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règne de ce Pharaon, chef de la seizième dynastie; et c'est seulement à la fin delà dix-huitième que Moise sortit d'Egypte avec le peuple de Dieu . Ainsi l'on conçoit comment ce peuple , qui était resté plus de deux siècles en Egypte , en emporta la connaissance de l'écriture , dont il fit peut-être le premier un usage purement phonétique, A cette époque lui furent données les tables de la loi (1493 avant Jésu&^hrist), On voit donc la concordance parfaite de ce grand événement avec l'histoire de l'écriture ; et c'est la première fois qu'il en est &it mention dans la Bible. S'il n'y a rien de plus ancien , en foit de cartouche dénominateur, que le nom de Mandouéi I®^ nous serons obligés, pour faire remonter plus haut les recherches sur l'art d'écrire, de recourir à des conjectures appuyées sur quelques textes. Mais ils sont loin , dans une question de ce genre , d'avoir l'autorité des monuments. M. Letronne a démontré que la description du tombeau d'Osymandias , donnée par Diodore, n'a pas de fondement réel*, et re-
* Bien qu'une partie du temple de Karnac ait été donnée dans le grand ouvrage sur TEgypte comme ce tombeau d'Osymandias.
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pose sur un œnte de cicérone iait sans doute à cet historien. Aussi nous n'invoquerons pas* ce passage y comme l'avait Êdt fi^ Ghan^Uion \ pour établir qu'il y avait dans œ tombeau une nombreuse bibliothèque. Car à quoi serviraient les austères vérifications, de la sdenoe si l'on retombait toujours dans les mêmes erreurs? Un &it reste toujours de ce cartouche da Mandpuéi l^^ ou Osymandias , lu par Ghampollion, c'est que le caractère phonétique existait du temps de ce roi. Probablement un si grand pas dans la science de l'émture s'était &it pendant les siècles écoulés entre le r^^ne de ce Pharaon et celui du prenûar roi Menés , contre lequel des formules de malédiction avaient été inscrites dans les temples ^[ypdens , çn exépuûon du jugem^it solennel porté contre la mémicHre de ce prince par 1^ nation. Best permis de supposer que ces formules n'étaient que quelques signes figuratifs sans système r^ulier, comm^ les sêmata d'H(»Qjère , dont nous avons parlé. Le caractère de. gravité, de consistance, qu'ofiire en toutes choses l'antique Egypte , doit
* Seconde Lettre à M. le 4uc de Blacas, page 16. I. 4
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bire attribuer à cetart<)es progrès lente et sontenus. On pourrait se représenter les premiers essais de l'écriture comme se confondant avec ceux du dfôsin^ Les progrès les plus voisins de cette origine seraient l'introduction d'un prindpe r^ulateur, déterminant la signification de chaque figure et en écartant l'arlntraire. C'est le prindpe symbolique d'où saint Glémait d'Alexandrie Eût dériver le caractère kyriologique par imitation , le tropique et Ténigmatiquë. Le premier, qui est tout figuratif , conserve les plus anciennes traces de l'art , puisqu'il consiste dans rimitation des objets eux-mêmes; mais les perfectionnements successifs réduisent par la suite ce caractère kyriologique au moindre rôle. Le second (le tropique) conserve toujours un rôle beaucoup plus important , cémme d'tan U3age plus étendu et plus c(»nmode ; réveillant une idée accessoire , non seulement par là représentation de l'objet auquel elle se rattache , <baîs par telle partie convenue de cet objet. Ainsi une partie du corps du lion pourra rè^yrésenter tme des princîpdes qualités de cet animal ; mais pour s'entendre il sera nécessaire de déterminer qudle partie ^t quelle qualité. A
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plus forte raison, cette détermination sera-t-elle ûéoessaire pour le troisième caractère , Ténigmatique , comme le serpent représentant la révélation dès planètes.
