‹ Essais de critique et d'histoire (volume 3)Chapitre 40 sur 155 · La viande et Taie · texte numérisé non relu

La viande et Taie

.3% M. TRdPLWG,

fûssé fit ncfendre le type ; et la ydonté qui fermente (en œ toatami dans une de ees tôtes e^ le coaire* ^QQVpd'un imouvement spécial imprimé par 4a race fOimitfiie «t laranaaiiB par Tingt^-einq générations de votonlés»

Ni ce naturel m ces circonstances ne se sont rencontrés en France. Il s'en est rencontré d'afntres aussi spéciales et teut opposées.

Pendant sept cents ans de suite on y voit ton^r toœ les pouvoirs qui peuvent instituer k résistance politique, et on y vcrit s^agrandîr te pouvoir central. Xandis que les barons d* Angleterre , soldats d'une naème armée, réunis par PhostiKté des vaincus, luttaieni et doraient eu corps, les ^barons de France, établis au hasard par les accidents de l'anarchie carloviiFigienne, rivaux ou ennemis les uns des autres, «suecombaient tour à tour ou ne se liguaient que 'poinr se séparer. La lente fondation du royaume fut la seomission 'de vingt peftits États isolés par un petit IBtsit. Le grand baron de l'Ile-de-France, bon politique, paré d'un beau titre , appuyé sur le souvenir ^e Ctbarlemagne , conquit par les armes ou acquit par des mariages les quatre parties de ta Gaide, et fit la France. Quand il est mineur ou qu'ail se trowe faible, les seigneurs s'allient coi^re hii; mais chacun d'eux ne songeant qu'à soi, au premier accident ils se dispersent. Révoltés centre Louis IX,

M. BE MONTALSHBERT. 305

ils se trouvent embarrassé» par une sortie de» Ptaisiens, se séparent et tombent sur Fun d*eux, iqu'iid jugent infidèle. Soutenus par le puissant duo de Bourgogne, ils forment la ligue du ôt^ pubHe^ puis deux oa trois autres ; avec de Targent et des conce»* sions , Louis XI les désunit , puis les abat. Soulevés aous Ajine de Beaujeu* une négooiatîon et im combat leur font poser les armes. Relevés par Fanatrchie du XVI* siècle, ils sont acheté^ un à un par Henri IV, le duo de Goiae^ moyennanl quatre cent mille écos, Mayenne par un gouvernement , un autre pour des abbayes , celui-ci pour une pension , celui-là pour un titre. Quatre fois ils prennent les armes sous Marie de Médkis; plus tard ils complotent contre Richelieu, et font la Fronde ; avec des écus, avec des pîqiues de vanité, avec des- aumônes de lilres, on a toujjours raison de leurs serments et de leurs menaces. Braves , spirituels» prodigues, hommes de tournois , hommes d*avant-garde , hommes de salons, qu'importe ? Je ne vois là que de petits rois vaincus tour à tour, puis des courtisans qui, à l'occasion, pres^rent leur maître. Le propre d'une aristocratie est d'agir ensemble et d'avoir pour but l'indépendanee et l'em» pire. Us agissent isolés et désunis , et n'ont pour but que la gloriole et l'argent.

Les barons d'Angleterre doublaient par leur popularité^ leur puissance ; ceux-ci doublent leur impuissance par leur impopularité. Au dehors^ ils sont toujours alliés avec les ennemis de la nation , avec l'enquireur Othon à Bouvtnes, avec Henri III d'Angleterre pendant la minorité de Louis IX. Les ducs de Bourgogne, chefs de la noblesse, furent tes amis des

Anglais et faillirent perdre le royaume. Charles le Téméraire reniait son titre de Français, se disait Portugais, traitait pour démembrer la France. A la fin du xvi« siècle, ils furent les soudoyés de Philippe II, et manquèrent de lui soumettre leur pays. Pendant les deux règnes suivants, ils ont sans cesse la main dans les coffres de l'Espagne. Il ne se fait pas un complot qui n'ait son centre ou sa succursale à Madrid. Gondé finit par devenir général du roi d'Espagne, comme plus tard les émigrés devinrent officiers des souverains étrangers. Au dedans, ils n'ont de pouvoir que pour ruiner le peuple et piller le Trésor. Ils sont les ennemis de la civilisation, du bon ordre, de la paix publique. Toutes les blessures qu'ils reçoivent sont des bienfaits pour le pays. Empiéter sur leur juridiction, c'est prévenir les guerres privées, arrêter le vol armé, imposer la justice, diminuer l'oppression, alléger la misère. C'est par leur défaite que les rois deviennent populaires. Quand Louis le Gros prend un château, c'est un repaire qu'il détruit. Sa vie se passe à « réprimer l'audace des grands qui déchirent l'État par des guerres sans fin, désolent les pauvres, abattent les églises, et celle des brigands séditieux ennemis des voyageurs et des faibles *. » S'ils se révoltent sous Charles VII, c'est contre une réforme utile, l'établissement d'une armée pacifique ; s'ils forment sous Louis XI la ligue du bien public, ils ne s'attachent dans le traité qu'à «< butiner le royaume ', > et ne disent pas un mot du bien public. S'ils refusent de

Page 1