THÉORIE DE LA CONCURRE.NGE POUR LA VIE
taisie et dans les généralités vagues, conséquemment inutiles, si ce n'est fausses toujours. Je sais qu'on a voulu reconnaître dans la Philosophie de la nature de Schelling, et jusqu'à travers les formules creuses de Hegel, un développement de quelques vues systématiques des Principes métaphysiques de la physique de Kant. Mais c'est qu'on a très mal compris ce dernier ouvrage, où toute affirmation sur l'essence des êtres est soigneusement évitée, l'auteur se proposant seulement de montrer quelles thèses abstraites doivent servir de base, à la phoronomie, à la dynamique, à la mécanique et à la phénoménologie, sciences elles-mêmes tout abstraites et formelles suivant lui, et qui ne dépassent pas l'étude du mouvement. Si nous voulions démêler l'idée directrice de ce livre substantiel et profond, et faire la part de ce que nous avons pu apprendre en physique et en chimie depuis qu'il est écrit, nous trouverions sans peine que le fondateur du criticisme arrivait à une théorie de la matière fort peu différente de celle que nous avons esquissée, ainsi qu'à une façon toute semblable d'entendre la constitution des sciences. Malheureusement Kant a attaché sa classification au système vicieux de ses catégories, ce qui met du trouble et non pas de l'ordre dans son ouvrage. Nulle part non plus, que je sache, il n'a abordé d'une manière systématique le problème de la ùature vivante. Entre les questions de la physique brute et abstraite et celles de la morale, de l'histoire, et de la théologie qu'on pourrait appeler pratique, il n'a rien osé sonder des réalités de l'univers '.
Je reviens à l'histoire naturelle et à l'origine des espèces vivantes. Les systèmes dont j'ai indiqué en dernier lieu la méthode et l'esprit pèchent par un vague irrémédiable, outre que leurs conclusions panthéistes, optimistes, nihilistes, n'offrent guère l'intérêt d'une his-