‹ Essais d'histoire religieuse et mélanges littérairesChapitre 26 sur 47 · ANNÉES DE JEUNESSE SI · texte numérisé non relu

ANNÉES DE JEUNESSE SI

pocha pas tel dos plus rôguliers cl des iiicilicurs, comme MiiikliM, do fumor en secret.

C*est dans ces circonsiances, au milieu de ces hommes, sous ces influences diverses, au sein de cette nature, que Bfôrlàin passa quatre ans. One année après Tautre s*écoulaitau milieu de ces travaux paisibles, et si plus d'une fois, avec rimpaticnce de la jeunesse, il avait hàié de ses vœux le dernier jour de séminaire, il trouva, le moment venu, que ce jour arrivait trop tôt. On avait appris avec le temps à apprécier, toujours plus les deux excellents maîtres, on était entré dans des rapports plus inlimcs avec eux, et on pomnit douter (prils eussent des égaux à l'Université. Ou avait joui, dans lesdorniers mois, d*une liberté plus grande ; les relations de so» ciété dans la petite ville étaient devenues plus agréables; la contrée elle-même^ avec son vigoureux cachet d'ori- ^Mualiiô, les sentiers familiers des montaj^nes voisines, avaient mainlenunt une part de notre cti^ur. Mais les semaines succédaient aux semaines, l'examen pour rentrée au séminaire de Tiibingen était passée Theure du départ avait sonné (27 septembre 18S5). Zimmermann récita dans le grand auditoire sa magnifique poésie, on se mit à cheval et en voilure, on traversa solennellement une fois encore la petite ville, amicalement et même tendrement salué de plus d'une fenêtre, — et 00 franchit la porte pour toujours.

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l'i;mversité

La vieille université wiirtembergeoisc de Tiibingen est, non par la ville elle-même, mais par le pays qui Tentourc, une des plus belles résidences des Muses que possède TAllemagne. Située sur le Neckar supéfieur, à Tendroît ou cette mière, après être sortie quelques milles plus haut^e la forél Noire, commence à longer les collines plus douces et couvertes de vignobles (jiii vont désormais signaler son cours, — au point de rencontre de deux gracieuses vallées latérales avec la vallée priocipale, — bâtie elle-même sur Je proloogemeot d'au monticule dont le sommet est couronné par le vieux château, entourée de montagnes encore boisées * eo partie cl qui offrent les buts de promenade les plus charmants et les plus variés, — Tiibingen est pour une jeunesse animée et travailleuse un séjour plein de salubrité, de gaieté et d'agrément.

Si l'on arrive à Tiibingen du côté du Neckar, on remarque dans la claire rangée des maisons qui font face à la rivière un bâtiment considérable, d'une gaie couleur blanche, dont l'une des ailes, plus profondément enfoncée dans la colline, s*élève aussi de beaucoup audessus des parties modernes du bâtiment. G*esl le vieux couvent des Âuguslins, transformé au xyi* siècle par le

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duc Ulrich eo iDstku( pour Tédacation des futurs ecclésiastiques delà cooTession évangôliquc, agrandi plus lard par Clu isioplie et rni> en état de répondre aux bcsoîDS nouveaux. Ce couvent a subi dans le cours des âges» oalre les modifications ameDées par le temps, un si grand nombre de changements architecturaux, qu'il n'a plus l'apparence d'un cloître, ni même celle d*un bâiimeiU très-ancien. La façade principale, bien aérée et soleillée, est tournée vers le sud; les étages supérieurs ont une vue ravissante sur l'Alpe souabe et sa muraille d'un bleu sombre, qui s élève comme arriér^pbn au-desBiis de la vallée de Steinlach* Tout le bâti* ment, à Texception des deux auditoires et de la salle & manger, est partagé en chambres de lra\ail (qui servent aussi de chambres à coucher) pour six ou dix élèves : comme à Biaubeuren« «ntre deux chambres d étudiant, se trouve toujours un cabinet de répétiteur.

