Beaufort, Dissertation, etc., p
« titude de ce qu'il a vu, il n'a que légèrement par- < couru ce qui était arrivé depuis la fondation de « Rome jusqu'à son temps. » Il a pris tous ses récits dans la tradition ; il est négligent dans la chronologie : Polybe le trouve absurde sur un fait dont il fut contemporain; il est crédule au point de prendre dans un étranger, dans un inconnu, Dioclès de Péparèthe, le récit de la fondation de Rome. Voilà les auteurs que vous avez suivis. Or, tant valent les sources, tant vaut l'histoire. Qu'est-ce donc qu'on peut affirmer dans tout ce que vous avez raconté ? « Si les documents n'ont pas d'autorité, les événements n'ont pas de vraisemblance *. Croyez-vous bien fermement vous-même à ce que vous rapportez de la fondation de Rome? Denys, qui, sur la foi de Fabius et de Dioclès, adopte votre version, en cite d'autres fort différentes. Cicéron déjà s'en était moqué. Quant aux rois d'Albe et à l'arrivée d'Énée en Italie, les érudits Dodv^^ell, Cluvier, Brochart, en ont depuis longteinps fait justice. La date de la fondation est-elle plus certaine? Selon Denys, c'est Caton qui, le premier, essaya de la fixer '. Ennius la met cent ans plus tôt. Que de chances d'erreurs dans une chronologie fondée sur l'usage de désigner les années par les noms des magistrats! Vous avouez que les noms sont plus d'une fois différents, selon les dif-