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LE SÉMINAIRE

Le !21 octobre 18^1 était la date iixce pour l'arrivée (les élèves. Quelques jours auparavant, notre jeune

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Hârklin commençait avec son père le peiit voyage** qui devait les conduire du bassin du Neckar inférieur à celui du Danube, eu passant par l'Alpe souabe. Jusqu'à Ësslingen et Plochingen, aussi longtemps qu'on a le Neckar à ses côtés ou dans son voisinage, rhabitant^du bas pays se trouve comme chez lui ; mais, un peu plus loin, vers Kirchlieim, l'aspect ihan-ic. La vigne devient plus rare ; la culture des prairies demande de tout autres soins que dans la plaine ; et, avec la Teck, l'Alpe souabe montre déjà ses croupes étendues, ses arêtes abruptes, ses pentes escarpées. A partir d'Owen, les montagnes, couronnées de rochers ei de forêts, se rapprochent et enferment la charmante vahée de Lenningen, que traverse la limpide Lauter : la route étroite,, mais bien entretenue, serpente à travers des prairies bordées d'arbres fruitiers, comme à travers un parc, et longe de gais villages. Mais maintenant les voyageurs sont arrivés dans la partie supérieure de la vallée, et, le village de Guleoberg une fois dépassé, une montée longue et tortueuse conduit en une heure et demie sur le haut pbteau de FAIpe. Arrivé là, on jette encore un regard en bas sur la vallée, alentour sur les pans de rochers et de inontagbes, sur les châteaux ruinés et les petits villages qui y sont hardiment suspendus, en arrière enfin sur le doux pays de plaine, avec ses gracieuses «triantes collines, qu'on va laisser derrière soi. Car, si le vovageur reprend sa marche, une scène toute nou-

I La point d« d^pArt est Heilbronn , où résidait alors lo père de Mirkltn. *

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velle s'offre à ses yeux. Un plateaa désert, sur lequel souffle un vent froid et piquant ; des champs pierreux; au bord de lu route, au lieu des arbres à fruits qui, dans la plaine, réloaisseiii le regard; çà ei là un maigre cormier, ei, le plus souvent, quelque longue perche destinée à indiquer le chemin en hiver quand la neige est haïUe. Si Ton atteint enfin un village, ce ne sont que loi 13 de chaume, et, à l'auberge, pour apaiser la soif du voyageur, on n'a que de Tean jaunâtre de cileme.

On chemine trois milles durant sur ce plateau

désolé, jusqu'à ce qu'enlin comniencn à se creuser un raviu dans lequel la route descend peu à peu. Le jeune voyageur, qui augurait déjà fort mal de son séjour futur, respire plus librement, car la scène s'anime de nouveau, la végétation reparait des deux côtés de la tortueuse descente, et de hardis rochers se dessinent sur le ciel. Maintenant, pensc-t-il, maintenant il va voir le lieu qu*il est si impatient d'atteindre ; mais encore un tournant de la route, qui descend toujours plus, puis iin on autre; enûn, à gauche, se montre une haute et raide paroi de rochers, et à peine y a-t-on jeté les yeux que la voiture roule déjà entre les premières maisous du faubourg.

Dans la petite ville, si calme d'ordinaire, on remarque aujourd'hui beaucoup d'animation. Toutes les auberges et les maisons particulières les plus considérées sont

remplies par les pères, (piclquefois par les mèros, les frères et les sœurs des jeunes arrivants. Màrklin père et fils logent dans la maison du doyen, qui est un ami

aoo ESSAIS U'HISTOIRE RELIGIEUSE

de la famille. Le leodemain, on yiaite les professeurs,

on défait les petites malles, et on met lout en oi dre : les élèves dinent pour la première fois en commun au eémioaire, sous l'inspection de leurs futurs maîtres ; pour la première fois, ils y passent la nuit; puis les cbers parents s'en vont, et désormais e*est à nos jeunes gens à voir comment ils se trouveront dans leur nouveau séjour et en face les uns des autres.

Fondé vers la fin du xi* siècle, le couvent des bénédictins de Blaubeuren avait été réformé au xvi* siècle et transformé en école préparatoire pour les jeones ecclésiastiques : dès lors, il avait toujours — à de courtes interruptions près — conservé celle destination, mais il avait été réorganisé quelques années auparavaut» ainsi que les autres séminaires inférieurs*. Le directeur s'appelait maintenant -epharus ; aux deux professeurs avaient été adjoints deux jeunes gens chargés de surveiller les études et nommés répétiteurs. Les petites cellules d'autrefois avaient été réunies en quatre grandes chancres de travail et autant de chambres à coucher, chacune pouvant contenir dix personnes : entre deux de ces chambres, chacun des répétiteurs avait son cabinet dont les portes, conduisant aux chambres des élèves, restaient ouvertes pendant les heures de travail, afin que la surveillance fût continuelle.

Ces chambres s'ouvraient sur un long et haut

i* Cm iéiniiui1r05 inférieurs do Wurtemberg sont an nombra de quatre : Blenbeuven, NMabronn, Urecb, Sebsmbal. (Trad.)

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