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désespoir orpieilléux d'un courage impnismit, cfui, de défaite en défaite, se voyant chasser de tous les coins de la terre, protestait arrogamment contre l'opinion du monde et les arrêts de la Providence.» Plus loin il ajoute : < Il n'y a qu'un esprit étroit et obstiné qui, lorsqu'il a perdu l'espoir de vaincre, persiste dans la volonté de Combattre. » En effet, c'étaient des esprits obstinés et étroits que Judas Machabée, Léonidas, et tous les héros qui ont voulu mourir pour une noble idée qu'accablait la force. M. Troplong est si pressé de voir l'empire, qu'il s'indigne contre Scipion et Gaton, qui résistent m Afrique après Pharsale. « Si ce parti était celui de la liberté, comme il s'en vantait, pourquoi n'avait-il avec lui ni Brutus ni Cassius, qui, au lieu de s'obstiner dans une résistance impossible, avaient^cherché l'intimité et la faveur du vainqueur! «> Maxime qui prouve que, lorsque certains libéranK deviennent absolutistes, les autres libéraux ne mé** ritent plus le nom de libéraux. — Mais ce n'est pas assez de se soumettre, il faut se rallier vifte et de bonne grâce. « Il y avait des hommes qui mar^iandaient leur soumission et attendaient dans me ab«>
sence affectée et dans une iiyurieuse absfamtien je ne sais quel événement d'où devait renaltse la république. >£n effet l'impertinence est grande «de rester chez soi. — Il loue le grand mouvement d'opinion qui se fit à Rome après Pharsale. < Tandis
que les plus passionnés renversîdent les statues de Pompée et de Sylla, les plus avisés, voyant avec effroi les préparatifs d'une guerre sanglante et inutile en Afrique, crurent que Tun des meilleurs moyens de la conjurer était de prononcer la condamnation publique du parti pompéien, et de justifiA* par une adhésion éclatante Tautorité de César. On le nomma consul pour cinq ans, dictateur non pour six mois mais pour un an, et tribun en quelque sorte à vie.... Rome décréta -que César aurait droit de vie et de mort sur les pompéiens, et qu'il pourrait faire la paix ou la guerre sans en référer au sénat ni au peuple. » L'adhésion était forte et Rome donnait beaucoup.
Vous croirez peut-être qu'en louant ainsi César, l'auteur lui permet tout ; non pas : il laisse un rôle aux grands corps, par exemple au sénat, rôle singulier du reste : c'est à eux de prêter leur nom, quand le maître en a besoin. «Il fallait que le sénat, qui avait aboli la royauté, la rétablît par un décret. Son adhésion seule pouvait mettre une différence entre César et Sp. Cassius, Mélius et M. Manlius, punis de mort pour avoir aspiré à la dignité royale. Il y aurait eu crime de la part de César, si le sénat n'eût été complice. » — A chacun sa part. Rien d'étrange maintenant si M. Troplong regaHe l'action de Brutus comme « une lâcheté, une trahison; » César fut un prince légitime tué par des ambitieux
égoïstes. Je sais que dans nos mœurs Fassassiiiat est une action détestable ; mais c'est que Tidée de la patrie a changé. Pour juger les anciens, il faut se mettre au point de vue antique. Ce point de vue différent rendait les maximes différentes, et excusait alors ce que nous condamnons aujourd'hui. Supposez qu'un général anglais se fasse mattre<Qbsolu dans l'Inde, réduise les colons anglais à l'obéissance et améliore la condition des Hindous; supposez qu'un général américain dans la Virginie fasse des Américains ses sujets et affranchisse les nègres ; supposez qu'un colon de Londonderry, au dix-huitième siècle, se soit établi roi d'Irlande et ait aboli les lois odieuses qui opprimaient les Irlandais : le colon de Londonderry, le général anglais et le général américain auront fait une action fort semblable à celle de César, et leur action, pour cela, ne sera point meilleure. De Brutus ou de César, on voit aisément qui est l'ambitieux et qui est l'égoïste. César savait qu'il volait le bien public en s'emparant de la toute-puissance; ses soldats le lui criaient derrière son char de triomphe, et la chose était si claire qu'il a pris les soins les plus minutieux pour s'excuser au conunencement de ses Commentaires. Pour Brutus, il est à plaindre, car le meurtre d'un homme désarmé est toujours une laide affaire; mais si quelques lecteurs doutaient de la noblesse de son cœur et de
la justice de sa cause, je les prierais de relire Tadmirable lettre où il reproche à Cicéron de l'avoir recommandé aux bontés d'Octave*. Il n'y arien dans l'antiquité de plus fier, de plus généreux, de plus digne d'un homme libre, de plus sincère, de plus désintéressé, de plus dévoué à la patrie; il n'y a rien de plus simple, de plus solide, de mieux raisonné, de plus opposé au style d'un fanatique et d'un enthousiaste. Caton et Brutus étaient peutêtre le parti du passé ; à tout le moins, ils étaient le parti de la vertu. M. Troplong, si grand admirateur de Cicéron, a lu cette lettre; il l'eût comprise s'il n'eût été qu'historien et non politique, si, en racontant le passé, il n'eût été préoccupé du présent, s'il n'eût voulu nous donner une leçon en jugeant Rome.
M. de Montalembert aussi nous donne une leçon, mais toute contraire. M. Troplong nous montrait une aristocratie qui tombe; il nous montre une aristocratie qui subsiste. M. Troplong représentait l'aristocratie comme injuste et tyrannique ; il la représente comme juste et bienfaisante, M. Troplong célébrait l'avènement d'un gouvernement absolu, protecteur de la multitude ; M. de Montalembert attaque la multitude et lé gouvernement absolu. Il combat les institutions qui ruinent l'aristocratie au