UN ROMANTIQUE SUK LE TRONE
lui avons vues sur iea légendes religieaaeSvesi bien loin d'élre toujours conséquent : il lui arrive, à certains jour^, de s'emporter violemment contre les hypereritiques,,
pour lesquels des récils quMui paraissent croyables ne sont que des contes de vieilles femmes : « En de telles matières, dit-il, la tradition des villes dans lesquelles un miracle a eu lieu, mérite bien plus de crédit que ces savants à la mode du jour qui, avec tout leur esprit, n'ont pas le sens de la vérité. » — Nos oreilles ne tintent-elles pas encore de discours semblables que nous avons dû entendre si fipuvent de la bouche des romantiques chrétiens?
Gomme le coeur du jeune romantique avait souffert, lorsqu'il avait vu, sous îe règne de son incrédule prédécesseur, les temples tombant en ruine, les mystères supprimés, les autels détruits, les sacrifices abolis, les prêtres chassés, le bien des temples dilapidé! Quelle ferme résolution il avait prise, pour le cas où il serait appelé à mctnter sur le trène, de guérir le monde nuH lade, de rendre aux dieux leurs honneurs, aux peuples leur/dieux, et par là même à remj)ire romain le ferme appui de sa grandeur! Car peu s'en est fallu, écrivaitil plus tard, que la folie des Galiléens n'amenât une catastrophe universelle : c'est la clémence des dieux qui nous sauve. L'athéisme des chrétiens et surtout des empereurs chrétiens avait irrité les dieux contre l'empire-, Tarmée, (jui avait passé à l'incrédulité nouvelle, avait expié sa défection en perdant l'appui de Mars et de Bellone,de la Pallor et Pavor qui, autrefois, marchant devant les légions, forçaient l'ennemi à fuir. Et pour ce
lOS ESSAIS D'UISTUIRE lUaif.lELSE
qui est de former des guerriers ou des hommes d*Ëtat, d'ins]>irer la valeur guerrière ou les grandes vues pa- • iriotiques, c'étaient là, selon Julien, des choses dont la
religion chrétienne éiait aussi incapable que sa mère, la religion juive.
Arrivé au trône, Julien considéra donc la resUuratîon ecclésiastique comme sa tâche essentielle. La dignité de poniifex maximus^ revêtue déjà par ses prédécesseurs, fut à ses yeux aussi importante que la dignité impériale ello-mcmo; il partagea dès lors sa vie entre le service de l'Ëlat et celui de l'autel. 11 ne se contenta même pas de restaurer le passé religieux; il ajouta aux choses vieilles des choses nouvelles. Hais précisément Texagéfatîon dans laquelle il tomba fît clairement voir tout ce qu'il y QAail d'artilîciel et do foicé dans sa tentative de restauration. Au jugement d'un contemporain impartial, la quantité (ks sncrififv s qu'il offrait aux dieux était outrée : il lui arrivait de faire égorger devant les autels jusqu'à cent taureaux à la fois, une masse innombrable . d'autres animaux, et les oiseaux les plus précieux qu'on allait rlicrclier sur terre et sur mer. xVmmicn 3Iarcellili, quoique païen lui-même^ voit là plus de superstition que de vraie piété; et on connait le mot qui courut dans le peuple au moment où Julien partit pour la guerre des Partbes : < S'il revient victorieux, les taureaux deviendroni nires. • — Plus il ressentait douloureusement le dcfeclus oiacnlurum qu'a\aiunt dt jà dt'ploré (jcéron et Plularque, plus il dut chercher à y suppléer en quelque manière. « Puisque les oracles sortant de terre, écrit-il, paraissent soumis à une certaine intermittence, notre