Darwin, V Origine des espèces, p. 373 et
OU avec leurs étonnantes facultés sociales et la force de leurs instincts, réalisent, par rapport aux Mollusques, des progrès qui non seulement ne se retrouvent pas chez beaucoup de classes de Vertébrés (Poissons, Reptiles, Mammifères même, sauf, en ce qui concerne le vol, chez la Chauve-Souris), mais encore qui sont, en certains cas, remplacés par des caractères tout opposés, comme chez des ordres d'animaux mammifères qui renferment tant de sujets peu avantagés du côté des fonctions locomotives ou de celui des aptitudes sociales.
Tout penseur qui ne donnera pas au mot progrès le sens technique, étroit et arbitraire, accepté, comme le dit Darw^in, par tous les physiologistes, seront frappés, à n'examiner la composition que d'une seule classe, celle des mammifères, de l'extrême inégalité de développement, au sens complet et élevé de ce dernier mot, que présentent des animaux de cette classe.
La taupe et îe chien, ou le loup, peuvent être aussi bien faits l'un que l'autre, eu égard à ce que leurs organes sont spécialisés en rapport avec leurs fonctions : mais leurs organes, leurs fonctions et leurs aptitudes diffèrent grandement, diffèrent bien plus qu'entre la taupe et certains reptiles, entre le chien ou le loup et certains oiseaux. Ces deux animaux, presque identiques, et peut-être issus de communs ancêtres, nous offrent une autre sorte de diversité dont le zoologiste peut bien ne pas tenir compte, mais qu'il ne peut point ignorer, ni regarder comme sans rapport aucun avec Tidée de perfection. Un cheval et un lion, un cerf et un tigre, une girafe et un ours, un singe et une baleine, etc., sont des êtres bien divers et opposés en des qualités essentielles. Et si nous passons à l'homme, qui appartient, lui aussi, à cette classe, nous nous trouvons tout à coup en présence de fonctions nouvelles : — la parole, issue de la puissance des concepts, la notion de la liberté, la réflexion sur les possibles, et certaines espèces d'émotions et de sentiments, — dont on ne parvient ni à découvrir des formes premières ou de transition dans aucune autre classe d'animaux, ni à expliquer l'origine par la voie des sélections naturelles.
En résumé, l'existence du progrès du règne animal à travers les âges géologiques exigerait pour être constatée, deux conditions : 1° un critère de la perfection relative des animaux, avec leur classification faite en conformité de ce critère et par son application ; 'i° une autre classification qui devrait être concordante avec cette dernière, et dans laquelle les espèces seraient disposées suivant l'ordre de leur apparition sur le globe. Or, ces conditions ne sont même pas remplies encore en remplaçant l'idée de perfection et d'élévation de fonctions par celles de la