‹ Essais d'histoire religieuse et mélanges littérairesChapitre 17 sur 47 · MA MÈRE · texte numérisé non relu

MA MÈRE

pasteur à Uegnacii près de Waibliogeo, prit Christiaoo chez lui.

Là se présenta Foocasion de meure en pratique

• ce qui venait d'être appris > car une partie des soins domestiques fut confiée j)ar la tanto à l'activité et au savoir-faire de sa jeune nicro. Uegnach est à deux lieues seulement.de Ludwigsburg: c'est ainsi que votre grand -père put tout naturellement faire la connaissance de celle qui devînt sa femme. C'est dans les dernières années du siècle pas?é que le mariage eut lieu et que ma mère vint habiter à Ludwigsburg.

La position qu'elle venait occuper pouvait au premier abord sembler avantageuse; mais, à y regarder de près, elle n'était pas enviable; — la tâche qui allait incomber à ma mère n'était [)as l'acile. Une maison de commerce prospère, mais dans laquelle son mari était bien loin d'avoir une position indépendante. Eélas 1 il ne l'eut pas plus tard, lors même que les cireonstances eurent changé ; il ne fut jamais son propre maître. Entrons dans (juei(iucs détails.

Votre ^rand-père était un homme doué des plus beaux talents naturels. 11 avait si bien appris le latin à l'école de Ludwigsburg et il en avait si bien entretenu l'étude après être sorti de l'école, que, jusque dans son âge mûr, i^emportait dans ses promenades un Virgile, un Ovide ou un Horace et se mettait à paît sous une tonnelle pour les lire, il avait une facilité innée pour écrire dans quelque genre que ce fût. S'agissait-il de rédiger une pétition, un mémoire, une circulaire, pa-

no ESSAIS D'HISTOIRE RELIGIEUSE

rents et connaissances s'adressaienl à lui, et je me souviens encore d'un gâteaa que je reçus de lui pendant mon séjour à runiversicé et qui lui avait été donné par

un pâtissier bien connu de moi. Vous pourrez même lire, si vous oliorrhez bien, quelques dissertations qu'il composa sur certains sujets de prédilection (nous allons en reparler) et qui ont été imprimées. 11 n'était pas jusqu'à la poésie pour laquelle votre grand-père n'eût un certain talent. Je vous ai répété plus d'une fois et vous n'nvrz pns onblié, je peiisi', sn jolie épigramnic sur le inunuei des trois maîtres de latin dont le nom prélait à rire.

Avec ces dons naturels, avec ces penchants, une carrière scientiGque semblait tout indiquée ; mais l'empire de la coutume qui voulait que le fils prit Tétat de son père fut tel dniis I esprit des parents et même, semble-t-il, dans le sien, qu'on ne pensa pas même sérieusement à lui faire faire des études. Et cependant une carrière savante n'aurait ou que de bons effeta sur son éducation, surtout si ç'avait été la carrière tb(?ul()gique, qui, des l'âge de treize ans, l'aurait fait sortir de la maison paternelle et ])lacé sous la discipline du séminaire. Car, pour le bien élever, sa mère, personne passionnée, n*avait pas assez de culture, son beau-père \ homme de bon sens, pas assez d'intérêt pour ce qui (Hait étranger au commerce, et surtout pas assez d'empire dans sa propre maison. — Api ès avoir fait sou apprentissage. à Ludwgisburg, mon père alla

1 Son propre père était mort Jeow*

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