I.B NATHAN ÛE LESSIMG 4T
négative oa tout au moins soeptiqae. Lorsque le juge^ ▼a le manque de circonstances déoisives, a renvoyé de
son tribunal les fils divisés, il lui vient une idée qui pourrait bien à la lin mctlre sur la voie de la solution cherchée. Et tout d'aburd ce qui demeure élabli, c'est que les anneaux ne peuvent être distingues extérieurement, au point de vue de la matière dont Ils sont faits et de la forme qu'ils ont reçue. Cela veut dire que, si difTérentes que soient à d'autres égards les trois religions, elles se ressemblent néanmoins, selon l'expression de Nathan,
€ Par le fondemout tor lequel elles reposeol. Car toates ne se fondent-elles pas sar une histoire; »
et une histoire ne doit-elle pas
N f^irc acceptée de coiiûaoco Et par un acte de loi ? »
Or,
« Quels soul ceux dunl nous avons le plus de {leinc A mettre en doute la foi ? Ge sont nos pères, n'est-ii pas vrai ? •
A l'égard des preuves liistofiques extérieuresi aucune des trois religions c*est la ce que veut dire Leasing — n'a l'avantage sur les autres. Chacune d'elles admet
la vérité des fiiits fondamentaux qui la constituent, sur
la foi ou le crédit de narrateurs tenus pour inspirés. Si le chrétien ou le juif voulaient se montrer aussi exigeants pour la crédibilité de leurs saints livres qu ils le sont pour celle du Coran, ou se montrer aussi coa-
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îants avec lo livre de Mulioiiiet (ju'avec la Cible, — on verrail daas i'uQ des cas la Bible résister aussi peu quo le Coran, dans le second le Coran résister aussi bien que la Bible.
Mais tout ne Gnit pas là. Dans le -Déeaméron^ Tanneau donne à celui qui le porte le droit à Thérilage du père
et la préséance Mir les autres frères. Chez Lcssing, outre sa forme extérieure et reconiiaissable, ramieaii a encoie une vertu intérieure et magique, la vertu de rendre son détenteur agréable à Dieu et aux hommes. Une vertu magique de cette espèce est impossible à contrefaire et ne peut pas non plus rester sans effet. Celui des trois frères ([ui possède le véritable anneau obtiendra nécessairement l'amour des deux autres; ils se subordonneront voloniaiiement à lui. Que si, au contraire, ils se querellent tous trois» c'est qu'aucun d'eux ne possède la vertu magique qui gagnerait le cœur des autres, p'est qu'aucun n'est détenteur de Tanneau véritable qui s*est perdu et dont tous trois n'ont à la main qu'une contrefaçon. Cette vertu magique n'est pas autre chose que l'action morale de la religion. Quand le juge invite les fils à aider la vertu de la pierre par leur douceur, leur cordial support, leur bienfaisance, leur sincère dévouement à Dieu, l'image disparaît pour faire place à sa propre interprétiition : ce sont précisépaent ces vertus, effets moraux de la religion, que symbolise la vertu magique de la pierre dans l'anneau. C'est en elles, et non dans les arguments extérieurs et bisioriqucs, i|uc réside la preuve infaillible de la vérité d'une religion. La vraie religion sera, non pas celle dont le fondateur
est regardé comme l'être le plus surhumain, qui a ftul
le plus de miracles et qui a enseigné les mystères les plus inco[nj)rélR'nsibIes, mais celle qui f;iit les hommes Jes plus honnêtes et le plus granii nombre d'honnêtes gens.
