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Sapr^mière partie coivtieiit leâ Êâts qui étaient déjà le mieux coudas. Elle 9iiit las Sarrazins depuis leur premier débarquement en Espagne, sous la conduite de Moussa» eki 710, jusqu'à leur expulsion de Narbomie, en 759. La réUgiqn de Mahomet, alors <kBS le plus haut période de l'enthousiasme , devenait le mobile d'expéditions tellement gigantesques , que les Musulmans menaçaient de ne &ire de la mér Méditerranée qu'un grand kc, qui aurait servi de voie de conmtiunication aux diverses parties de cet immense empire. C'eût été la répétition de l'empire romain ; mais il ne s'était pas formé si vite , et l'impétuosité sarraidne ôlait 1^ chances de réussite à ce grandiose et ambitieux projet* Toutefois, de vastes royaume* dans les trois parties du monde alors connues paillèrent , en moins d'un siècle , sous la domi^ 9atiop des lieutenants du khalife ùq Damas. Lïspagne entière y succomba ; et si l'armée de$ Francs, compitodée par Ch2a4es«*Martel , n'eut exterminé » en 753 , l'armée sarrazine 1 çomine U mwtians débrise et Iroissie le fer et » l'acier et toui$ les aultreç Qiétaulii ^, suivant l'expression de la Chronique de Sainfr-D^is ,
USYASlCmSl DES 9ARRAZIN8 6N FRANCE. 311
h France, rEnrope entière, auraieût si^ le joug de rAlcoran,
Les évéoemems dont les Sarr^ns soAt les poissants acteurs en Occident pendant cette premiëre moitié du huitième siècle sont donc d'une trop haute importance pour n'avoir pas attiré tonte l'attention de l'histoire. Malgré l'exterminaiion de l'armée d'Abdr Alrahman à Poitiers, oà ce prince pérît les «*mes à k main, la puiffîance des émirs de Cordôue„ ses succe^^aeurs , d»nt plusieurs- portent k même nom , s'établit avec une telle solidité ea Espagne, que Gharlemagnë , dojs^t la victoire suivait les armes, n'eut pas les mièmes succès contre les Maures. d'Ësps^e que contre ses autres ennemis#
pourtant, dès le commencement de la sien coude race , les notions sur nos rapports avec les. Sarrazins deviennent iia^ohérentes et con? . fnses, quoique le midi de la France soitj^us eocposé que jamais à li^urs excursions coati* nueUes ; car à ceux qui venaient de l'Ësp^ne se joignaient alors les hardis aventuriers qun la m» débarquait sur les côtes de Provence. Mahomet avait hfcamé , dans l'Alcoran ^ les eor treprtsfes maritimes d'une i^amère assess Ibr-
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melle pour que plusieurs docteurs, de la loi n'eussent pas craint de rendre cette décision : € Dès l'iûstant qu'un honune s'est plusieurs fois mis en mer, il peut -être considéré comme étant privé de sou bon sens » et comme n étant plus recevable à faire admettre son témoignage en justice. » Mais les casmstes musulmans alléguèrent une tradition qui prétait au prophète l'approbation des mêmes entreprises, sans s'embarrasser s'ils mettaient l'envoyé de Dieu en contradiction avec lui-même. Cette tradition flattait l'élan de l'époque; elle fut reçue avec enthousiasme. L'émir de l'eau, émir-alma (dont nous avons Êiit amiral) devint un des chefs les plus considérables des troupes musulmanes* M. Reinaud a rassemblé sur cette passion suhite des pieux mahométanspour la marme une quantité de faits d'un haut intérêt pour la philosophie de l'histoire , en nous montrant quelles ressources les successeurs de Mahomet surent tirer, selon les occurrences, de l'arme puissante que leur avait léguée le prophète.
