Beaufort, Dissertation, etc., p. 70. — 2. 76., p
obtenu la censure parce qu'il était homme nouyeau, et qui, un peu plus tard, descendait d'Anchise et de Vénus ? Ces mémoires, rédigés, corrigés à loisir et à volonté, pendant cinq siècles, par la vanité des familles, selon l'intérêt du moment, dans des temps de superstition et d'ignorance, gardés secrets, restaurés ou peut-être inventés de toutes pièces après l'incendie, ont été l'unique source dont Fabius, votre premier historien, et ceux qui l'ont suivi, aient fait usage. Ajoutez, si vous voulez, quelques chants informes et des oraisons funèbres , toujours fausses par nature. Quelle confiance pouvez-vous mettre en des historiens qui n'ont que de pareils documents? Comment surtout les croire , quand on sait de quelle manière ils ont écrit? Selon Denys *, qui les a tous comparés, Cincius, Caton, Pison et les plus graves ne font que suivre Fabius Pictor; ils le suivent si bien, qu'ils copient sur lui des absurdités énormes, donnant, par exemple, à conclure que Tanaquil eut des enfants à plus de âoixante-quinze ans. Quant à Gellius et à Licinius, on a la mesure de leur exactitude quand on remarque que, par un anachronisme de quatre-vingt-cinq ans, ils mettent Denys, tyran de Syracuse, à la place de Gélon, l'an 262 de Rome. Reste donc le seul Fabius. Mais, selon Denys lui-même, « s'il a parlé avec exac-