‹ Essais d'appréciations historiques;Chapitre 37 sur 57 · DE M. DEPPING · texte numérisé non relu

DE M. DEPPING

M. Depping a peut-être dans son style moins d'éclat et une allure moins rapide que feu Licquet, dont il s'est fditlè icéntinuateur ; mais c'est, autant que nous. en pouvons juger, le même respect pour les faits, le même esprit de <$]ritlc(W^Unktetif ii^ussibdi. AjoÀti»y qife/ leé faits racontés par M. Licquet , cette conquête de la Neustrié par les hommes du Nord, les mœurs étranges de ces barbares , leur assujettissement graduel à notre civilisation , la puissance des successeurs de Rollon, qui va toujours grandissant jusqu'à Guillaume, les prodîgieuiL expbiM des. âbe^lifirs^normaiids en ïtaii^ et' ^m Sicfle^ > tsént :de' cèib jévénemeidis» sûr^reDanfisiet Jiors ^e figiie^iqui pdrpiètteiuiÀ Hft ;kiàtoarien' é^ ' cioloi^ér séa i sirde' dfa i iiBa&œ& id^es et firâlantj V et cpn' o^ûsai^tà M^iÀccfoeà l'àppAuc^Aîbndè Ixdtfifnaksméà dksdittév^ffdrel^ 4m < NQDd;/£!etté «pallie' ides. rétidés'deîMu • Bep4 ping duir.ai été^ inutile dans la période; dont iQ s'est <rouvé^ rbistomefa ;. mais il y^ a mis? à prafiit dsB ! sources atLfllèntiqîle^ iet variée!»;, :aTeCccq diâôçriiemént q[iie dolme mie longQ&^ipérieHob deBtiiuana: hÎBtaricpies^. ay . ^: 'i • . .-^w^ii '>f;

HISTOIRE

DD

PRIVILÈGE DE SAIlVr-ROMAlN,

Par m. FLOQUET, .

GreIKer en chef de la Cour royale de Rouen , ancien Élëye de PÉcole des Chartes • la

BiUiotbèquf d« Roû

t' coutiHne qui fiaôt l'ofejet |ie> œt euvrag^ était ua privilège (jai doimaît à de siknplës ch»* B0ÎDe& le plus beiau'droît de la royauté; un droit qui assimile tes reisià la Ppovide&ce, eB i^^anl fcw infeéHcof de saprôn» ftu^ôssu^dèâ arrêts de la justicie^ le droit de gràee»- Le : cbupiitr^ de k, cathédrale de Rouen rexerçaiCàoidieiiBemeBt diaqnë année, et de telle sorte' qiiè lesirôis >en iîireiit : souvent jaloux. Eux^aaîèmés ^ . nV)Sant porter aussi loin celui qui tenaitiàleur courcHiBé, devinrent souvent les sollidtenrs dn:ûliapitre de Rouen , en &veur detçlou tdi gcsnd. coupable qu'ils recommandaient à sa miséricorde.

PKIVILEGB DE SAINT-ROMMN. 269

L'origme d'une coutume si remarquable semt)lait se perdre dans la nuit des temps, et à une époque fort reculée son existence avait été con« sfalée comme un fait notoire déjà andei).

Lemerveilleux deslégendes populaires lavait, cEurai-je enrichi ou altéré de ses couleurs brillantes? ce sera enrichi pour les poètes , altéré pour les historiens. Mais pour le chapitre de Rouen , l'elTet de. ces traditions confiises n'avait pas été un instant douteux, et cette habile compagnie avait exploité avec un art infini le vague et le merveilleux répandus sur l'origine de son privilège, pour le rendre cher aux peuples et le iaire reconnaître des rois. Forts de ces précédents, et toujours soutenus par la sympathie nationale, s'il s 'élevait quelque conflit, quelque réclamation, ils y opposaient une fermeté inét branlable, quelesobstaclesrendaientencoreplus opiniâtre ; leur privilège parvint ainsi au plus haut point de splend^ur. Mais ils lui donnèrent une extension si prodigieuse, ils rapphquèrçnt de pr^érence à des crimes si énormes, qu'enfi|i ils excitècent contre eux de$ orages sans cesse renouveléfi, et oii toutes les puissances de l'état se réunissaient pour les dépouiller d'un droit

atttôi ekoi4)îtiint. 11^ tinrent bon cependant dans c€ff te secondid période connBedbns la pfaaciière; et le privil^e de saint Romaià, dont rhîstoiçè se rattliche en, 119S à Richârdf^CQeuF-»d&-L km, se lie ^coàre eA 1775 au nom Sin €;<»nte d'Artois, depuis Charles X, et en 17^ à cêlt du ^cdb Câiartre^ (pèr^ dû roi'ljôuis4^hilîppe)vt]ui%iï» rènt tous deux dànt) dette histoire comme s^lif cîtéui^s du chapitre de'Roiiêû. ^ i