PoiMP l'époque où serait venu s'ajouter à ces premiers progrès le principe phonétique qui renferme la véritaWe origine de l'écriture phénicienne et de tous les autres alphabets , nous avons le long espace dé temps rempli par quinze dynasties antérieures à Osymandiâs. Ce principe fiit-il introduit dans l'écriture égyptienne par la connaissance que les prêtres eurent de l'écriture cuûéifcM'me , qui est alphabétique et dont l'antiquité parait n'être pas moins respectable en Asie que celle des hiéroglyphes en Afirique? c'est là peut-être le point le plus curieux de toiite cette question. Si cette supposition se vérifiait , on verrait donc l'Egypte réunissant alors en un seul système les deux systèmeis graphiques, dont les Hébreux ou les Phéndciens auraient détaché, pour risolei* de nouveau , le principe phonétique , au moins huit siècles plus tard , puisque Tépoque de la fiision est nécessairement antérieure au vingt- troisième siède avant léèùs-Ghrist , temps où vivait ce
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Mandouéi l^^ ou Osymandias , dont M. GhampoUion explique le cartouche dans sa seconde lettre à M. le duc de Blacas. Les résultats qu'a déjà obtenus dans l'étude des inscriptions cunéiformes M. £ugène Burnouf peuvent arriver au point d'éclaircir cette première origine du principe phonétique qui s'introduit partiellement dans récriture ég^^tienne , plus de vingttrois siècles avant Jésus-Christ. Il n'est peutêtre pas de sujet desrecherches plus intéressant dans l'étude philosophique des progrès del'es» prit humain.
On sait aujourd'hui par quel procédé le caractère phonétique s'introduisit dans les hiéroglyphes. La représentation d'objets dans les noms égyptiens desquels on considéra seule-, meut le son initial vint faire l'office de lettres. Ces objets , abrégés dans le caractère hiératique, y prennent déjà une forme de convention destinée seulement à les rappeler. Cette forme , dont on retrouve encore la trace dans le caractère démotique , indique ainsi la chaîne des trois écritures égyptiennes ; mais , suivant Cham-. poUion, la démotique est surtout phonétique. Pourtant les Egyptiens , à qui l'idéographie
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était si familière , ne renoncèrent jamais entiè-
rement à son emploi , même en écrivant la dé-
motique. Certains signes , employés de tout temps pour les idées les plus usuelles , comme ridée di homme, offraient l'avantage d'écrire d'un seul trait du roseau les mots qui se présentaient le plus fréquemment , et Ton peut dire qu'une telle combinaison de l'idéographie avec le phonétisme est peut-être la plus heureuse qui puisse être imaginée dans un système d'écriture. Le phonétique permet de tout représenter; et l'idéographie appliquée aux mots lés plus usuels joint à cet avantage .celui de la plus grands promptitude \
La haute civilisation de l'antique Egypte , et les restes merveilleux qui nous l'attestent encore sur les lieux mêmes, après tant de siècles , s'accordent bien avec ce degré de perfection de
* Les Chinois et les Japonais ne sont pas arrivés à cette perfection. Bans leur écriture idéographique, ils ont aussi un syllabaire phonétique; mais il sert pour les noms propres, qui sont encadrés dans des cartouches, comme sur les inscriptions hiéroglyphiques. Cette coïncidence singulière avait donné lieu à Topinion de M. de Guignes, au sujet de l'origine égyptienne des Chinois.
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récriture. Nous connaissons très-imparfaitement cette civilisation si ancienne. Quant aux points de supériorité que pourrait avoir incontestablement la nôtre, peut-être tiennent^ls seulement à Teffet nécessaire du temps, qui , en iaisant fructifier les découvertes , met à profit pour les derniers venus toute Texpérience amassée successivement par leurs devanci^s. Mais qui nous dit qu'un aussi riche héritage de sciences et d'observations , exploité aujourd'hui par un peuple con^me étaient les anciens Égyptiens, n'aurait pas étendu bien davantage ce domaine intellectfiel de notre époque ?
Quoi qu'il en soit, l'art si important de l'écriture , en passant de l'Egypte aux Hébreux , aux Phéniciens , apporta à ces peuples une direction d'idées toute différente „ qui caractérisa ensuite un pays alors nouveau , cette Europe aujourd'hui vieille , et où les Phéniciens semèrent le germe fécond des arts.
Les Phéniciens reçurent de l'Egypte son caractère démotique , qui , appliqué à leur langue,, devint réellement pour la première fois , chez eux ou chez les Hébreux , purement phonétique. Car les Égyptiens , par cette chaîne nou
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interrompue de leurs trois écritures , voyaient à la fois des sons et des idées dans les signes phonétiques de leur écriture populaire. Les Phéniciens n'y virent plus que des sons. Dès lors , les agnes de l'écriture prenant quelque chose de mécanique , dégagés des idées symboliques inséparables , en Egypte , de leur origine traditionnelle , devinrent des instruments conune le roseau qui les traçait , et laissèrent ainsi à la pensée toute son indépendance , en affranchissant l'exercice de l'écriture de toute préoccupation.
Voilà l'écriture que les Grecs reçurent des Phéniciens.
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