‹ Essais de critique et d'histoire (volume 3)Chapitre 116 sur 155 · TiteUve, II · texte numérisé non relu

TiteUve, II

libérateur de la patrie , dénoncés pour avoir comploté de rétablir les rois , avaient été frappés de la hache par leur père ; que le consul Tarquin CoUatin, en haine de son nom , avait été forcé d'abdiquer sa magistrature et de s'exiler; que Sp. Cassius, quelques années après, ayant aspiré à la tyrannie , avait été mis à mort ; que dernièrement les décemvirs , pour leurs violences tyranniques , avaient été punis par la perte de leurs biens , par l'exil , par la mort. Qu'un Spurius Mélius, qui ^pouvait désirer plutôt qu'espérer le tribunat,, qu'un riche marchand de blé eût faft le projet d'acheter pour deux livres de farine la liberté de ses concitoyens , et de gagner à la servitude par l'appât d'un morceau de pain un peuple vainqueur de tous ses voisins; que la cité supportât pour roi celui qu'elle n'eût pas enduré pour sénateur ; qu'elle vit dans ses mains les insignes et le commandement de Romulus son fondateur, fils des dieux , reçu parmi les dieux : cela était moins un crime qu'un prodige. Ce n'était pas assez de l'expier par le sang du coupable , si l'on ne réduisait encore en poussière les toits et les murs où un homme avait pu concevoir cette folie , si ces biens souillés, prix et payement du trône, n'étaient confisqués* ! » Toutes ces raisons sont tifées de la dignité du peuple romain , issu des dieux , triomphateur, maître prédestiné du monde. Cette

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