‹ Essais de critique et d'histoire (volume 3)Chapitre 16 sur 155 · FLÉCHIER · texte numérisé non relu

FLÉCHIER

Après avoir tué pour soi, od tuait pour les autres. Un meurtre était un petit service qu'on ne pouvait s'empêcher de rendre à ses amis, à cliarge de retour. « Les messieurs Gombalibœuf, deux jeunes hommes qui avaient du cœur et qui passaient pour braves dans la province, » furent employés pour celte raison à tuer un M. Dufour et son frère. « M. Dufour fut blessé à mort d'un coup de pistolet, et de peur que le coup ne fût pas mortel, il fut percé de sept ou huit coups d'épée. » On faisait une partie de meurtre comme on fait une pao'tie de chasse, et l'on allait par compagnie attendre un homme comme on va guetter un lapin.

Certains juges essayaient de faire justice ; les seigneurs traitaient- ces insolents comme ils le méritaient. Un notaire fit informer contre M. de Veyrac. « Cela parut si étrange à cet honnête homn).e qui n'était pas accoutumé à souffrir de ces procédures qu'il assembla quelques-uns de ses amis et quelques traîneurs d'épée des villages voisins, et alla assiéger la maison du notaire. » Le notaire se défendit si bien que, pour entrer, M. de Veyrac fut contraint « de traiter avec lui et de lui promettre la vie. » Une fois entré, « il ne se crut pas obligé de tenir la parole qu'il avait donnée, lui tira un coup de pistolet, et donna ensuite sa maison au pillage. » Quant aux huissiers, ils naissaient prédestinés aux coups de mousquet; c'était pain bénit, quand ils ne recevaient que les étrivières. Cinq d'entre eux étaient venus donner une assignation à M. du Palais, coupable d'un meurtre. On leur fit peur, et ils se sauvèrent à grande hâte. Us dormaient tranquillement à six lieues de là, « quand

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