‹ Essais de critique et d'histoire (volume 3)Chapitre 41 sur 155 · Suger.— 2. Commines · texte numérisé non relu

Suger.— 2. Commines

reconnaître Henri lY, c'est pour jouir de l'anarchie; s'ils consentent à le reconnaître, c'est pour se faire inscrire au livre des pensions ; s'il complotent sous Louis XIII, c'est « pour se bien faire valoir *. » S*ils obéissent sous Louis XIY, c'est pour obtenir des confiscations, des assignations, des survivances. Ils étaient jadis les ennemis de l'ordre public , ils sont maintenant les ennemis de la caisse publique. Au temps féodal, ils exploitaient les grands chemins par l'épée; aux temps modernes, ils exploitent le Trésor par des courbettes*. Ils gardent jusqu'au bout le naturel qu'ils ont reçu de leur origine. Leur situa* tion primitive a fait leur caractère définitif. Petits despotes épars, ils n'ont songé qu'à conserver les injustes honneurs et les injustes profits du despotisme; faibles et nuisibles d'abord, ils sont restés faibles et nuisibles; dispersés et impopulaires, égoïstes contre leurs égaux, égoïstes contre leurs inférieurs, ils n'ont point trouvé de force en euxmêmes ni d'appui dans la nation.

Cette nation en trouvera*-t-elle en elle-même J Le tiers état n'avait ni la volonté ni la force d'instituer contre le roi des libertés publiques. Tandis qu'en Angleterre il avait les barons pour protecteurs contre le roi, il avait ici le roi pour protecteur contre les barons. Là-bas il favorisait les empiétements des seigneurs; ici il se réjouissait des empiétements du prince. Là-bas il était fortifié par l'orgueil de tant de franklins saxons que la conquête avait fait des*

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