‹ Essais de Critique Et D'histoire (volume 4)Chapitre 17 sur 46 · PRÉFACE. XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XVII

santés dans une addition dont on n*écrit que le chiffre final. — Pareillement encore il vous reproche de transformer l'homme en machine, de l'assujettir à quelques rouages intérieurs , de l'asservir aux grandes pressions environnantes, de nier la personne indépendante et libre, de décourager nos efforts en nous apprenant que nous sommes contraints et conduits au dehors et au dedans par des forces que nous n'avons pas faites et que nous devons subir. Il oublie ce qu'est une âme individuelle , comme tout à l'heure il oubliait ce qu'est une force historique; il sépare le mot de la chose; il le vide et le pose à part, comme un être efificaèe et distinct. 11 cesse de voir dans l'âme individuelle comme tout à l'heure dans la force historique les éléments qui la composent , tout à l'heure les individus dont la force historique n'est que la somme , à présent les facultés et les penchants dont lame individuelle n'est que l'ensemble. Il ne remarque pas que les aptitudes et les penchants fondamentaux d'une âme lui appartiennent , que ceux qu'elle prend dans la situation générale ou dans le caractère

XVm PRÉFACE.

national lui sont ou lui deviennent personnels au premier chef, que lorsqu'elle agit par eux, c'est d'après elle-même , par sa force propre , spontanément, avec une initiative complète, avec une responsabilité entière, et que l'artifice d'analyse par lequel on distingue ses principaux moteurs, ses engrenages successifs et les distributions.de son mouvement primitif n'empêche pas le tout, qui est elle-même, de tirer de soi son élan et sa direction, c'est-à-dire son énergie et son effort. Il ne remarque pas non plus que des recherches de ce genre, bien loin de décourager Thomme en lui représentant son esclavage, ont pour effet d'accroître ses espérances en augmentant son pouvoir ; qu'elles aboutissent comme les sciences physiques à établir des dépendances constantes entre les faits; que la découverte de ces dépendances dans les sciences physiques a donné aux hommes le moyen de prévoir et de modifier jusqu'à un certain point les événements de la nature; qu'une découverte analogue dans les sciences morale» doit fournir aux hommes le moyen de prévoir et de modifier jusqu'à un certain

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