< On rapportait qu'en 716, lorsque la grande flotte qui alla assiéger Gonstantinople pïurtit d'Alexandrie ^ un des fils du khalife Omar, qui
se trouvait alors dans le port , demanda à Ta^ mirai ce qu'il pensait des péchés dont la plupart des hommes de l'équipage devaient avoir lame chargée; l'amiral ayant répondu qu'à l'exemple de chacun de nous ils devaient avoir leurs péchés pendus au cou : c Non pas pour » ces hommes-ci , s'écria le fils d'Omar ; j'en » jure par celui qui tient mon ame dans ses > mains , ils ont laissé leurs péchés sur le ri- » vage. >
L'intolérance envers les chrétiens régnait alors à la cour des émirs ou khalifes de Cordoue y comme plus tard elle régna à celle des rois chrétiens d'Espagne envers tout ce qui n'était pas catholique. Ljnquisition musulmane avait tellement multiplié les circonstances qui mettaient un chrétien dans la nécessité d'opter entre l'islamisme ou la mort y qu'un chrétien tant soit peu suspect était iacilement amené à <îette terrible extrémité. Le martyre :de saint Parfait et la solennité dont il fut entouré offrent le pendant exact des autos-da-fé du quatorzième siècle. Nous attribuons, en général, à la religion musulmane un grand caractère de tolérance >> parce que nous la jugeons d'après les mœurs
âl& INVASIONS DES SARRJIZINS EN FRANCE*
des Turcs ; mais en allant Tétadier à d'antres époquei^ et chez d'autres nations , nous Terrons comme des observatkxis incomplètes nous font porter de &ux jugements*
C'est ainsi que les diréti^is, dontlamansnétide et la résignation pacifique sont acci»sées , lors du démembrement de l'empire romain , d'avoir ainsi &vorise l'invasion générale des barbares, montrent ici, dans cette lutte à la fois religieuse et nationale , une énergie dont le livre de M. Reinaud ofiSre des exemples remarquables. L'ambassade du moine Jean, en 956, auprès d'Abd-Âlrahman , khalife de Gordoue , est un des épisodes dont les traits saiir lants reflètent le mieux une époque ; et, comme pour r^Eidre encore plus curieuse cette vive peinture , la relation de cette ambassade nous est parvenue dans un manuscrit de la main du moine Jean lui-même ; enfin , pour plus de singularité , ce manuscrit unique se trouve inter«rompu tout court au moment le plus dramar tique»
Pour les Sarrazins , partout où l'on trouve ces peuples pittoresques , on aperçoit dans les mœurs de leurs hommes d'élite quelque chose
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de lli poésie de TOrient. Le terriUe Âlmansor K faisait toujours accompagner de la caisse où il devait être enterré, c A Tissue de chaque bataille , il secouait sur la caisse la poussière . dont ses habits étaient encore couverts , et il espérait Êdre de cette poussière une couche de ten^ avec laquelle il serait ^vé tout droit au paradis. » Qu'y a-t^il de plus poétique que la mort du même prince , à la suite de sa dernière bataille? < L'action fut terrible et dura tout le jour, le sang coukit par torrents ^ et aucun parti ne voulait céder ; maiii les chréti^is ^ bai^ dés de fer, eux et leurs chevaux , se garantis*saient plus Ëtcilement. La nuit étant venue ^ Almansor^ qui avait reçu plu^eUrs blessures , se retira dans sa t^ite pour recommencer le combat le lend^nain. Il attendit qudque temps ses émirs et ses généraux pour concerter avec eux un nouveau plan d'attaque^ Ne les voyant pas arriver, il demanda la cause de ce retard ; on lui répondit que les émirs et les géniaux étaient restés parmi les morts. Alors se re*connaissant vaincu, et ne pouvant survivre à sa dé&ite , il refusa toute assistance , et mourut au bout de quelques jours. Ob l'ensevelît avec les
habits qu'il portait le jour du combat ; on l'enterra dans la caisse qu'il avait destinée à cet usage. >
Ces détails sont pris de la troisième partie , celle où l'auteur a conquis le plus de Êûts à lliistoire , en suivant l'invasion sarrazine à tra* vers le Dauphiné jusqu'aux limites de l'Aile* magne. 11 constate , de la manière la plus claire et la plus précise , leur établissement au diâteau de Fra&inet, sur les hauteurs des Alpes qui dominent le golfe de Saint-Tropez ^ et d'oiï ils pouvaient aisément communiquer avec l'Espagne par la Provence et les Pyrénées , avec la Suisse par le Dauphiné , avec l'Afrique par la mer. Il lève tous les doutes sur Toccupation de Grenoble , qui resta plus de vingt ans au pouvoir des Sarrazins , chassés du diocèse en 965. Leur établissement sur le grand SaintrBernard, qui ne prit ce nom que lorsqu'ils y furent remplacés , vers la même époque , par saint Bernard de Menthone , est un autre fait important également bien constaté»
Hugues, comte de Provence, avec le secours d'une flotte greccpie que lui avait accordée l'empereur Constantin Porphyrogénète , son beau-
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frère , avait pénétré en vainqueur dans le goUe de SaintrTropez , et avait chassé les Sarrazins de leur château de Fraxinet en 942. Mais il quitta tout-à-coup ce pays , au milieu de son triomphe , pour courir après la couronne dltalie y que Béranger laissait vacante.