Au début, une circonstance très-pénîble è la volée sortie de Blaubeuren et qu'unissait un très-fier esprit de corps, ce fut i'obhgaiion de se séparer, imposée à ses membres, auxquels étaient venus s'adjoindre enviren dix nouveaux étudiants sortis des gymnases du pays. Ils furent partagés entre les difTérentes chambres et pour ainsi dire incorporés aux divers régiments. C'était l'ordre trè^-naturel du séminaire dans le(iuel vivent ensemble quatre volées, sorties des quatre séminaires inférieurs. Chaque année, Tune d'elles quitte le séminaire pour les fonctions ecclésiastiques, tandis qu'une nouvelle volée arrive. Marklin fut placé dans la chambre dite des cJiosseun (Jagerttube)^ chambre

dont les habîianis étaient, pour ainsi dire, les cuirassiers de Pappenhcim (hins le cam^ de Walicusfein du séminaire : des gaillards solides, estimes de la geol étudiante, et qui ne négligeaient pourtant pas leurs études. Cétait là un entourage qui allait tout là fuit à notre ami.

Au ro?to, notre vie à Tul)inp:on était notablement plus libre qu'à Blaubeuren . Si d'un cûlê nous vivions toujours ensemble en continuant à jouir des avantages qui nous avaient été assurés dans le séminaire inférieur^ l'étudiant en théologie reçu au séminaire (le 8lî/)l«r, comme on rappelait) n'en éiaii pas moins î.out aussi bien citoyen académique rpie l'étudiant en droit, en médecine, ou l'étudiant en théologie qui vivait à ses propres frais en dehors du séminaire. Les arrangements intérieurs étaient aussi pluscommodes qu'à Blaubeuren. Le matin, on n'était plus forcé de se lever à heure Gxe; cependant, le répétiteur devait veiller à ce qu'un étudiant n'arrivât pas régulièrement trop tard au travail. La porte n'était plus fermée durant le jour ; mais un surveillant notait ceux qui rentraient Taprés-midi plus tard que trois heures ou (]iii passaient lâ porte à d'autres heures inducs.

On le voit, les mesures préventives avaient cédé la place aux mesures répressives, comme il convient pour les nations devenues majeures. Pendant les soirées, on était, en hiver do moins, astreint à rester

au séminaire; mais il n'était pas impossible d'obtenir de temps à autre la permission de sortir. En outre, la fréquentation des auberges (et par conséquent les rela-

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lions avec les éludianls libres) ne nous était plus in* lerdite.

Nous avions naturellemenl à suivre -les cours des

professeurs de l'université, mais de plus nous avions au séminaire toute sorte d'exercices partie uliers, sous la^ireclion des répétiteurs. Toutes les semaines chaque volée subissait un interrogatoire d'une heure et demie ou deux heures sur les diiïérentes branches de la philosophie et plus tard de la théologie duguiaiique : de là venait à cette leron le nom de locus. A cela s'ajouiaienl des séances de répétition pour les objets qu'on étudiait dans le moment même. Deux fois par an, chaque séminariste avait à écnre, sur un sujet choisi par les répétiteurs pour toute la volée, une composition dite iiorma/e (yormalnufsalz) ; il avait de plus à faire un travail moins étendu, appelé composition particulière [Privai" aufêoiz) sur un sujet choisi par lui-même et approuvé par son répétiteur spécial. Chacun de ces travaux était lu et corrigé en présence deTélève par l'un des répétiteurs. Enfin à la clôture de chaque semestre avait lieu un examen dont le résultat, eomljiné avec celui des autres travaux de l'élève, déterminait la place de l'année. On a blâmé cette habitude* d'assigner ainsi à chaque élève^ du premier jusqu'au dernier, sa place dans la volée; on a même modifié quelquefois cet arrangement, et tout réceiiiineiit on l'a transformé en une simple division en classes ; mais on est toujours revenu à cette détermination des places, parce qu'elle

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