‹ Essais d'histoire religieuse et mélanges littérairesChapitre 14 sur 47 · UN ROMANTIQUE SUR LE TRONE · texte numérisé non relu

UN ROMANTIQUE SUR LE TRONE

menis delà philosophie néo-plaionicienne» mené plus loin

ensuite par Eusèbe et Chrysanthe, instruit çndn dans les derniers secrels de l'école par réloqucnl Maximus à Éphèse; on sait que, dans cette dernière ville» à Éleusisy et ailleurs encore, il reçut l'ordinalidn mystique. Lorsqu'il fut monté sur le trône, un des premiers actes du prince romantique fut d'appeler è sa cour ses maf-> 1res el ses modèles; la phipuri acccpièrent avec empressement et profitèrent de la bonne fortune qui leur venait : Cbrysantbe seul eut la modération ou la prudence, rare en tout temps, de décliner l'invitation et de persister dans son refus malgré toutes les instances. — Ce qui est bien d'accord avec lé caractère de lettré ei presque tie pédant qui nous frap])e chez Julien, c'est qu'il aimait à s'entendre parler et saisissait toutes les , occasions de prononcer un discours. < Rarement sa lan« gue était immobile, » dit Âmmîen,et sa plume n'était pab moins féconde en lettres et autres travaux de ce genre, qui sont écrits tout à fait dans la niauicru deTécolo au sein de laquelle il s'était formé.

Ce qui est artificiel en Julien, ce ne sont pas seulement ses écrits, tout tissus de réminiscenceset composés devant le miroir : son individualité tout entière est marquée au coin de la prétention et de la recherche. Gibbon n'a pas été le premier à trouv(îr (jue ses vertus manquaient de naturel; les contemporains remarquaient déjà dans sa piété, dans sa condescendance, quelque chose d'affecté. Gomme il se complaît dans ses propres mérites! Jamais plus, croyez-le bien, que lorsque — dans son MUopogon^ par exemple — il les tourne

en ridicule et les rabaisse, comme pourraient le faire ses ennemis. Avec quelle coquetterie cynique il adonné i dans cet écrit laborieusement spirituel la charge de sa propre (igiire! Sa vaniteuse préoccupation des applaudissements du publie a été de même notée par l'honnête Amraien. D'un autre colé et ceci ne rontredit pas le remarque précédente, mais bien plutôt la confirme, — quand Tempereur romantique n'avait décidément pas réussi à gagner la faveur du public (comme à Antioche, par exemple), il lui tournait le dos nvec dépit, faisait savoir à la ville mal disposée ([u'ellc avait encouru la disgrâce de son souverain, tirait satisfaction du méfait par quelque railleuse satire, et demeurait insensible au repentir, aux excuses des coupables. Lorsqu'il rencontrait ainsi dans la population d'une y\\\c une résistance inattendue, c'était, selon lui, une minorité malveillante qui se donnait insolemment pour l'organe de l'opinion générale : explication commode, que d'autres après lui ont donnée dans des cas analogues En somme, le romantique couronné montre beaucoup plus d'obstination que de fermeté véritable. Non-seulement ses mesures contre le clirisiianisme subirent mainte moditication durant son règne si court, mais encore il lui arrivait souvent de regretter telle sentence judiciaire qu*il avait prononcée la veille, et de la casser. Il était, cela est sûr, d'un naturel violent et lrés-irritable,et, dans le premier feu de la coléie, il passait aisément les bornes. Grégoire va jusqu'à dire — nous lui laissons la respon-

1 AUuaiooaaroi Fréderic-GuiUaiioie IV. (Trod.).

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