Tite live, Ili, 26. — 2. Saint-Évremond
7t> CHAPITRE II.
n'est point un Xénophon, homme de goût, instruit, philosophe, qui s'amuse à l'agriculture ; c'est un paysan fort rude. Il est aisé de mépriser le luxe quand on l'ignore , et d'être frugal quand on n'a sur sa table que des oignons.
Pendant dix livres, on traverse une galerie de grands hommes, un peu orgueilleux peut-être, mais tous orateurs, philosophes, héros. Ce sont d'utiles exemples, je le veux; mais, au risque de scandale, on se souvient volontiers que ces sages faisaient métier de l'usure; qu'ils étaient conquérants par maximes, c'est-à-dire voleurs par institution ; qu'ils passaient le jour à expliquer des formules de procédure, à observer le vol du corbeau, à inventer des chicanes publiques et privées pour piller leurs voisins. On juge encore, sans pour cela être niveleur, que Tite Live est prévenu contre les plébéiens. Un homme si juste n'eût point diï appeler révoltes des demandes si justes. Est-il vrai que
les lois agraires « fussent un poison dont les tribuns enivraient le peuple*? » Les plébéiens avaient droit de ne pas mourir de faim devant les terres acquises à l'État par leur sang et leurs dangers. Était-ce être « séditieux » que demander sans violence l'égalité et des garanties? I^icinius Stolon faisait-il une action « indigne » quand il refusait de porter la loi agraire,