‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 139 sur 194 · LE PROGRÈS DANS LES PHENOMENES EMBRYOGENIQUES · texte numérisé non relu

LE PROGRÈS DANS LES PHENOMENES EMBRYOGENIQUES

un plus vaste terrain, que les phases du développement embryogénique correspondent, chez tous les animaux vivants, à Tordre de succession des êtres qui furent leurs représentants aux époques géologiques écoulées. Aussi loin qu'on aille, les représentants primitifs de chaque classe peuvent être regardés comme les types embryonnaires de leurs familles ou de leurs ordres respectifs existant de nos jours ^. » Ces mots essentiels : de chaque classe^ nous rappellent que, dans sa théorie, Agassiz ne faisait porter les modifications créatrices progressives que sur les ordres ou familles, et n'admettait point de progrès dans les types de classe, au moins d'une manière générale. A la différence près de l'explication, Darwin s'exprime dans les mêmes termes^ : « La conformation de l'embryon nous montrant généralement d'une manière plus ou moins nette ce qu'a dû être celle de l'ancêtre moins modifié et très ancien, nous pouvons comprendre pourquoi les formes éteintes et remontant à un passé très reculé ressemblent si souvent aux embryons des espèces actuelles appartenant aux mêmes classes. Agassiz regarde comme universelle dans la nature, cette loi qui, dans l'avenir, sera, je l'espère, démontrée vraie dans la plupart des cas . . . L'embryologie acquiert un grand intérêt, si nous considérons l'embryon comme une image plus ou moins obscurcie de l'ancêtre commun à l'état larvaire ou adulte, de tous les membres d'une même grande classe^. »

La nécessité de borner l'application de cette loi de similitude à l'intérieur d'une classe donnée, — ce qui l'exclut du rapport des classes entre elles dans un même embranchement, — ressort nettement de ce fait rapporté par Darwin, citant les propres paroles du grand embryologiste Baër, et que rien n'est venu démentir : à savoir que k les embryons de mammifères, d'oiseaux, de lézards, de serpents, probablement aussi ceux des tortues, sont très semblables entre eux aux premiers états de leur développement, tant dans leur ensemble que par le mode d'évolution de leurs parties; au point que nous ne pouvons les distinguer que par leur grosseur ». Exposons ceci brièvement dans les termes d'Agassiz : « En comparant ces quatre types, — périphérique (Rayonnes), massif (Mollusques), longitudinal (Articulés), à symétrie double (Vertébrés), — avec le développement embryonnaire, von Baër montre qu'il n'y a entre les phases embryonnaires des animaux supérieurs et l'état permanent des animaux

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