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égyptiemie que BL Letronne voudrait y yoir pour reconnsutre la présence de colons ^yptiens , on pourrait l'attribuer au peu d'extension de leur domination, joint à leur petit nombre , que l'état de la navigation dans ces temps reculés rend fort probable. Alors ils se seraient modifiés peu à peu par l'influence du climat et des habitudes de leur nouvelle patrie, plutôt que d'attirer celle-ci au joug de leur dvilisation«
Cette question , du reste , n'a qu'un rappcMrt très-vague à celle de l'introduction de l'écriture en Grèce , puisqu'il est assez naturel de sixpposer qu'Inachus et ses compagnons , ou n'apportèrent pas avec eux la science de l'écriture ( bien que connue alors en Egypte ) , ou, absorbés par la nécessité de leur existence dans ce pays nouveau et sans doute presque sauvage , ne s'occupèrent pas de transmettre cette science à leurs descendants. D'ailleurs , si l'on prend pour guides les traditions rapportées par les anciens auteurs ( et c'est là le fondement de la seconde opinion que nous exposons ) , on admettra que les Grecs durent leur écriture aux Phéniciens par Gadmus.
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Cette origine phénicienne de récriture grecque est un fait qui n'est point contesté. Mais les Grecs, en rendant cet honunage aux Phéniciens , les ont regardés ccNoame les premiers inventeurs de récriture. Cette opinion était passée de raatiquité classique chez les modernes. Elle dut s'y maintenir, et s'y maintint en effet jusqu'aux importantes recherches dirigées avec tant de sagacité et de bonheur dans ces dwiiières années sur les divers systèmes d'écriture de l'antique Egypte.
Les premières clartés, portées, conune chacun sait , par M. le baron Silvestre de Sacy sur l'inscription trilingue * de Rosette , vinrent à recevoir une extaision inattendue de
'^ L'épithète trilingue, appliquée à riAscriptlon de Rosette y peut sembler impropre , en ce sens que, sur les trois colonnes d'écritures différentes, deux sont en égyptien. Mais on a fait, jusqu'à présent, si peu de chemin dans rinteliigence de cette partie de Tinscription , que Ton n'est pas en droit;d'affirmer que la langue représentée parle caractère hiéroglyphique fût la même que celle du caractère démotique. S'il y a de la différence entre les deux , c'est à la dernière que répondrait le copte ; et l'inscription serait réellement trilingue. Nous devons cette observation à notre savant ami M. Wladimir Brunet.
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M. le docteur YoBng , qui s'appup d'une base inébranlable , l'identité de la langue copte avec l'ancien égyptien, identité démontrée par M. Etienne Quatremère avec une évidence déjà si féconde en grands résultats. La sagacité pénétrante et investigafripe de feu M. Gham-* pollion porta bientôt dans une voie de rapide perfectionnement ces études nouvelles, où il fut secondé par les travaux auxiliaires de MM, Akerblad , Sak , Peyron , Rosellini , Brown , de Kosegarten-, et par les travaux , pour ainsi dire parallèles , de AOf • Hase et Letronne. Cette question , jusqu'alors en apparence insoluble , et c[ui n'avait inspiré , avant M. de Sacy, que des extravagances * , se trouva ainsi tellement illuminée , que l'on put passer avec certitude des Phéniciens aux Égyptiens , et là trouver sinon la naissance précise d'un art dont est provenue toute civilisation , au moins remonter, en le suivant, jusc[u'à des siècles très-reculés; et enfin, de l'examen de sa
* On croit pouvoir qualiGer ainsi les volumineux travaux du père Kircher et de ses disciples , dont le docteur SeySartb a voulu encore récemment soutenir les doctrines , même depuis Ghampollion.
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marche pendant un aussi long période , tir^ les inductions les plus vraisemblables sur ses premiers essais.
L'antique Egypte , berceau de là civilisation humaine , centre d'où ont rayonné en Orient et en Occident tous les enseignements divers qui ont policé le monde , possédait et conserve encore sur ses gigantesques édifices les caractères mystérieux d'un langage que son impénétrable obscurité avait &it regarder jusqu'ici par les anciens et les modernes comme en dehors de toute comparaison. Pourtant l'opinion générale était qu'il représentait seulement les idées. Peut-être se trouvait-il ainsi le type , non seulement de l'écriture idéographique des peuples les plus lointains de l'Orient , mais encore des signes numériques , auxquels s'applique si favorablement le principe idéographicpie qu'aujourd'hui en Occident et en Orient les mêmes chiffres sont employés par des peuples dont l'écriture diffère autant que le langage.
Il n'entre pas dans les bornes étroites de notre sujet de retracer les inductions successives au moyen desquelles MM. Young et Champolhon , autorisés par M. Etienne Quatremère à
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œnsidérw le œpte comme la langue des anciens Égyptiens , ont reconnu dans les hiéro^yphes un grand nombre de caractères phonéticpes ; comment l'emploi de ces caractères , que l'on crut d'abord réservés à exprimer quelques noms propres étrangers , dont le son ne réveillait aucune idée égyptienne , lut étendu , principale*m^it par M. Ghampollion , à presque tous les noms propres égyptiens , et même , selon son opinion, à une grande partie des autres mots * ; enfin comment la comparaison de plusieurs papyrus avec la pierre de B^osette a lait referou^ ver les différents genres d'écritures égyptiennes mentionnés par saint Clément d'Alexandrie , dans ks genres suivants que l'on a nettement distingués : l'Hiéroglyphique ou caractère monumental ; le même caractère simplifié par les prêtres pour s'en servir avec le calamus d'une manière cursive , c'est lliiératique ou sacenkvtaie ; et enfin l'enchorique ou démotique , à l'u-
* Selon Ghain{)ollion , dans les inscriptions hiéroglyphiques , les trois quarts sont phonétiques. Mais , comme il faut plusieurs signes phonétiques pour exprimer un mot , tandis qu'il ne faut qu'un seul signe symbolique , il se peut que les signes phonétiques, bien que plus nombreux , expriment moins de mots.
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sage du reste de b nation : il dmve entièrement de l'hiératique , et paraît être presque entière^ment phonétique , d'après GhampoUion , contredit en cela par M. de Fortia et par d'autres savants.
Ici qu'on nous permette de donner quelques instants d'examen à la filiation de ces trois écri* tures égyptiennes* Si nous cherchons à nous représenter les tâtonnements qui ont accompagné les premiers commencements de l'art d'écrire , nous manquons de données positives , puisque l'écriture hiéroglyphique se présente , tout or^uoisée avec son mélange régulier d'idéographie et de phonétisme , à des époques antérieures aux détails de l'histoire , M. Ghanih polliou: ayant lu , dans une légende de la partie la plus ancienne du temple de Karnac, le nom de Mandouéi I^'', chef de la seizième dynastie y l'Osymandias des Grecs y et dont le règne répond de l'an 2272 à l'an 2222 avant Jésus- Ghrist , d'après les calculs chronologiques de M. GhampoUion Figeac.
Gette chronologie s'accorde très-bien avec celle de l'Écriture-Sainte , puisque la naissance d'Abraham se rapporte à la première année du