A rèpoque où cette boatùme éiaîti èncoi^ç dans 'tout son édat, des homme» prtifondéuieiit veirsés dans nos antiqnité$ nârtioiiales avaient dirigé. lei|r attention et leurs nediprehes sur cette < histoire wayemen^ admirable ^ dk Es^ tienne PSEisqu^r, et unique eift ^n espèbe , et tjeiy pQur ceste rai$on, ;mârite d'estfe rèoognâe de tous. ^ Mais rôrigine ^ était ^ielleim»it obs« oirev qœ^, près<le draïc sîèdesa^rès Pbtsquier; cm > jurii^^;onsulte nei^iMÎiiil') <)^

tënips étudiée sur lès* lieu^' iti^méi^ ^léçlaraii ^tié «ipréf^ndre i vtù}x^&t 4eÂ,tôi barqgiiie, œ séroît 'chercher là piert^ phîlôsôpfaide* > '^ M: Flc^ûet^ champion «exer^ ficmltés hïstoricfifeQ, par lès ihiioDibpafalesfdociKkhcMi^ origifiâiiiii?^^mnis à sonicinnii»! pendast

PAiVILÊGe DE SAINT-^RÔMàÏN. 2~7 1

six aimées (ju'îl a passée à la bibliothèque du roi , coiiiine élève de Fécole des Chartes , n^ pafs reculé defvant xme bnti^rise déclkrée aussi iih* ^ére^sante qiie témérak^e. Outre sa pariaite conr aâif sauce de lai paléographie, de l'histoire^ des ^coutumes, de; sa province et len partic%[lier de RiMieoQySa'^eiiatale» il avait encore l^avantage, eottimegreffierent chef de la cour royale, d'être à

la source des documents originismx.

' > c Dépositaire^ dit^il, des antiques mémoriaux jde l'échiqui)^ et du parlement de Normandie, nous les avons tous soigneusement compulsés^ Les registres , les chartes de l'anGien, diâpitre de Rouen, les statuts de confréries, lesâbnales de la TdujBnelle , celles (fe la GhambreKlei^ Ck)mptes, du. Bailliage, de FHôtdi-de^Villé ; lés yieilles chroniques, les rituels, lès t^eëtielti de jurisprudence) ont pas^é sôUs nos -yéils « »

Ajoutons que ceusL de ces titr^ qui appâ!rte* naient à l'église n'auraient puétns libremei^t exft-^ im]iésavantlarévolu|;i<»i de8d, parpeque l'esprit de corps deis dxanotneâ était trofp in^téressé dans la question pour perin€!ttre à k critique d'y pôr^ ter son âand)eau. MvFlo^ûêt a dioifc ea à sa did^ position des matériaux que n'auraient jaibais

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eus Pasquier ni aucun des savants de l'ancienne France ; il les a mis en œiiTre avec une supériorité de talent qu'aucun d'eux . n'aurait supposée, et qui fait de cei oiivïàge (nous n'hé»tons pas à le dire après la lécttnre la plus attentive) un des plus beaux monuments et des plus complets , élevés depuis long^temps à la «cienoe dé l'histoire. Nous allons essayer <fen donner une idée.

Tous les ans, le chapitre de Ja cathédrale de Rouen délivrait, le jour de l'Asoensito, un meurtrier qu'il choîsîçsiEdt dans les prisons de Rouem parmi tous les coùpal^s {H^étèndant à cette grâce, et dont les confessions étaient reçues par des chanoines députés à ceteffet. L'élection fà\te sur 1 examen des confessions, le parlement délivrait an chapitre le prisonnier choisi , qui , au milieu d'une célèbre procession, en présence d'une fouleimmense, soulevait hfiertaon châsse 4e saint Romain, et était dès lors absous avec tous ses complices, qudb que fusselit leur nomhiffi^ et l'a^ormité de leur crime. Cet usage, d^ constaté comme anqien.fin 1210, s'observa pour la4erq)èrç foi$.en 1790 ; voilà les &its.

A quoi ce chapitre dutnl un privil^ si ma*

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gnifique et si durable? Voici la tradition populaire : Sous l'épiscopat de saint Romain , un dragon monstrueux, appelé la Gargouille, désolait les environs de Rouen. Le saint éyéque, voulant délivrer son peuple de ce fléau , prit avec lui deux criminels condamnés ,k mort, et alla à la rencontre de la GargouUle , dont il triompha. Les deux meurtriers qut l'avaient aidé dans cette miraculeuse expédition reçurent leur grâce, et, en souvent de ce miracle , le roi Dagobert avait accordé ce privilège au chapitre de Rouen^ à la prière de saint Ouen , son ministre, et l'un des successeurs de saint Romain au siège de cette ville* Voilà ime des versions, car toute tradition populaire en a plusieurs*

M. Floquet a comm^icé par discuteri'autfaenùxité de ce miracle , ce qu'il a iait avec beaucoup d'érudition , n'ayant pas le secours des boliandistes pour samt Romain , dont k fête tombe le 25 octobre ; or l'on sait que cette grande collection, prodige de ^ience et de critique, s'arréteavant ce «ibis* On peut regarder coilihie oeitain, après avoir lu la dissertation de M. Flo^ qaet , que^ si les boliandistes fusisenli parvenus

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