Que ce résultat soit atteint égalemeut par toutes les religions, par l'islam, par exemple, aussi bien que par le christianisme, c'est là ce que Lessing n'a dit nulle part. Ce q»'il a dit, c'est que cC'Tésaltat n'est impossible dans aucune ul (jue dans toutes il est resseniiel. Encore moins faut-il cherclicr une intention de rabaisser le chrisiianiâme au profil des deux autres religions dans ce fait que le judaïsme et l'islam ne sont représentés ici que par des caractères sans tache, tandis que, pour représenter le christianisme, nous trouvons à côté de rhonnéte frère convers des caractères détestables (if paliiarclie), éciuivoques (Dajn) ou tout au moins passionnes (le templier). La vérité est que dans les (rois religions Lessing nous montre comme beaux caractères ceux-là seulement qui ont dépassé la lettre de leur foi et en ont saisi l'esprit» qui ont dépassé le dogme et atteint la vérité morale supérieure. U nous aurait dépeint le juif asservi à Torthodoxie rabbinique ou le musulman bigot sous d'aussi noires couleurs que le patriarche chrétien, s'il était entré dans son plan de poursuivre la foi étroite jus (ue dans le domaine des religions non chrétiennes. Mais, comme il ne voulait pour le moment agir que sur des chrétiens, c'était eux seulement qu'il importait d'humilier, c'est à eux seulement qu'il fallait montrer le portrait effrayaot de quel-
queS'puns des leurs, eo opposant à ces portraits des
liguios plus nobles prises piirmi les seetatt iirs des deux aulri'6 cultes. La morale de Tallinn n u.-l (Imic p;i> ijue les trois reJi^ioQÊ soient égales au poinl Ue vue de lu valeur intrinsèque et de la vérité, mais que, dans l'une comme dans les autres, la lettre dogmatique tue et Tesprit moral seul donne la vie. C*est done par une généreuse émulation en vue du bien, et non par un zèle fanati(|ue, qu'elles doivent clierelier à montrer laquelle des (rois possède le pluâ de col esprit, el le possède le plus purement.
t Je n'ai jamais demandé, » — ce sont les paroles que le poêle met dans la bouche de Saladio à l'endroit où il donne le choix au templier de vivre auprès de lui comme chrétien ou eomme oMisalinan.
» Je n*ai jamais d(Miiandé Qu'il D'y eut qu'une seule écorc^ pour tous les arbres.»
Bb désignapt'aiosi la forme religieuse, la confession particulière comme n'étant que Textérieur, l'ésorce,
indifférente au prix de la séve vilnie, de l*aniour du bien, Le^sin^ se met en conlradictioii diiede a\ee la piété vidgaire. Et lorsque Sittah dit, en |)adaut des chrétiens :
< Leur orgueil est il'cln^ cliréiiciis, non (JVHrc hommes.
MlMtic ce qui, dans It's doclritios do liMir fondateur,
Tempère l.i siiperslilion par rinim miti'.
Ils raimoiil, non parce que cVsl humain ,
ldau>purce que le Chris4i'aeub£i|^ué, parce que le Christ Ta fait.
LE NATBâ:^ UK ^KSSiNG «I
C'cbl un bonhcifr pour eux, certes, qqc Chthi Aitélé un hommo si bon 1 C*est nn hnnhcur que leur foi Lear pcrmeUc d'accepter sa vertu ! Mais, que dis-jo? Vertu I Ce n'est pas sa venu qui duit ôtre répandue pnrioui. C'est son nom; ce nom doii effacer les poms do tous les
[hoiDRies de Mes.
II doit les absorber. C'esi du nom, du pom seulcmcol » Quo}esçhr<îficns s'io<^uiâieiil. a
lorsque Siitah parle «insi» U m fout pas oublier que
c'câi uiio iiHisiiiiDuno, que c'est la sœur du sultan (jui parle. Jliii» olc'z un peu de la \ivacitt; (•( du ramertume de ce didcouii;, cl vuus aur^z l'upiuiuii peisoiuidle de Lessin^ sur la piété chrétienne (elle (]u'il lu vo^yaii aatour de lui, telle qu'il la verrais «ujpurd'liui epcors presque parlout. Son senti ineull iniîinfi en face de cette piéip, • c'est Nutjian qui Texprime lorsqu'il dit au templier :
• Le clirélicn et le juif sont-ils donc cbr^lieo ei juif
Avant dWro honinics? Ah ! si je pouvais vous CQmpU^ Au noiiihie de ers honuueâ qui se coQlcnicat Du nom d Uonimcs! »
C'est dans le mémo sentiment que Schiller a loué Rousseau, qui * de cliiéiicnsa vouhi faire des hommes», et que Lcsaing iui-iaéijie, dans son Jùducaiiun du gcttvf /itiDtoin, annonce la venue d'un nouvel Évangile éieruei auprès duquel les écrits de la Nouvelle Alliance ne serQAt plus que des livres ôlénicnt'vires.
