‹ Essais de critique et d'histoire (volume 3)Chapitre 72 sur 155 · Titelive, XLII · texte numérisé non relu

Titelive, XLII

tère Paul-Émile vend les Épirotes auxquels il a promis la liberté ^ Ici Tile Live nous manque; mais la vérité de ces derniers livres nous prouve celle des cent qui suivaient; et quand on le juge, on doit songer que le meilleur de son histoire a péri. Reconnaissons dans la critique de Tite Live les mérites que donnent Thonnêteté, l'amour de la patrie et le génie oratoire ; je veux dire le soin de ne rien avancer sans preuves et d'amasser des documents importants et nombreux , la volonté d'être juge intègre, l'habitude de confesser ses ignorances, la précaution de confronter les auteurs, le choix prudent des témoignages, le sens exact de la vérité générale, des traditions poétiques, de la grandeur romaine , des mœurs plus récentes , sinon de la vérité locale et de la barbarie primitive, dugénie romain tout entier et de tous les âges de Rome. On a besoin de louer un pareil homme, avant d'oser le blâmer*

g 3. I. Nul emploi des documents anciens. — II. Ni des récits primitifs. — III» Ni de la géographie. — Hérodote et l'Egypte. — Polybe» — Utilité des détails de cuisine. — IV. Tite Live Romain et patricien. — V* Sa critique incomplète. — Ses anachronismes de mœurs* -— VI. Son érudition incomplète.

Il faut Toser pourtant : car^ entre tous ces mérites, on ne trouve pas l'amour infatigable de la

1. Tite Live, XLII, 21; XLIII, 10; XXXVIII, 14; XXXVII, 32; XLVi 34, etc.

science complète et de la vérité absolue. Il n'en a que le goût; il n*en a pas la passion. Nulle autre qualité ne supplée à celle-là.

I. Tite Live ne consulte pas d'auteurs plus anciens que Fabius Pictor, écrivain du sixième siècle de Rome. Pouvait-on raconter les origines sur des témoignages aussi éloignés des origines ? Il fallait à tout prix puiser aux mêmes sources que Fabius la nouvelle histoire, et égaler aii moins ses recherches pour faire mieux que lui. Un critique moderne serait allé dans le trésor public et dans le temple des Nymphes, pour lire sur les tables d'airain les lois royales et tribunitiennes , les anciens traités conclus avec les Sabins , les Carthaginois, les Gabiens, les décrets du sénat, les plébiscites. Tite Live, enfermé parmi ses livres, laisse dormir dans la poudre les débris authentiques et l'histoire pure*, si peu inquiet des anciens textes , que , plus tard , quand il découvre dans Polybe le premier traité de Rome et de Carthage, il ne prend pas la peine de rouvrir son second livre pour l'y ajouter ou seulement l'indiquer. Il y a peu d'historiens moins antiquaires. Auguste, qui l'était beaucoup , avait trouvé dans le temple demiruiné de Jupiter Férétrien les dépouilles opimes conquises par C. Cossus sur le roi véien Tolumnius,

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