Tite Live, XXXVII
nécessaire, tandis que les vieux sénateurs s'in-. dignent de celte tromperie , et déclarent que , pour bien vaincre, il faut vaincre par la force et ouvertement*. L'administration devient un pillage, et la paix romaine bientôt ne sera plus qu'une guerre contre les hommes et contre les dieux. P. Flaccus enlève les tuiles de marbre du temple de Junon Lacinienne. Un Flamininus, pour le plaisir d*une courtisane, égorge un Gaulois qui se livrait à sa bonne foi. Le sénat s -indigne et punit les malfaiteurs publics ; mais bientôt , malgré ses ordres, on voit Popilius recommencer la guerre contre les Stelliates soumis , les Ghalcédoniens pillés en pleine paix par Hortensius, Manlius, « consul mercenaire, » rançonnant les rois sur sa route et promenant dans toute l'Asie « son brigandage. » Déjà les soldats n'obéissent plus ; ils pillent Phocée malgré la défense de leur général ; ils perdent jusqu'au courage ; les garnisons dlllyrie se rendent à Persée sans combat; àUscana, les soldats d'Appius se sont enfuis au premier cri des ennemis. En même temps entrent à Rome les bacchanales sanglantes et les furieuses orgies orientales. Parmi les Grecs rhéteurs et les Asiatiques serviles , les Romains, habitués à tout oser, usurpent la licence de tout faire; à force de mépriser les hommes , leurs héros méprisent le droit , et l'aus-