Ce n'est pas içi le lieu de réfuter les critsqocs qu-'on
51 ESSAIS D'HISTOIRE *RELIGIBUSE
adresse à celle manière de voir de Lessing au nom d'une conception religieuse plus rigide — ou plus
élroile; — pcrniellez-moi plutôt, avant de finir, d'examiner quelques reproches qui ont été faits au point de vue esthétique à l'œuvre que nous venons d'étudier. — On a trouvé fâcheux qu'une pièce dont le sujet n'est rien deihoinsque le grand conflit historique entre le fanatisme chrétien et la pure religion de la raison, — que cette pièce aboutît au pathétique vulgaire d'un . drame bourgeois et d'une reconnaissance de famille. 11 est vrai, nous avons ici une famille dont les membres se retrouvent, après une longue dispersion, au moyen d'une de ces reconnaissances où Aristote voyait déjà un des plus puissants moyens de l'art dramatique : oui, mais quelle famille? Une famille dont les membres avaient été dis[)ersés chez les sectateurs des trois religions et qui se lassembie cnlin, non sous les ailes de Tune dt^ j elii^ioiis j)0silives, mais dans les bras de la fceuie religion universelle, religion de ia raison et de l'humanîté, dont les religions particulières sont les filles violemment séparées et devenues étrangères les unes aux antres. Cette signification, symbolique en on sens, des personnages et des événements de notre drame, justifie en même temps le poëte de n'avoir pas donné suite à l'amour du templier et de I\êeba, (jui se reionnai>sent comme frère et sa^ur, et doivent ainsi renoncer l'un à Fautre. Rien n'aurait été plus facile à l'auteur que de foire le bonheur de son couple d*amoureux : il eût suffi d'un très-léger changement dans la fable du drame. Mais précisément parce que la pensée du poëte était
flénérale ici piuiôi qu'individuelle, il n'a pas voulu faire ce changement. Il renonce à toute satisfaction sensible pour nous rendre d'autant plus attentife à la satisfaction
idéale qu'il veut nous procurer.
Mais c'est juslcrnont cette nature tout idéale, toute philosophique du drame qu'on a blâmée : on y voudrait plus d'action et plus de lutte. Il aurait fallu, a-trondit^ que le patriarche en vint ^ contre le juif aux mesures extrêmes, que, dans un moment de danger terrible^ le templier intervint ])our sauver Nathan et achevât aussi de se purifier lui-même, de se déroger des misères de l'obscu mutisme religieux. Cette ohjeclion est trés-spécieuse, et même, à ne considérer Nathan que comme un drame pur et simple, elle est irréfutahle. La pièce serait certainement devenue plus vive, plus émouvante, si le poêle avait entièrement déchaîné les forces qu'il nous montre en présence, s'il nous avait fait assister à leur lutte et au triomphe de l'une sur l'autre, au lieu qu'ici on ne pas=c jamais du ])rojei à l'aciion : le feu est étouffé dès la iii eruièie étincelle. Mais un tel elian^enient, en admettant même le triomphe ûnal de la bonne cause, un tel changement aurait altéré de la manière la plus profonde le caractère et la note dominante du drame. Cette note dominante, c'est la lière sécurité de la raison, c'est la certitude anticipée de la victoire : on est, durant toute la pièce, comme sous un ciel serein, où les nuées sont rares et passagères, où elles ne se rassemblent jamais pour préparer de furieux orages. Dans une telle disposition d'esprit, l'erreur et les ténèbres apparaissent comme vaincues d'avance ; les armes tombent
54 ESSAIS D'HiSTOlAE RELIGIEUSE
des mdins des sdversaires, sa momefit où ils veulent s'eii Mrvir ; (Si mime un pritice des ténèbres, commë
le patriarche, devient bh personnage impuissant, à demi comique, tel qu'on voit, dniis les mystères du moyen âge, le véritable i)rinco des lénùbrcs. Le combat, pouvons nous dire, avait déjà été livré par Lessing dans ses ébrils polémic^iieé éonlre Gdze : daiis NatlMàt qui «t, èpHa celte lutte mémorable, comme 1:1 petite pièce après la grande, Lessin^ ne voulait ptus niontrer que la conciliation lin;ile, — entonner pour niiirii dire le chant de tiiompliede la ini.snn vidoi ieusc. La lultc avMnt t'ié une lulie d'idées, ridée de\ ait naturellement dominer «ussi dans le dratnc pacitiaot et coinciliatcur : raction tté jpouvaii se développer que dans la mesuré où elle seNilit de support à Télémeni idéal. Dans eë poëmé drimotique, — c*ést le sous-litre donné pikv Lessing fi P^alhan eu éj^ard à ?a forme libre et par oiqinsiiion a la forme plus serrée ilu drame proprement dit, — dans cepocme dramatique, il ne voulait ])as seulemcnt^jurt^ /tef nos poisions par la crainte et par la pilié^ comme dans lë drdme ordinâil^ ; il voulait aussi purîGer notre ehtendementy éclairer notre esprit par un enseignement positif t en Un mot , Nathan est lin drame didactique.
