‹ Essais d'histoire religieuse et mélanges littérairesChapitre 23 sur 47 · ANNÉES DB JEUNESSE · texte numérisé non relu

ANNÉES DB JEUNESSE

vive impression et d'exercer une heureuse influence sur des cœurs jeunes et bien placés. La vie de Baur, en particulier, était visiblement vooée toat entière i Ja science; c'est à peine s'il connaissait quelque jouissance en dehors de ses études, et il est resté pour nous à cet égard un idùal, — coimne il l'est sans doute encore aujourd'hui * pour tous ceux qui ont occasion de le connaître personnellement. Kern était une nature moins forte, moins énergique; mais à cette époque l'antiquité classique dans laquelle il vivait, et son intimité avec un collègue tel que Baur, lui donnaii iU un élan qu'il perdit plus tard. Il l'emportait sur liaur, nous l'avons indiqué, par une certaine bonhomie et par une aisance plus grande dans les relations sociales; mais d'un autre côté il se laissait plus facilement prendre à l'apparence ; il lui arrivait assez souvent de témoigner aux élèves une faveur ou une antipathie partiales (et dans ce dernier cas avec une certaine passion), selon qu'ils avaient eu la chance de s'attirer son affection ou son déplaisir.

Baur , au conlruire , toujours et partout impartial et juste, ne montrait parfois une rigueur exafrérée que dans sa disposition à désespérer trop vite des jeunes gens conGés à ses soins, à voir trop vite dans les moindres erreurs l'indice d'une incapacité complète ou d'un manque ahsolu de sérieux. Sur un autre point encore, nous n'étions pas contents de l'admirable maitre, tandis qu'avec son collègue plus facile

1. Ces pages oui viù écrites en 1801, ilu \ivaui do Baur. {Trad.)

m • £SSAIS D'HISTOIRE RELIGIEUSE

les choses, pensions-nous, se seraient mieux arrangées :

liaur ne voulait pas coinprentlre qu'un écolier au sang jeune pût soupirer après

l'ii peu lio lilx^rl*' et ilrLis-icnicnl Dans les li&aux jours do fèie de l'élu S

et eût une autre noif (|uc celle de puiser à la fontaine de sagesse. C'était lui qui opposait le plus de résistance à nos demandes d'une plus longue récréation le dimanche, d'une plus longue excursion pendant un jour de congé. Mais, comme nous pouvions voir de nos yeux qu'il n'exigeait de non? (lu'une pnrtie trës-mininie de ce qu'il était habitué à exiger de lui-même, celte sévérité n*ôtait absolument rien au respectueux attachement, je dirai même à raffection de cœur que nous portions à un tel maître.

L'homme qui était — comme il le disait volonliors — à la létc de l'établissemeni, Vephonis Heuss, pédagogue à la longue expérience, comprenait beaucoup mieux nos besoins et nos désirs de jeunes gerp. Il favorisait et facilitait les exercices gymnasliques, nous' donnait dans les beaux dimanches mainte heure ou demi-heure de liberté, permettait quelquefois dans les jours de congé des courses aux environs. Dans les dernières énnées de notre séjour à Blaubeuren, il nous fit faire» sous la

1. Se rappeler, dane le Fawi de G<eihe, la scène eotre MéphitlojMAH et TécoUer. {Traâ.)

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