‹ Essais de critique générale (volume 2)Chapitre 140 sur 194 · Id., ihid., p · texte numérisé non relu

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inférieurs qu'une ressemblance générale, due exclusivement à ce que la différenciation n'est pas faite dans le corps, et non point à ce que les types soient semblables. L'embryon ne passe pas d'un type (embranchement) à un autre type; au contraire, le type de chaque animal est défini dès la première heure et domine tout le développement; l'embryon d'un Vertébré est un Vertébré dès le commencement et ne correspond à aucun moment à un Invertébré. Les Vertébrés embryonnaires ne passent pas, pendant qu'ils se développent, par d'autres types permanents d'animaux; le type fondamental est d'abord développé; puis des caractères de plus en plus subordonnés apparaissent; d'un type plus général se dégage la manifestation d'un type (classe, genre, etc.) plus spécial... De ce qu'il y a de plus général sort ce qu'il y a de moins général, jusqu'à ce qu'enfin ce qu'il y a de plus spécial apparaisse. Chaque embryon d'un type donné, au lieu de traverser d'autres types définis, devient au contraire de moins en moins semblable à ces types; un embryon de type supérieur n est par conséquent jamais identique avec un autre type animal] un embryon n'est identique quavec un autre embryon^. »

Ce remarquable passage est aisé à traduire en termes philosophiques; il signifie que, au premier moment de l'existence embryonnaire, il y a indistinction physique, autant que notre observation peut pénétrer; mais que, au contraire, la puissance de développement est dès lors fixée pour le type à atteindre, et s'oppose aux apparences de types différents que ce développement traverse, bien loin de permettre jamais l'identification successive de l'être en voie de formation avec ces formes intermédiaires.

Ce point de vue, qui subordonne l'évolution à sa fin, et qui montre cette fin renfermée dans un siège physiquement indistinct, est difficile à nier; car il n'exprime que le fait, tout philosophique qu'il soit dans l'énoncé. Or, la remarque de Baër est tout aussi applicable aux types, moins généraux que les embranchements, et plus généraux que les espèces, qui semblent être des identifications progressives de l'être évolutif, qu'elle l'est aux embranchements eux-mêmes, s'ils étaient considérés comme des types auxquels le plus élevé d'entre eux serait assimilé successivement dans le développement dont son embryon possède la puissance. C'est la fin seule qui détermine. Quelle idée doiton se faire, d'après cela, de cette loi embryogénique si célébrée? Ne faut-il pas dire qu'elle n'est point tant, par elle-même, une loi de la nature, qu'une apparence nécessairement revêtue par

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