Tite Live, VII
bre, et, dans les temps trop anciens, il n'ose le marquer. En plusieurs endroits, il raconte librement les défaites et les cruautés de Rome*. Quelque temps après la fuite des Tarquins, l'armée avait été battue par les Aurunces, et l'un des deux consuls laissé pour mort. « L'année suivante, dit-il, on revint avec plus de colère et aussi avec des forces plus grandes contre Pométia; et comme, après avoir refait les mantelets et autres ouvrages de guerre, le soldat était sur le point d'escalader les murailles, la ville se rendit; mais, quoiqu'elle eût capitulé, elle fut traitée aussi cruellement que si on l'eût prise d'assaut. Les principaux Aurunces, sans distinction, furent frappés de la hache, les autres habitants vendus sous la lance, la ville détruite, et le territoire vendu. » Parfois, ayant avoué les mauvaises actions, il les juge; il est homme autant que citoyen, et s'indigne des perfidies de Rome comme de ses défaites. S'il ne blâme pas lui-même le parjure légal des Fourches Gaudines, c'est que le discours du Samnite est assez éloquent. On sent que ces fortes paroles viennent de l'amour du juste et non du besoin de bien plaider. « Aurez-vous toujours des prétextes, Romains, quand vous êtes vaincus, pour ne pas tenir votre promesse? Vous avez donné des otages à Porsenna, et vous les avez dérobés par fraude. Vous