‹ Essais d'histoire religieuse et mélanges littérairesChapitre 29 sur 47 · ANNÉES DE JEUNESSE • S3S · texte numérisé non relu

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délassement, d'autant plus que nous n'avions pas à écrire sous dictée, le professeur lisant trop vite son manuscrit pour que qela fût possible. Cette parcicularité, qui était déjà un inconvéniént à certains égards^ tenait à un défaut capital de ce cours. Haug parlait comme un livre; mais c'est }»rérisi''incnt ainsi (ju'un professeur ne doit pas parier. Ses périodes étaient si rondes et si polies, qu*on ne savait par quel bout les prendre : cela entrait d*un flot régulier et uniforme dans une oreille. pour ressortir tout aussi régulièrement par fautre ; et, à la lin du semestre, on était tout étonné d'avoir retenu si peu de chose de leçons si attentivement écoutées.

Pour la philologie et pour l'histoire, nous pouvions à la rigueur nous tirer d'affaire par nous-mêmes, quand 1rs cours étaient insufGsants; pour la philosophie propieniciii dite, cela était infiniment plus difficile. Dans les deux premières sciences, nous avions déj'i au séminaire fait les premiers pas sous la direction d'excellents maîtres ; en philosophie, à part les disciplines préparatoires, logique et psychologie, nous avions tout à apprendre. De plus, les maîtres de conférences qui étaient ciiar^ês au séminaire du locw philosophicjue n'étaient pas à la hauteur de leur tâche. Privés de guides à qui nous pussions nous conûer, nous dûmes nous en remettre à la chance d'études toutes personnelles. Nous lûmes Kant, et Tàpreté de la pomme dans laquelle nous mordions nous lit faire la grimace. Nous lûmes Jacobi : c'était un fruîi plus doux au palais, et nous pensâmes que, si c'était là de la philosophie, nous pourrions y arriver. Nous lûmes Schelling, et l'on sait

m * ESSAIS D'HISTUIUE RELIGIEUSE

qoe cdai qui a le talent d'enflammer les jeunes esprits, et surtout de jeunes esprits âevés comme nous l'avions été, celui-là devient leur mai Ire. Schelling était donc alors notre héros ; il était surtout celui de Miirklin qui, dans une lettre 4 son père, lettre qui date de cette épo^ que et sur laquelle nous reviendrons, se déclarait ouvertement pour le panthéisme de Sdielling. Plus tard, le brouillard mystique de cotte philosophie disparut sous les rayons du soleil levant de Schleiermacher ; mais ce brouillard avait pénétré et fécondé la terre et l'avait mise en état de supporter sans dommage la sécheresse du matérialisme et du rationaUsme.

Cependant, les deux années de philosophie allaient finir, et nous avions à peine commencé des éludes philosophiques sérieuses. 11 nous était impossible de laisser tomber de nos mains le fil à peine saisi ; nous voulions poursuivre nos travaux dans cette direction, tout en nous consacrant à ce qui allait devenir notre chani}) d'cUides spécial, la théologie. — Mais, avant d'aller plus loin, nous avons iiuel({ues mots à dii o des relations de Marklin avec les autres étudiants de rUniversîté. Nous avons déjà noté qu'il n'avait qu'à se louer de ses camarades de chambrée au séminaire. Il pratiquait alors déjà une devise que plus tard on lui entendait répéter souvent ! « Le jour pour le travail, le soir pour les amis ! > Le matin l'un des plus prompts, dans la journée l'un des plus assidus à l'ouvrage, il était le soir un gai compagnon. Aucun de ses camarades n'a oublié son rire frais et cordial. Dans la réunion de chambrée qui, en hiver, avait lieu une fois par semaine,

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