‹ Essais de critique et d'histoire (volume 3)Chapitre 94 sur 155 · Niebuhr, t. III, p. 87. —2. 76., p · texte numérisé non relu

Niebuhr, t. III, p. 87. —2. 76., p

qui portent leur nom et vivent sous la protection de leurs dieux et de leur lance. Tous réunis, ils forment , l'assemblée par curies ; les chefs réunis des gmXt^ forment le sénat. A côté et au-dessous d'eux vit une nation distincte, accrue des clients dont l'obligation s'est éteinte, composée des étrangers vaincus transportés à Rome , et non-seulement d'une populace , mais de maisons nobles et riches. Ils ont le droit de cité sans suffrage et ne peuvent contracter mariage avec ceux de l'autre nation. Divisés en tribus, ils ont, depuis Servius, des tribuns et des juges. Ainsi une différence de race et de condition fonde et maintient l'inégalité des ordres; la guerre extérieure continue par une guerre domestique ; et les vaincus , devenus citoyens, supportent et combattent encore des vain* queurs. Les patriciens gouvernent la cité où ils ont reçu les plébéiens, et jouissent des terres publiques qu'ils ont conquises par les mains des plébéiens; ceux-ci demandent des droits pour sortir de la servitude, des terres pour sortir de la misère, et obtiennent des terres et des droits parce qu'ils deviennent la nation. Dès lors tout le récit de Tite Live s'éclaircit. Les deux peuples, réunis en une seule armée et en une seule assemblée* par la constitution de Servius, restent distincts longtemps encore. Chacun a son assemblée', ses magistrats, ses intérêts, son caractère;

1. L^assemblée par centuries. — 2. L'assemblée par curies et rassemblée par tribus.

et les retraites de la plèbe ne sont que la séparation de deux nations unies , non confondues. Et remarquez que cette union de deux peuples est la constitution de toute l'antique Italie. Depuis le traité de Servius, le peuple latin est attaché au peuple romain, comme la plèbe à la nation patricienne ; ainsi que les plébéiens, les Latins demandent l'égalité, se séparent plusieurs fois de la nation maltresse , lui fournissent des soldats , et finissent par obtenir les mômes droits. L'Italie , comme le Latium , subit le :x)mmandement de Rome, rompt l'alliance dans la guerre Sociale comme le Latium dans la guerre samnite , comme la plèbe dans la retraite au mont Sacré. La colonie romaine est encore l'image de Rome ; elle forme dans la ville occupé^ la nation patricienne , et les anciens habitants sont la plèbe, c Rome elle-même est une colonie d'Âlbains et de Sabins réunis sur le pied de l'égalité, et les Lucères appartiennent à un peuple allié sur un pied d'infériorité, ou qui môme était sujet*. » Niebuhr trouvé enfin la constitution romaine chez les voisins de Rome. Partout, dans le monde antique, des cités composées d'une plèbe de vaincus et d'une noblesse de vainqueurs s'assujettissent d'autres cités. Sparte a ses ilotes et ses périceques. Sparte , Athènes , Car- Ihage, et leurs colonies, conquérantes comme Rome, s'entourent d'une plèbe de villes soumises. Ce mou-

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