , par d^s quatrains du temps.
Dans la galerie du fond ont été placés leç plâtres moulés sur l'admirable bas^relief de rh6tel Bourgtheroulde , représentant le camp du Drap-d'Or, un des morceaux les plus remarquables de cette sculpture , pleine de vie et de vérité, de la renaissance. Celui-ci est trop connu pour que nous nous y arrêtions. Des plats en faïence émaillée de Bernard Palissy , des armes disposées en trophées, des meubles en bois de chêne et en ébène, sculptés avec une grande délicatesse, entourent honorablement l'entrevue de Henri VIII et de François I®"", dont les médaillons surmontent le bas4*elief, comme à l'hôtel Bourgtheroulde , d'où ils proviennent également.
Vous verrez ainsi des monuments de toutes les époques dans ce vaste reliquaire , consacré à la Normandie , et vous ne reprocherez pas , je pense, au conservateur d'avoir lait arriver ses antiquités jusqu'au dix-septième siècle , lorsr
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que , en sortant , on vous montrera sur votre gauche une petite porte de chêne, encadrée dans le mur du vestibule en face de Tentrée, porte si basse, qu'un homme de la plus petite taille devait courber la tête pour en passer le seuil , porte cependant que ne regarde sans émotion aucun habitant de Rouen , puisque c'est celle dont le grand Corneille souleva si souvent le marteau , sous laquelle se baissa si souvent $on glorieux et modeste front
Une grande cathédraleest certainement undes centres historiques les plus favorables pour bien faire comprendre un pays et un peuple, pendant une suite de siècles. Est-il un spectacle plus propre à faire réfléchir sur le passé et à rectifier beaucoup d'idées formées à la légère sur les anciens temps, que Texamen détaillé d'un de ces admirables édifices ? Un auteur célèbre a pris avec bonheur Notre-Dame de Paris pour cadre d'un grand tableau de moeurs au quinzième siècle. Cet édifice imposant, examiné avec complaisance par des yeux observateurs, montre quelles sont les richesses de poésie et d'histoire contenues dans une grande cathédrale. Toutefois on peut dire que celle de Paris ne les oflre pas au même degré que plusieurs autres. D'abord, cette église , qui ne devint siège archiépiscopal
qu'au dix-septième siècle, n'a pas, pendant toute la pai*tie antérieure de notre histoire, une importance ecclésiastique compai^able à celle des grandes métropoles des provinces. Ensuite la cathédrale ne jouait pas un aussi grand rôle dans la capitale, siège du gouva^nement, séjour ordinaire du roi et de la cour , que dans une ville conune Rouen , par exemple.
Là l'église cathédrale s'oflfre comme un centre autour duquel venaient graviter tous les événements importants de la ville et de la pro« vînce. A l'immense influence du clergé , à la puissance des idées religieuses, se joignaient le crédit des archevêques, qui étaient ordinaire^ ment les plus grands seigneurs du ropume ; la splendeur d'un chapitre métropolitain, com-^ posé de l'élite de la société, et tâchant toujours de se maintenir au premier rang de la province ; le caractère auguste de la métropole , auquel tout le monde rendait hommage avec une foi sincère. C'en est une grande preuve que cette préoccupation oii chacun était du lieu où il serait inhumé : vivant, on se berçait de l'espoir de reposer mort près d'un lieu saint, dans l'intérieur d'une église, et, parmi les églises, de
préférence dans la métropole, et, dans celle-d, le plus près possible du chœur ou de telle chapelle pour laquelle on professait une yénération particulière.
Un moyen d'obtenir ces honneurs si enviés était de contribuer à rembellissément du temple. De là, tant d'agrandissements successifs, où divers systèmes d'architecture se le disputent de noblesse, d'élégance, de hardies conceptions; car les artistes aussi qui exécutaient ces magnifiques constructions avaient droit à la sépulture dans la cathédrale ; et les modestes inscriptions qui se Usent sur leurs tombes ont sauvé de l'oubli plusieurs noms qui méritaient bien d'être transmis à l'admiration de la pos* lérité.
Ces artistes , qualifiés simplement du titre modeste de maîtres - ouvriers , succédaient à leurs pères dai^i leur art ou leur métier respectif; ils recevaient d'eux, ou des maîtres auprès desquels les règlements des maîtrises les retenaient longtemps, une direction uniforme^ d^ transmise à leurs devanciers par la tradi* tion, avec la communication des mêmes procédés, enfin une position honwable comme atta-
chés au service de la cathédrale. Ils y preHaienC ainsi un intérêt dont tous leurs travaux, tous leurs souvenirs faisaient une sorte de respectueuse affection de Êimille. Leurs plans étaient soumis à l'examen et à l'approbation de oe chapitre éclairé, dont les délibérations consignées exactement et sans aucune interruption , pendant des siècles, dans la précieuse collection des registres capitulaires, ont été feuilletés avec une laborieuse patience par MM. De ville et Floquet, et ont révélé à ces deux savants tant de iaits intéressants pour l'histoire, et qu'on chercherait ailleurs vainement.
M. Floquet a tiré un grand parti de ces re* gistres capitulaires pour son histoire du privilège de saint Romain, que nous examinons avec détail dans notre quatrième partie. Ils n'ont pas été moins utiles à M. De ville pour la composition de deux ouvrages, lun sur les Tombeaux de la cathédrale de Rouen, l'autre sur la Liste des peintres verriers de la même église. M. Langlois a puisé dans l'étude approfondie de cet ancien monument, par rapport à son art, et dans les sources les plus diverses, d'autres documents du plus grand
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intérêt pour Thistoire, et qu'il a réunis dans un