La poésie didactique jouit de j)eu de fa\eur dansl es- Ibéiique moderne ; elle n'est pas admise à tiiie de \ raie et pure poésie; aussi plus d'un, craindrait-il de f.iire iort ft NlUhan en le définissant comme nous venons dé le fairel Mais, avant tout^ ne nous laissons pas égarer par leà talots. La Cloché^ de Schiller, est aussi en un
LR hathaw De Lessinr. w
sens un poëme didactique ; et néanmoins c'est une perle de poésie doni nal ne conteeicra le prix et la pureté. Si - Je genre est conteilable4 le poëme qui nous fait oublier les défauts du genre n'en doit être que plus admiré. A bannir dédaigneusement du domaine de l'art toutes les œuvres qui sont ainsi le produit d'un mélange, noUs nsf|uerions do p(îrdrc hou nMinhro dos créations les plus oi igiiiales de l esprii humain. La nature, dans le partage de ses dons, n'a aucun égard à nos classifieations d'école. Elle accorde à Platon avec l'esprit philosophique Une part dlmagination poétique, et il éerit son fHhédion^ son Bâ»^ quei, oeuvres bâtardes^ selon le système, œuvres splenidides, incomparables, uniques, pour tout esprit bien faii c'( non prévenu. Elle sait compléin- en Schiller le poêle par le philosophe et l'orateur, et il écrit ses poèmes pleins de pensée, ses drames éloquents^ où l'école peut ifouVer ft redire tant qu'elle voudra, mais qui ifeb resteront pas moins, aussi longtemps qu'il y aura un pet] pie allemand j les sources vives où il vient se fbrtIBen Cl se rnjeunir. Elle unit en Lessinjî Ifl I^SoH et rimfiginniidii d'une f.içon si mci \ cillciise, <|Ue, chez liiij les raisons pour et contre dc\ icniient des discours pour et contre, que la dialectique des j)enséeâ s'anime en un dialogue de personnages, et que le dialogue se chsnge en drame : le dramé alors së complaît dsns les enchantement de la poésie et y oublie pour dn temps sdtt nH^ ^'ine tout intellectuelle, jusqu'au jour où, toutë jdSIitïe dramatique étant accomplie, il revient précisément dans Tallinn au service de la pensée.
C'est dans le sentiment très- vif de cette nature parti-
culière de son dranio que Lessing a pu un jour émeltrc la conjecture que ^a^hany lorsqu'il arriverait à être représenté au Uiéàtre, y produirait peut-élre peu d'effet. Mais l'événemeni a bien vite réfuté cette crainte etccmtinne encore de la réfùter : Nathan^ on peot le dire; a fait ses preuves à la scène. Tandis que l'action dramatique, la suite des événements et les relations des personnages fixent notre attention et captiNeiit noire sympailiie, la haute pensée de r(Misenil)le se l'évéle peu à peu à notre esprit, comme, aux yeux du voyageur, une montagne lointaine ; et d'admirables sentences, familières depuis longtemps an spectateur pour le sens et souvent aussi pour les paroles, — des sentences qui expriment encore aujourd'hui ce qu'il y a de plus élevé dans la morale et dans la religjion de notre épo(iue, (oui cela donne, * aux scènes (jui se déroulent devant nous, une portée supérieure, et, à l'auditeur capable de comprendre, une émotion religieuse. Sous de telles impressions} on regrette aussi peu les effets puissants des drames à sensation qu'on ne regrette la variété et la passion* des mélodies do Dùn Juan de Mosart lorsqu'on écoute les profonds accents parili({ucs de sa Flùtc cnchanlvc. Dans ces deux chants du cygne, dans celui du poéie comme dans celui du musicien, si différeols qu'ils soient d'ailleurs, on scni un esprit arrivé au terme, parvenu à la sérénité, à l'harmonie intérieure, et qui|' ayant sur^ monté tous les orages du dedans, n'a plus rien à craindre de ceux du dehors. Ge'sont des œuvres au-dessus desquelles ne pouvait plus s'élever le génie qui les créa , des œuvres qu'entoure déjà la lumière idéale où
la mort a bieniôt après fait entrer leurs auteurs.
