DE RAMBOUILLET
tîoo ; oar eêsarfisr» sotiè lé M^e (^asÉàblekhéirt^i^avëléux an BésmaîS) de metti^e en honneur là ptùfèié dés SKMn, e^étâh éleVeir itùtël coiiti^ éntel. Les beaux senlknente dont le chaste salloh dô la marquise de RMQboUillet donnait lé précepte et l%xétnpTé, étaient déjà la aatii^e indirecte de la écKir ; inâiis petiâë-t-on que eette satire discrète fût la seule qn^oh se permit ; c'eût été trop de vei^tn ; te âiaMè à toojourb sa petite place de résenre dans les mèillenres âmes, et la faiblesse Imnniiiie voulait qu'on traç&t qUélquéfôîs. lé fàbleàù dts désord#els qtié IMft condahilibit ptir îà piik^eté de sa conduite.
le pense toutefois, qtie ces anecdotes, empruntées à le ebreiniqw de la éàut et dé la Vffle , se racontaient è Toix bMse lo/s<)ue fé vieux ttiarquis préîiait à part, dans nn coin en salon où dans rëhibrasùre d^ane fenêtre , C&audebonne^ Voîtwe, Serann et le nain de Julie, Godeau, qui, malgré son évéché, entendait la plaisanterie. Cette partie secrète des entretiens dû stiion d'Arthéiiice nous a été ti^ansmisé par le caustique et spirituel Tallemant des Réaux ; et Dieu soit loué de ses indiscrétions ! sans cela, nous aurions perdu ces bons ôohteà qui nous égaient aux dépens de Henri IV, et qui ternnsenit mi peu don aftiréolë de vert; galant ; nous ne saurions rien des peecadtlleB de son grave ministre lé duc dé Sully. Uoppositîon de Thôtel de Rambouillet, nloihs ^stëmé tique ëbu's LôtiisXIn, ne laissa pas de suivre son cours ; on s^y entreteank
des galanteries de la cour ; on glosait sur le^eoinpté de
228 ESSAIS d'histoihb littéraire.
Louis XIII, qui faisait si sottement son métier de roi; Louis XIII, le moindre de sa race, héritier des Tices et des faiblesses de sa mère, et qui ne tenait de son père que Todeur du gousset, le plus ennuyé des princes et le plus ennuyeux, perfide en amitié, lâche et cruel, jusqu'à contrefaire les grimaces des mourants, et regrettant de ne pas voir celle que devait faire à Theure dii supplice M. Le Grand (Cinq-Mars), le complice et, dit-on, le triste instrument de ses plaisirs. Oa n^épargnait pas non plus le cardinal-ministre, dont le patronage littéraire faisait concurrence, et Ton se permettait de railler sur ses amours avec la belle Marion, sur ses bévues d'érudit, lorsqa^il faisait du poète Terentianus Maurus une comédie de Térence, et sur son admiration pour les vers où Guillaume GoUetet se plaisait à peindre dans le bassin des Tuileries :
La cane s'hnmectant de la bombe de Teau <•
Les témoignages de Tadmiration contemporaine ne manquèrent pas à Thôtel de Rambouillet, et la consi-
' Voici les vers de GoUetet :
A même temps , Je vis sur le bord d'un ruisseau La cane s'humecter de la bourbe de Teau, I^'une voix enrouée^ et d'un battement d'aile, a Animer le canard qui languit auprès d'elle.
Pour apaiser le feu qu'ils sentent nuit et jour IMuos cette onde plus sale eacor q^ leur amour.
Richeliea, émerveillé de cette poé^e, donna à l'auteur soixante pistoles, en joutant que < c'était seulement pour lès six yers qu'il ayait trouvés si beaux, et que le roi n'était pas assez ricbe pour payer le reste. » Le reste était de même force.
L^HÔTEL DE BAMBOUILLET. 22d
déralion dont il jouissait ne fut pas détruite pendant la dorée du dix-septième siècle: Fléchier a parlé ainsi, dans son langage antithétique, de ce salon, « où se rendaient tant de personnes de qualité et de mérite qui composaient une cour choisie, nombreuse sans confusion, modeste sans contrainte, savante sans orgueil, polie sans affectation. » Jugement qui serait plus près de la vérité si Ton transformait les correctifs en compléments; il vaut mieux s^en tenir au jugement du duc de Saint-Simon, qui constate, sans commentaire, Timportance historique de cette illustre société : a C'était le reudez-vous de tout ce qui était le plus distingué en condition et en mérite ; un tribunal avec qui il fallait compter, et dont la décision avait un grand poids dans le monde sur la conduite et sur la réputation des personnes de la cour et du grand monde. » L'héritage de rhôtel Ranâbouillet fut recueilli par les duchesses de Montausier et d'Orléans, et par Madame de Maintenon, héritières des traditions de la conversation, spirituelle et polie, qui se maintinrent au dix-huitième siècle, à la petite cour de la duchesse du Maine, et dans les cercles de Mesdames de Tencin et Geoflrin. Cet art de converser .s'est perdu pendant la crise révolutionnaire ; Madame de Staël y substitua un instant ses éloquents monologues, interrompus par un coup d'État de Napoléon ; Delille et Suard avaient conservé les secrets de cet art ingénieux qu'ils auraient emporté dans la tombe, si le salon de M. Villemain ne lui ouvrait pas quelquefois, de nos jours, un dernier asile.
230 ES3ILIS d'hutoirb littéraire.
La tribane ^V les joomaui ont taé les salons^ la conversation a iait place aax discours , on ne cause plus; on discute, on pérore, on déclame : mais si nous ayons moins de beaux esprits , nous possédons en retour d^éloquente (orateurs et de spirituels jour- ' nalistes. Il faut bien accepter la compensation, et même s^en réjouir, car le règne des salons ne pourrait renaître que sur le tombeau de nos institutions politiques.
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