« Les Sarrazins , devenus plus forts qu'aupa* ravant , commencèrent même à changer leur existence de brigands campés sur le qui-vive ^ en une existence bien assise , qui se consolida chaque jour davantage ; et il ne fallut pas moins que l'éloquence de saint Mayeul , la haute in* fluence de sa réputation de piété , et la persévérance énergique de Guillaume, comte de Provence, pour les chasser définitivement de ce pays , vers lequel on comprendra leur attrait d'après cette sentence des auteurs musulmans : « Les Français étant exclus d'avance du paradis , Dieu a voulu les dédomumager en ce monde par le don de pays riches et fertiles , 011 le figuier, le châtaignier, le pistachier étalent leurs fruits savoureux. >
Dans une quatrième partie, consacrée au caractère général des invasions sarrazines et aux conséquences qui en furent la suite.
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M. Ri^nand â répandu la richesse de sonéru* dîtîoti sur la peinture des mœurs de ces peuples et siyr les modifications qu'avaient éprouvées par leur contact cdles de noâ ancêtres. Là se trouve discutée Forigine des mots Sarrazins, Maures , Bêrbers , nmns sous lesquels ces peu* pks furent désignés ; là , sont exposées ave» toute l'impartialité d'une critique juste et éclairée , à coté du mal qu'ils ont iisdt , les traces laissées par les musulmans d'Espagne dans les parties de la France qu'ils occupèrent. Avec la connaissance de l'arabe se répandait quelque teinture des sciences dont cette langue était alors la principale expression . Le chêne-liége , le blé noir, encore si cultivé dans noti% midi sous le nom de mrrazin, leur durent l'importation parmi nous, et nos races de chevaux une grande amélioration. Mais les mœurs ne s'adoucirent pas par ce contact ; feu contraire , un système de représailles^ ^pptiyé sur la différence de religion, parut autoriser les Français à réduire les Maures qu'ils feisaient prisonniers au même état d'esclavage oii ceux-ci réduisaient les chrétiens tombés en leur pouvoir ; et comme en embrassant le christianisme ces prisonniers
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musulmani^ dev^fiaîent libres > < on TÎt des <îhrétiens inlmmains, dit M. Reinaud, pour n^étre pas frustrés d'un vil avanftage ^ gêner leurs serfs dans les efforts qu'ils Êusaient pour être admis au sein du christianisme ; on les vit même , après que leurs serfs étaient baptisés > les reie<^ nir nmlgré les lois sous le joug et user des plus cruelles violenœs. Il existe une lettre fou*^ droyante du pape Clément lY^ adr^sée» en 1266, à Thibaud , roi de Navarre , dans laquelle le souverain pontife s'élève contre un abbé du monastère de Saint-Benoit de Mirande^ lequel avait fait mettre à la torture un ridie Sarrazin converti, sous prétexte que sa conversion n'était pas sincère^ et qui s'était emparé des biens de cet infortuné au détriment de ses en&nts. »
Les préventions haineuses contre les juife les ârent accuser aussi de complidté avec les Sar-^ razins. De là, l'usage, qui s'était coneervéà Toulouse , de souffleter un juif de c^te ville , tous les ans, aux trois principales fêtes de l'année, en mémoîre de la trahison des juife qui auraient livré Toulouse aux Sarrazins, du temps de Charlemagne.
« L'usage du soufflet, dit M. Reinaud, n'est
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que trop certain» Mais il n'en est pas de même de la trahison des jui& ; tsv les Sarrazins » comme on l'a vu , ne sont jamais entrés dans Toulouse; peut-être a-t-on voulu parler de l'occupation âe la capitale du Languedoc par les Normands , en 850, occupation à laquelle il serait possible que les juifs eussent contribué, comme ils avaient contribué , quelques aimées auparavant, à l'entrée des mêmes barbare dans la ville de Bordeaux. »
Ceci nous mène à une dernière observation : c'est que les grands souvenirs laissés par les Sarrazins firent que le peuple leur donna un rôle dans tous les événements dont il fut vivement irappé. Ainsi leur furent attribués les monuments de la grandeur romaine. Ainsi le peuple, dans le midi de la France, appelle encore tuiles sarrazines ces larges tuiles si connues des antiquaires comme indices de constructions des Romains. Ainsi furent imaginés, dans mille récits romanesques , des chevaliers sarrazins pour rehausser la gloire des plus fameux héros, avec lesquels on les fît lutter de courtoisie et de bravoure- Ainsi fut exagéré, amplifié, popularisé, surtout par les romans
de chevalerie du moyen-âge, ce nom de sarrazin, qu'on finit par appliquer à tout ce qui n'était pas chrétien , et de la swte à toute l'antiquité païenne antérieure au christianisme. Voilà comme Guillaume de Nangis, voulant traiter l'histoire de France tout entière , depuis les temps les plus reculés de la Gaule jusqu'à son époque, exprime son plan par ce titi*e : Cy comr mencent les chroniqties de tous les roys de France chrétiens et sarrazins.