MaÎBde telles œuvres, qui nous viennent (l*un meilleur moDde, d*aii monde où sont éternellement résolues les antithèses, éternellement gagnées les botailles an miliendesqueiles nous sommes si souvent tentés de perdre l'espérance, — ces œuvres ne doivent pas être pour nous l'occasion d'une jouissance paressouse, d'une simple conlemplation esihétique. Elle sont bien plutôt des gages pour l'avenir, et à la fois des excitations à lutter, dans la pensée que le combat sérieux et loyal ne peut manquer de se terminer par la victoire, — que l'humanité, lentement il est vrai, et mal<;ré bien des reculs, marche pourtant du crépuscule à la lumière, de la servitude à h liberté ; — mais aussi que celui-là seul compte vraiment parmi les^hommes qui, dans un cercle é'.roit ou vaste, comme Nathan ou comme le moine, comme Sittah ou comme Récha, a travaillé selon ses forces pour hâter l'aurore de ce jour, la venue de ce royaume de Dieu.
LB XVIII* ET LE Xl&< SIÈCLE * EN FACE DU GUIl IST lANISME *
A-PR0»b< OB REIMARVS
Sî Ton excepte lô siècle de ta Réformatjpn, aacan siècle de Tère moderne n*a plus fait pour le progrès de l'htimaniié que le dix-huiiièmc. Après Tarrét et te recul
du di\-se|)liùme, il reprrl les prol»k'imts du ^elzi()lIlc dans un esprit pitis lariiv, ci il ;irri\.i l'oit près do leur solution, autaot du niuiiis que le permclieiit les uUures
1. Sons ce liirc, j'ai roani denx fr.-ij^inonts d'éteadoe Irès^inc^'alc, i savoir riiitr>i.lucii.«n et la concliisioti de l'onvrapc pnliUt' on 1K(»'2 \y.tr le (il) loiir Siraaw, sar Rciiiiarus.(A. ^./tetmai Ms, und icine Schutsifhii/i fur dit vemuitfliiji'H Verchrcr GoUet, iv» D, F. SIramu. I^pii;, tS69).— Snr la personao ei U vie- de fteimaras laî-nlèiii^, 00 pont consulter aunl quelqaM pAgc» d« TlMtoloIrlo el f^hilutophltt
enniplp mulii ilrs firincipahi jiuf>licati<ins xcienlifiques à l'étfUHgttt aiincti, 18(>8, ^iiici iiAi a Gi(». \i\ole du tiuductcuiw
m ESSAIS D'HISTOIRE RELIGIEUSE
oompiiquées deThisioire, qui ne dôirien d'une manière absolue. On ne parla plus de réformation, mais de progrés des lumières, — de foi, mais de pensée et de conscienre, — de chréiiens, mais d'hommes, — de sujets, mais de citoyens.
Le dix-neuvième siècle avait fait un riche héritage, mais rarement héritier fut aussi ingrat envers son bienfaiteur. Presque jusqu'au milieu de notre siècle, il a été de bon Ion (le dédaigner le swclc préeédenl. On se serait cru dénué d'esprit, si l'on n'avait traité de plate et de bornée ï époque jde$ Iwmièreê, et souvent on s'imaginait que, pour faire preuve de profondeur, il suffisait de railler la fMiuvreté et la sécheresse du rationalisme. Le dix-huitième siècle paraissait superficiel, parce qu'il était clair; et parce qu'il avait beaucoup de bon sens, il paraissait avoir peu d'esprit. Il manqua d'impartialité, cela est certain ; mais un ferme parti pris a toujours été le caractère des périodes de progrès dans Thisioire, tandis qu'une molle impartialité est le propre des époques stalionnaires. Le dix-huitième siècle ne comprenait pas le passé ; il ne comprenait guère au fond que lui-même; mais aussi il savait d'autaht plus clairement ce qu'il voulait, ce qu'il devait faire.
Tin philosophe berlinois a récemment nommé Frédéric-Guiliaume IV < une iiitelliironce historique >. Puisse l'esprit de ^l'histoire lui pardonner un tel blasphème! Ce qui est vrai, c'ést que ce prince est bien le représentant exact do dix-neuvième siècle en tout ce qu'il a d'hostile au dixrhuitième. De l'esprit autant et plus qu'il ne faut, mais peu de bon sens; beaucoup trop