‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 13 sur 194 · L ANALYSE DES FOINGTIONS HUMAINES XIX · texte numérisé non relu

L ANALYSE DES FOINGTIONS HUMAINES XIX

l'homme comparé à l'animal, celui dans lequel tous les autres rentrent. On peut le considérer d'autant de manières qu'il y a de catégories. Une des plus frappantes consiste en ce que l'animal, à la différence de l'homme, ne fait point usage du doute, de l'hypothèse et des idées conditionnelles. Or, cet usage implique la représentation que ce qui est ne soit point, elle-même fondée sur la conscience du pouvoir d'avoir une idée à la place dune autre idée.

Toutes les forces, physiques, organiques, animales, qui sont dites agir pendant une durée quelconque, sont intermittentes, et doivent s'envisager élémentairement hors de la durée; autrement, il faudrait admettre une continuité, une infinité effective de phénomènes, ce qui est absurde.

L'exercice de la sensibilité, des passions, de l'intelligence, de la volonté, et enfin de toutes les représentations sensiblement durables, est donc discontinu et sériaire dans le fond, comme aussi la production des phénomènes organiques, dont l'apparente continuité n*est que l'effet d'une succession très rapide. Mais, de plus, les fonctions animales et humaines forment des séries composées entre lesquelles paraissent de nouvelles et cette fois considérables intermittences. C'est la loi de la fatigue et du sommeil, loi d'une application plus variable que la première, et modifiable, non suppressible, par l'énergie des fonctions elles-mêmes, et notamment de la volonté.

Les fonctions volontaires sont les premières et les plus essentiellement suspendues dans le sommeil de l'homme.

Rien ne prouve que la représentation avec conscience n'est pas totalement suspendue pendant certaines périodes du sommeil.

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